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ÉQUERRE D'ARGENT 2011 / NOMMÉ - CHRISTOPHE GULIZZI - EXTENSION DU LYCÉE ALPHONSE DAUDET

Zoom sur l'image ÉQUERRE D'ARGENT 2011 / NOMMÉ - CHRISTOPHE GULIZZI - EXTENSION DU LYCÉE ALPHONSE DAUDET
© Philippe Ruault - Extension du lycée Alphonse Daudet, Christophe Gulizzi, Tarascon, nommé à l'Equerre d'argent 2011 : façade extérieure

Façade du gymnase sur la rue

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Le programme d’extension de ce lycée construit par Gaston Castel en 1933 et inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, sur le site – également classé MH – de la caserne Klimaine, édifiée en 1718 par l’architecte Desfour, pose la question de l’intervention en site remarquable.

Christophe Gulizzi, lauréat du concours lancé en 2006, considère la mémoire du lieu et l’identité du territoire comme autant d’éléments narratifs, prolongements de la morphologie du bâti. Il explique son parti en rappelant que « dans un site riche d’histoire, au sein d’un équipement dont le rôle est de transmettre les valeurs laïques et républicaines, il n’y a pas de place pour la suffisance et les gestes architecturaux pompeux. »

Ce lycée d’enseignement général de 500 élèves comporte désormais deux nouveaux équipements réalisés en deux phases successives. En premier lieu, la bibliothèque envisagée au départ comme un bâtiment d’accueil dont le programme a évolué pour s’adapter aux usages. Le rez-de-chaussée est occupé par la salle polyvalente, le pôle infirmerie et un garage à vélos, tandis que l’étage abrite la bibliothèque scolaire.

En seconde phase, a été bâti le gymnase qui s’inscrit dans l’enceinte de la caserne qu’il reconstitue. Il se compose de deux éléments : un corps en béton gris implanté dans le prolongement des stalles dont il reprend l’épaisseur, et la salle de sports proprement dite, imposant volume de béton ocre. Entre les deux, reliant les vestiaires à l’aire sportive, une verrière couvre la faille avec une structure qui s’apparente à une treille métallique aléatoire, sorte de pergola désordonnée. Les façades se conforment aux règles de composition de la caserne : contreforts, minéralité, massivité, ouvertures répétitives qui, sur l’espace public, s’apparentent à des meurtrières.

Contraint par l’inscription des casernes voisines à l’inventaire des MH, le gymnase devait se glisser dans un gabarit imposé. Pour respecter l’altimétrie de l’existant, la hauteur ne pouvait dépasser 5,50 m sous plafond (au lieu des 7 m courants dans ce type de programme). Au début du projet, l’architecte avait étudié la possibilité d’un décaissé de 2 m pour retrouver une grande hauteur sous plafond, mais entre-temps est intervenue une prescription d’inondabilité assortie d’un incontournable principe de précaution qui a fait obstacle à cette option. C’est pourquoi, pour amplifier le volume, la salle de sports est traitée en monochrome blanc, excepté le mur d’escalade en contreplaqué marine teinté acajou. Le sol blanc inattendu est issu d’une fabrication spéciale ; les tracés des terrains correspondant à chaque discipline pratiquée dans cette salle, respectent les couleurs normalisées par les fédérations sportives, tout en produisant un singulier « effet Mondrian ».

Procédés simples

Christophe Gulizzi souligne que le bâtiment est BBC, mais précise aussitôt qu’il s’agit d’un BBC dicté par le bon sens, c’est-à-dire basé sur la maîtrise des ouvertures – la plupart évitent l’ensoleillement direct –, l’utilisation de pompes à chaleur et une programmation fine du chauffage et de l’éclairage, et non pas d’un label obtenu à l’aide d’un attirail de prothèses technologiques coûteuses et ostentatoires.

Dans le même esprit, la construction fait appel à des procédés simples : le béton avec granulats locaux, coulé en place. L’accent mis sur la matière, les murs épais – qui participent évidemment à l’inertie – comportent un fruit important. Leur épaisseur de 0,80 m en pied de mur se réduit à 0,20 m seulement au faîte. Le béton teinté dans la masse, puis pioché à la main pour présenter cette texture irrégulière, intemporelle, rend hommage aux traditions constructives militaires, robustes, sobres, efficaces. Ainsi dans leur abstraction, les bâtiments s’adressent aux seuls éléments permanents du lieu. La géométrie muette des deux monolithes joue sur l’ambivalence de la lecture, symbiose avec le site ou télescopage d’une forme singulière avec son contexte spatial et temporel.

 

Visitez le site de l'architecte : www.gulizzi.com

 

 

 


Extension du lycée Alphonse Daudet, Christophe Gulizzi, Tarascon, nommé à l'Equerre d'argent 2011 : bâtiment d'accueil
Réalisé  en première phase, le bâtiment d'accueil avec la bibliothèque R+1

 


Extension du lycée Alphonse Daudet, Christophe Gulizzi, Tarascon, nommé à l'Equerre d'argent 2011 : façade du bâtiment d'accueil
 


Extension du lycée Alphonse Daudet, Christophe Gulizzi, Tarascon, nommé à l'Equerre d'argent 2011 : plan rez-de-chaussée

 

 


Extension du lycée Alphonse Daudet, Christophe Gulizzi, Tarascon, nommé à l'Equerre d'argent 2011 : coupe longitudinale

 

 

 

 

  • Lieu : Tarascon (13)
  • Maîtrise d’ouvrage : Région PACA ; AREA PACA, maîtrise d’ouvrage déléguée
  • Maîtrise d'oeuvre : Christophe Gulizzi, architecte
  • Surface : bibliothèque, 2 650 m2 SHON ; gymnase, 1 900 m2 SHON
  • Coût : 6,5 M€ HT

 

 

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