DOSSIER

« Il faudrait un règlement de sécurité incendie unique, applicable à tous les types de bâtiments », par Jean-Michel Gaudy, consultant en sécurité incendie, Casso et associés

Dans son numéro 262-septembre 2017, AMC consacre un dossier à l'architecture réversible qui, réclamée par les élus et les aménageurs, commence à mobiliser les promoteurs, les majors du BTP mais aussi les architectes. Dépendant du système structurel initial, mais aussi de l'enveloppe, et du dessin intérieur, le changement d'affectation d'un édifice n'est pas un simple moyen d'adaptation aux aléas du marché immobilier : il est soumis à un arsenal de normes réglementaires, fiscales et administratives, variant selon les programmes. A l'heure où la flexibilité paraît à nouveau une priorité, AMC laisse la parole aux acteurs engagés pour comprendre comment anticiper la possible transformation d’un bâtiment, dans une équation économique réaliste.

 

Jean-Michel Gaudy, consultant en sécurité incendie, Casso et associés

 

Les principes d’évacuation en cas d’incendie sont fondamentalement différents s’il s’agit de logements. Les occupants sont invités à attendre chez eux l’arrivée des secours, tandis que pour les autres programmes – activités, établissements recevant du public [ERP], ou même immeubles de grande hauteur [IGH] pour le niveau sinistré –, ils doivent immédiatement évacuer. Cela a des incidences sur les dégagements exigés. La prévention des incendies sur les lieux de travail impose ainsi que tout point soit situé à moins de 40 m d’un escalier ; et dans les logements, une distance inférieure à 15 m entre la porte d’entrée et celle d’accès à l’escalier le plus proche. La transformation de bureaux en logements nécessite donc des adaptations structurelles importantes avec la création d’escaliers supplémentaires. Pour diminuer le coût de cette transformation, il faudrait à mon sens assouplir les règles de distances minimales avec des mesures compensatoires qui restent à définir. Concernant les façades, pour les logements, une distance minimale est imposée entre les fenêtres d’un étage à l’autre. C’est la règle dite du C+D, qui permet de limiter une propagation rapide du feu par les façades. L’incendie de la tour d’habitation Grenfell à Londres en juin a montré la réalité de ce type de sinistre. La réversibilité de bureaux en logements suppose donc de construire des immeubles tertiaires avec des façades qui respectent d’emblée la règle du C+D. Ces deux sujets, importants puisqu’ils impactent le gros oeuvre pour l’un et le clos pour l’autre, ne sont qu’une illustration des différences qui existent entre les exigences réglementaires pour ces deux usages. Pour faciliter la réversibilité, il faudrait que le législateur propose une règle de sécurité unique applicable quelle que soit la destination du bâtiment. Les règles applicables aux ERP seraient probablement les plus faciles à généraliser, à condition d’en gommer certaines contraintes qui m’apparaissent excessives.

 

Propos recueillis par Frédéric Mialet

 

Retrouvez l'ensemble du dossier consacré aux bâtiments réversibles, dans AMC n°262 paru en septembre 2017

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