Grand Prix de l’urbanisme 2015 : Gérard Pénot, un urbaniste du réel

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© Marie-Douce Albert - Sylvia Pinel, ministre du logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité remet le Grand Prix de l'urbanisme 2015 à Gérard Pénot

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Gérard Penot, Grand Prix de l’urbanisme 2015

A l'issue d’une après-midi de tables rondes avec des personnalités du monde de l’architecture et de l’urbanisme, le Grand Prix de l’urbanisme 2015 a été remis à Paris par Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité, le 25 novembre 2015 à l’urbaniste Gérard Pénot, fondateur de l'Atelier Ruelle.

 

Construire une ville plaisante, aménager des espaces publics sans sophistication coûteuse, bien avant que le terme de frugalité soit à la mode, s’attacher à la perception de l’habitant et de son environnement, à la question des usages… Gérard Pénot, fondateur de l’atelier Ruelle se revendique urbaniste, praticien. «Je veux soutenir avec force votre proposition : celle de redonner à l’espace commun sa vocation première, promouvoir la fraternité, que l’on appelle plus simplement et plus communément le vivre-ensemble. Mais là où beaucoup ne font que ressasser cette notion jusqu’à l’élimer, vous y travaillez, concrètement et activement», a souligné Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité, en remettant le 25 novembre 2015, à Paris, le Grand Prix de l’urbanisme 2015 à Gérard Pénot.

Entré dans le métier par effraction

Le parcours de cet «enfant de la République», comme il se définit lui-même, est peu banal. Il avoue être entré dans le métier par effraction, voire par opposition à ce qui était infligé à Paris et aux banlieues en termes de rénovation urbaine au début des années 1970. C’est pour comprendre ce qu’était une ville, sans pour autant imaginer en faire sa profession, que ce technicien, spécialisé dans la construction de machines-outils pour l’agroalimentaire, s’inscrit à l’université de Vincennes pour suivre les cours d'illustres figures, Françoise Choay, Gilles Deleuze, Jean Lacoste et François Ascher.

L'écriture doit être invisible

Quelques années passées chez Dédale, «une bande de révolutionnaires», il crée, avec l’architecte Alain Fournier, l’Atelier Ruelle - en référence à la petite rue qui s’infiltre mais aussi à Traverses, la revue de Jean Baudrillard, tout en suivant des cours à l’école d’architecture d’UP6. La seule école avec laquelle il se sent en affinité car attachée aux considérations sociales, mais dont il ne sortira pas diplômé, accaparé par l’agence. L’une des commandes fondatrices de l’atelier est très certainement le travail au long cours, mené avec le maire Joël Batteux, sur les espaces publics de Saint-Nazaire, ville en déclin économique au début des années 1980. «Le challenge était, sans aucune débauche de matériaux, de réaliser le plus d’espaces possible avec un budget minimal, car la ville était pauvre. Ce qui est une forme d’anticipation de la situation présente au plan national», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «Produire l’espace public doit être de l’ordre du non explicite, pour procurer une sensation que les non-connaisseurs éprouvent sans savoir en nommer l’origine. L’écriture doit être invisible.»

Une série de petites attentions

Aujourd’hui, l’atelier Ruelle conduit le renouvellement urbain du quartier Malakoff-Pré Gauchet à Nantes, celui du Vert-Bois à Saint-Dizier, poursuit la ZAC de Châteaucreux avec l’EPA de Saint-Etienne, restructure le pôle d’échanges multimodal de Lyon-Perrache, s’attelle aussi aux territoires ruraux, périurbains, n’en délaissant aucun, s’attachant à porter toute une série de petites attentions qui doivent modifier l’ambiance, apporter du confort, gommer les fractures sociale, urbaine, géographique.

Façonner, transformer, entretenir

Gérard Pénot est un urbaniste du réel. Ajoutons aussi, comme pour mieux s’en assurer, qu’il mène un travail de forestier dans la pépinière de Marcillé, au cœur d’un parc agricole de 60 ha, acquis dans les années 1990, où il a installé une partie de son agence. Un terrain d’essai, qu’il façonne, transforme, entretient. Un lieu où il peut remettre sans cesse sur le métier son ouvrage.

 

Lire aussi « La ville au corps à corps », sous la direction d’Ariella Masboungi, 143 pages, édition Parenthèses, 14 euros.

 

Retrouvez le discours prononcé par Gérard Pénot lors de la remise du Grand Prix 2015 de l'Urbanisme.

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