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Agence Muoto: "Le confinement a rappelé la valeur de la présence physique dans notre travail, celle des maquettes d’études qu’on peut faire et défaire"

Zoom sur l'image Agence Muoto: Le confinement a rappelé la valeur de la présence physique dans notre travail, celle des maquettes d’études qu’on peut faire et défaire
© Myriam Tirler - Muoto - Gilles Delalex et Yves Moreau

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Télétravail, chômage partiel, poursuite des études, reprise ou arrêt des chantiers. L'organisation des architectes est mise à rude épreuve par le travail à distance imposé pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Pourtant, dans les agences -ou plutôt hors les agences-, les échanges entre associés, salariés, co-traitants et clients se poursuivent, la division du travail s'adapte au fil de la situation, la gestion des projets s'optimise. Comme en temps de crise économique, les architectes français repensent leur système de production pour passer l'orage. Et ils envisagent déjà l'après, les leçons que la profession et le monde de la construction devront tirer de la situation actuelle. Les architectes Gilles Delalex et Yves Moreau, de l'agence Muoto, répondent aux questions d'AMC.

AMC: La lutte contre l'épidémie de coronavirus installe le télétravail dans la durée. Comment l'activité se poursuit-elle dans votre agence? Comment adaptez-vous vos installations et votre organisation au fil du temps?

Gilles Delalex et Yves Moreau: Lundi 16 mars, midi, l’agence est vide. Sensation étrange. Nous venions d’envoyer tous nos collaborateurs chez eux, un peu dans l’urgence, une fois les outils de télétravail installés sur chacun des ordinateurs. Nous avons mis en place des outils de messageries internes, en plus des mails, pour maintenir des petits échanges informels, mais il s’est avéré que cela dispersait l’information. Nous avons donc organisé un système qui formalise des rendus avec nos différents chefs de projets, afin d’avoir un suivi des projets en cours qui sert de base pour les réunions en visiconférence.

 

Avez-vous recours au chômage partiel?

Nous avons eu recours au chômage partiel pour notre assistante, qui a deux enfants en bas âge. Cependant, nous avons essayé de maintenir les autres collaborateurs en activité, en réorganisant les équipes sur les différents projets de l’agence.

 

D'après-vous, quels dangers risquez-vous face au prolongement du travail à distance?

Les dangers, ce sont la torpeur, la lassitude, le retrait. Ça, c’est du point de vue psychologique. Il y aussi tout le ralentissement de l’activité qui implique une réduction de la taille de l’agence. Et puis les projets qui s’embourbent, qui s’arrêtent temporairement ou définitivement. Ce sont tous les effets du ralentissement, même si certains d’entre eux sont positifs.

 

Comment envisagez-vous l'après confinement?

Il faut espérer que cette parenthèse servira à quelque-chose. Les pauses sont exceptionnelles dans notre métier. Et c’est bien rare de changer nos modes de travail et de collaboration à ce point. Si tout revient comme avant, c’est qu’on n’aura rien appris. Donc, on espère travailler différemment après le confinement. On a appris la valeur de la présence physique, celle des maquettes d’études qu’on peut faire et défaire. C’est une chose qui nous manque. On n’en peut plus de corriger des documents en format PDF. Mais on a aussi eu le temps de lancer un workshop à distance avec nos collaborateurs, pour faire des choses qu’on ne fait jamais. Et on s’est lancé dans une réflexion introspective. On espère que tout cela portera ses fruits.

 

 

Propos recueillis par Margaux Darrieus

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