Arata Isozaki, lauréat du prix Pritzker 2019

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L'architecte japonais Arata Isozaki a été désigné lauréat du prix Pritzker 2019, l'équivalent du "Nobel de l'architecture". A 87 ans, il rejoint la longue liste des Japonais sacrés par la prestigieuse récompense.

L'archipel nippon est une terre fertile pour la grande architecture. Après les Japonais Shigeru Ban (2014), Toyo Ito (2013), Sanaa (2010), Tadao Ando (1995) ou Kenzo Tange (1987), c'est au tour de l'architecte Arata Isozaki de voir sa carrière couronnée par la plus prestigieuse des récompenses en architecture, le Pritzker. Désigné lauréat 2019 du prix de la fondation Hyatt, il succède à l'Indien Balkrishna Doshi, distingué en 2018.

Architecture et ruine

 

Né à Oita, sur l'île de Kyushu en 1931, Arata Isozaki avait 14 ans quand les villes d'Hiroshima et de Nagasaki ont été bombardées. Marqué par les destructions de la guerre, son travail naît de la tension entre l'ambition d'un renouveau et le traumatisme de la guerre qui marque son pays. Diplômé de l'université de Tokyo en 1954, il débute aux côtés de Kenzo Tange. En 1968, son projet de papier «Re-ruined Hiroshima» (présenté en 2017, lors de l'exposition Japan-ness au centre Pompidou Metz), déploie des mégastructures sur les vestiges de la ville décimée. Des images qui oscillent entre futurisme et esthétique de la ruine. «Quand j’ai eu l’âge de commencer à comprendre le monde, ma ville natale a été incendiée, raconte l'architecte. Sur le rivage, la bombe atomique a été larguée sur Hiroshima. C'était en ruine complète, et il n'y avait pas d'architecture, pas de bâtiments, même pas une ville. Seules les casernes et les abris m'entouraient. Ma première expérience d'architecture a été le vide. Là, j'ai commencé à réfléchir à la manière dont les gens pourraient reconstruire leurs maisons et leurs villes.»

Des métabolistes au postmodernisme

 

Arata Isozaki fonde son agence en 1963. Basée à Okinawa au Japon, elle possède aujourd'hui des bureaux en Chine, en Italie et en Espagne. Sa riche production -plus de 100 projets réalisés, dont les derniers livrés à Milan, Shanghai et Doha- n'a de cesse de naviguer entre les styles, influencée par le brutalisme cher aux métabolistes japonais à ses débuts, puis par les approches plus postmodernes des architectes globalisés de la fin du XXe siècle. Le changement est en fait un style pour Arata Isozaki, grand voyageur qui a construit partout dans le monde, mais pas en France. "Arata Isozaki a su créer des bâtiments de grande qualité qui défient encore aujourd'hui les catégorisations, commente le jury du prix Pritzker. Dans une évolution constante, il apporte un regard nouveau pour chacune de ses réalisations." Auteur de nombreux écrits critiques, il influence depuis les années 1980 de bien des manières les travaux d'architectes du monde entier.

 

Parmi les œuvres marquantes d'Arata Isozaki: la bibliothèque préfectorale de Oita au Japon (1962-1966) ; l’Expo70 Festival Plaza à Osaka (1966-1970) ; le musée d'art contemporain de Los Angeles (1981-1986) ; le Palau Sant Jordi à Barcelone (1983-1990) conçu pour les Jeux olympiques de 1992 ; le Team Disney Building en Floride (1987-1990) ; le Centre culturel de Shenzhen en Chine (1998-2007) ; l'Allianz Tower à Milan (2003-2014) ; le centre national des congrès du Qatar à Doha (2004-2011) ou encore le Shanghai Symphony Hall (2008-2014).

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