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"Fier d’être architecte?" par Éric Wirth, architecte, président du conseil régional de l'ordre des architectes d'Aquitaine

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© PHILIPPE CAUMES - Eric Wirth, architecte, président du Conseil régional de l'Ordre des architectes d'Aquitaine

L'architecte Éric Wirth, président du conseil régional de l'ordre des architectes d'Aquitaine, a souhaité réagir dans le cadre du débat AMC: Réinventer Paris, l'éloge funèbre de la commande publique urbaine?

Bien formé, bien assuré, et de bonne moralité. Telles sont les qualités pour pouvoir se dire "architecte". Et le conseil régional de l’ordre des architectes en est le garant vis-à-vis de la société. Et c’est parce qu’il y a cet engagement fort que l’État nous a conféré un monopole. Ce monopole envié –et notamment par nos amis ingénieurs, paysagistes, etc.– doit être défendu aussi longtemps que l’architecte et l’architecture seront considérés comme un luxe, et non pas comme un droit.

 

Mais de quel monopole parle-t-on? Pas de celui de bâtir: 70% des travaux de bâtiment se font sans architecte. Celui de la maîtrise d’œuvre? Probablement pas, puisque les architectes sont trop souvent renvoyés à leur table à dessin, ou à leur souris, une fois le permis de construire obtenu, pour être remplacés par de "vrais" maîtres d’œuvre.

 

Notre monopole est celui de la conception du projet architectural, c’est-à-dire cette étape fondatrice de la vie d’un bâtiment, d’un espace, d’une ville et de celle des usagers pendant des décennies. Le monopole, c’est celui de ce chemin tortueux, semé de difficultés, de doutes, mais aussi de tentations, le chemin entre l’expression d’un besoin au milieu d’un océan de contraintes, et la formalisation d’une volumétrie, d’une matérialité, d’une technique, préfiguratrice d’espaces de vie appropriables: le projet. Notre monopole, c’est celui du concept, de l’idée. Nos idées sont donc bien, non seulement ce qui nous caractérise, ce qui nous rend utiles et nécessaires, mais plus simplement ce qui justifie l’exclusivité que l’État nous a donnée! Nos idées sont donc fondamentalement notre bien le plus précieux, celui qu’il faut valoriser le plus chèrement, puisque qu’il constitue l’essence même de notre métier et de son existence.

 

Alors comment ne pas se consumer de colère en constatant que ce bien si précieux ne vaut rien. Il ne vaut rien, dans le cadre d’un concours d’idées où très cyniquement, le commanditaire brille grâce à la valeur des idées produites à perte par des centaines d’agences. Il ne vaut rien, quand il suffit d’appeler un concours "appel d’offres" pour obtenir illégalement des projets, sans indemniser les concurrents. Il ne vaut rien puisqu’il semble admis (!?) qu’un architecte ne peut prétendre à être rémunéré de son travail par son promoteur qu’après obtention du permis de construire, voire purgé du délai de recours!

 

Je n’oublie cependant pas que ces règles du jeu sont acceptées par les architectes, et si la crise peut l'expliquer, elle ne justifie pas toujours tout.

 

Alors, fier d’être architecte!
 

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  • Le 30/05/2016 à 11h28

    Cher Eric Wirth, Enfin ! Un architecte engagé, "à l'Ordre", qui dit haut ce que beaucoup pensent. Bravo! Il est vrai que si nous comptons sur notre Présidente... Elle semble toujours considérer que la nature "culturelle" de notre activité suffit. Très années 80. Je l'ai souvent dit , et écrit, autour de moi: nous devons obtenir 100% du marché, rien de moins. Tu devrais te présenter aux élections nationales, devenir Président, et faire le grand ménage: - 1 décret de l'Etat pour nous garantir la totalité du marché construit, pour chaque M2 (même monopole que celui des médecins, des avocats, des notaires, des huissiers,...) - 1 refonte du Code des Marchés Publics pour écarter le monopole des BET (que les Maîtres d'Ouvrage les choisissent et les rémunèrent directement) - 1 barême de nos honoraires applicable dans le public ET dans le privé - 1 numerus-clausus des diplômes délivrés (1400 chaque année pour 29000 architectes en activité est trop), par exemple 1 diplôme pour 100 architectes effectifs - 1 action pour briser le monopole de fait Ordre/MAF - 1 régime d'assurance-chômage spécifique à la profession d'architecte - 1 loi pour supprimer l'Ordre et le remplacer par une Association Syndicale Professionnelle et Nationale Bien à toi, Michel BOURDEAU . MB/A Michel Bourdeau Architecte

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