Christian de portzamparc (architecte ) « la localisation d’une tour doit apporter une vraie valeur ajoutée. »

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© N Borel - PHOTO - porzy.jpg

Pour répondre à la nécessité de ne pas étaler les villes, il faut créer des quartiers assurant une certaine efficacité d’accueil. Pour cela, j’ai toujours pensé qu’il fallait savoir jouer avec la hauteur et la combiner avec l’ouverture de vue et de lumière entre les bâtiments. Dès que l’on construit un regroupement d’édifices à plus de sept niveaux, il faut moduler des hauteurs différentes. Un ensemble haut, où tous les faîtages forment un plafond homogène, suscite vite la claustrophobie. Les variations de longueur des ombres portées permettent, en plus, d’optimiser l’ensoleillement là où l’on fait un jardin. Je défends d’abord l’idée de petites tours, non IGH, avec rues « ouvertes », variations et jardins, tout ce qu’offre l’îlot ouvert. Pour des tours plus élevées, il faut garder à l’esprit que la construction d’un mètre carré de plancher au-delà de la limite IGH reste sensiblement plus coûteuse que pour un bâtiment plus bas. Pour des logements, il faut donc que la localisation apporte elle-même une réelle valeur ajoutée. À Manhattan, où nous construisons deux tours de 150 et 300 m de haut, la valeur ajoutée est donnée par le quartier (sur Park Avenue) ou par la vue (sur la 57e rue). Les appartements ont, à partir de 50 mètres, des vues sur toute l’île et Central Park. Les prix s’envolent : plus c’est haut, plus c’est cher ! Dans le cas parisien, le périphérique pourrait être considéré comme un « centre annulaire », une grande artère urbaine au long de laquelle une série de bâtiments élevés pourraient trouver leur place, avec un transit moins bruyant, moins pollué et un transport en commun aérien. J’ai participé à plusieurs débats contradictoires sur la hauteur. Il est intéressant de constater que les partisans des tours sont ceux qui les habitent, regrettant seulement que leur quartier ne soit pas pensé pour les accueillir, avec des commerces de proximité, et que l’urbanisme et les circulations ne soient pas toujours adaptés… Pour moi, la solution de la moyenne hauteur est utile et « heureuse », et la grande hauteur n’est envisageable que lorsqu’il y a des raisons pour que le quartier se densifie et qu’il soit prévu pour accueillir de nouveaux habitants. Cela se travaille comme un projet en trois dimensions, un vaste espace avec ses détails et son échelle humaine.

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