À Nanterre, la monumentalité tranquille de Bruno Gaudin pour La Contemporaine, bibliothèque, musée et centre d'archives

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Zoom sur l'image À Nanterre, la monumentalité tranquille de Bruno Gaudin pour La Contemporaine, bibliothèque, musée et centre d'archives
© Takuji Shimmura - Bibliothèque, musée et centre d'archives La Contemporaine, Atelier Bruno Gaudin Architectes, Nanterre (Hauts-de-Seine)

Le hall d'accueil triangulaire articule les fonctions par une promenade déambulatoire en périphérie.

Au pied de la gare de Nanterre, le bâtiment conçu par Bruno Gaudin abritant la Contemporaine réunit une bibliothèque, un musée et un centre d'archives. Ses volumes de briques aux découpes ciselées marquent les différents programmes et ancrent fortement la construction dans la ville.

La Contemporaine est la seule institution en France à collecter, conserver et présenter des collections sur l'histoire européenne des XXe et XXIe siècles. Articulant des programmes auparavant répartis sur deux sites, le nouvel écrin de l'ancienne bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) tire parti d'un terrain contraint par sa petite dimension et sa forme triangulaire. Les 6 500 m2 sont déployés selon deux ailes allongées : l'une épouse la limite parcellaire au nord-est, le long de l'université de Nanterre, l'autre s'étire au sud, face au cours Louis-Dreyfus bordant la gare. Distincts mais indissociables d'une totalité bâtie, les volumes sont fortement liés par le hall central triangulaire. Il était très important pour Bruno Gaudin de maintenir une différenciation dans le traitement des espaces intérieurs. L'actuelle quête de flexibilité n'a pas lieu d'être ici ; chaque fonction porte donc une identité particulière, grâce à un fin travail spécifique, sur la structure et sur la lumière.

 

Une promenade distributive

Une fois franchi le porche, lequel semble creusé dans la masse, le chercheur ou le visiteur accède à un vaste hall éclairé surtout par une lumière zénithale filtrée. Celui-ci met en relation les différentes entités au moyen d'une déambulation périphérique. En rez-de-chaussée, cet espace d'accueil est connecté à la bibliothèque par ses larges parois vitrées toute hauteur, qui sont traversées par les arches de la structure en béton de la salle de lecture. La plasticité des lieux est d'une grande beauté, et toujours au service du confort pour le lecteur. Les arcades de béton blanc, dimensionnées à cet effet, captent la lumière et la réfléchissent de manière indirecte. Les vitrages extérieurs sérigraphiés la filtrent et redessinent à leur façon le paysage. Le moindre recoin, comme dans le reste de l'édifice, y est transformé en petit espace de lecture, de détente ou de rencontre supplémentaire. Fait de bois de contreplaqué lasuré de couleur brune qui l'assimile à une matière minérale, le mobilier participe pleinement de l'architecture.

 

Le large escalier distribue en premier lieu trois salles de formation, au sud, puis deux salles d'exposition - permanente et temporaire - au nord-est. Ces dernières, superposées à la salle de lecture, en épousent la trame structurelle. Cependant leur forme diffère car les poutres sont rectilignes et comprennent un petit talon en partie basse pour y glisser un système d'éclairage réfléchissant. Le béton y est plus rude, mais adouci par des matières très finies. Dans les grands volumes double hauteur, baignés dans la pénombre, l'éclairage artificiel a également fait l'objet d'un travail approfondi. Les grandes tables aménagées par les scénographes visent à donner une vision d'ensemble de l'histoire, ce que ne permettrait pas un système de cimaises. Quant aux magasins, ils prolongent les espaces d'exposition et de lecture. Et deux niveaux de bureaux occupent la partie supérieure du bâtiment.

 

Les différentes fonctionnalités du lieu sont perceptibles depuis l'extérieur par les découpes de façades. Ces dernières sont habillées de briques de fine épaisseur - 37 mm - et de différentes longueurs, qui apportent une monumentalité tranquille à l'édifice. Les dégradés de couleur et la pose, parfois en léger débord, créent un effet d'ombre voilée sur la paroi qui lui apporte une épaisseur supplémentaire et exprime le côté vivant de ce matériau moulé de la main de l'homme.

 

Les idées portées par le projet ne sont jamais trahies par la mise en œuvre, dont la grande qualité résulte des bétons aux arrêtes nettes et des éléments parfaitement calepinés. Cela jusqu'aux éléments en zinc de la toiture, visibles dans les parties hautes, tel un paysage artificiel aux détails de construction extrêmement soignés. Selon Bruno Gaudin, chaque élément technique relève de l'architecture. Aussi l'agence se donne-telle pour mission, à chaque projet, de superviser tous les plans techniques de tous les corps de métier. A propos de l'art de bâtir, l'architecte déclarait* : « Chaque intervention dans l'espace devrait cultiver la conscience de contribuer au bien commun. » Une idée qui, assurément, a pris racine à La Contemporaine.

 

* Matériaux pour l'histoire de notre temps, n°125/126, Anne Joly et Robi Morder

 

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  • Lieu : Nanterre (Hauts-de-Seine)
  • Maîtrise d’ouvrage : rectorat de Versailles ; Epaurif (maître d'ouvrage délégué) 
  • Maîtrise d'oeuvre : Atelier Bruno Gaudin Architectes (M. Schneider, chef de projet), architecte ; Studio Vaste, scénographes ; Artelia, BET TCE ; ACV, acoustique ; 8'18'', éclairage
  • Programme : bibliothèque, archives, salles d'exposition permanente et temporaire, salles de formation, locaux tertiaires
  • Surface : 6 800 m2 SP 
  • Calendrier : concours, 2016 ; livraison, juin 2021
  • Coût :  16,5 M€ HT (bâtiment) ; 1,8 M€ HT (mobilier, scénographie, rayonnages, contenus numériques, signalétique)

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