Damien Cuny, start-up Kompozite, «Il ne suffit pas d'utiliser un produit au bilan carbone avantageux pour construire un bâtiment vertueux!»

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En s'emparant de la question du carbone, la problématique environnementale achève de se transformer en projet de société. Apparue discrètement en 2016 avec l'expérimentation du label Energie positive réduction de carbone (E+C-), la prise en compte du poids carbone des bâtiments devient un élément central du projet architectural, encadré par l'entrée en vigueur de la RE 2020, le 1er janvier 2022. La conception doit se repenser à l'aune d'une notion qui était quasiment inconnue il y a à peine dix ans, et inédite dans l'histoire de l'architecture. Point de vue de Damien Cuny, directeur général, cofondateur de la start-up Kompozite.

" L'architecte engagé dans la conception d'un projet bas carbone doit tenir compte de plusieurs biais. Il doit d'abord comprendre que les FDES sont rédigées à partir de l'analyse du cycle de vie d'un produit pour un domaine d'application, qu'on appelle "unité fonctionnelle". Par exemple, une même tuile n'aura pas le même poids carbone posée en toiture ou posée en façade. Cela parce que l'on estime qu'un couvreur travaillera sur une charpente fixe, tandis qu'un façadier aura besoin d'une nacelle, etc. Ensuite, il faut avoir à l'esprit que les FDES ne sont pas directement transposables dans la RE 2020. Des changements d'échelle peuvent intervenir lors de la transcription de la donnée produite dans le cadre réglementaire ! En effet, il existe une différence entre le bilan de l'ACV du produit, calculé sur la durée de vie du produit, et le bilan de l'ACV bâtiment, qui évalue l'ensemble de l'édifice sur un demi-siècle. Si l'ACV produit d'une fenêtre, par exemple, est calculée sur 30 ans, le bilan carbone du bâtiment, mesuré sur 50 ans, devra prendre en compte deux fois la pose de cet élément. Il est alors possible qu'une fenêtre au poids carbone faible dans l'ACV produit, avec une durée de vie de 25 ans, présente dans la RE 2020 un bilan à l'échelle du bâtiment plus mauvais qu'une fenêtre moins performante mais à la durée de vie plus longue. La notion d'ACV dynamique introduite par la nouvelle réglementation complexifie ce calcul. Enfin, un autre biais consiste à ne considérer que le produit et oublier son système constructif : un isolant en paille ne se pose pas comme un isolant en laine de verre. Même si son bilan carbone est plus performant, il faudra sans doute lui adjoindre un pare-vapeur, des plaques de plâtre pour la finition… autant d'éléments qui dégraderont son bilan. Il ne suffit pas d'utiliser un produit au bilan carbone avantageux pour faire un bâtiment vertueux ! "

Damien Cuny

Damien Cuny, start-up Kompozite, «Il ne suffit pas d'utiliser un produit au bilan carbone avantageux pour construire un bâtiment vertueux!»
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