Introduction

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La structure expérimentale d’Onix aux Pays-Bas (cf. rubrique détails, amc n° 143, p.100) apparaît comme une vibrante plaidoirie en faveur de l’ossature bois. L’inconfort de cet espace peut être compensé par la variété d’effets produits par cette « architecture » rudimentaire. Dépourvu de souci de pérennité, ce projet est une déclinaison de la cabane en bois, archétype dont l’imaginaire semble revisité par l’esthétique industrielle du stockage des palettes. Proche de l’Arte Povera, cette œuvre illustre le métissage des cultures, tant elle pourrait être localisée en quelque bidonville tiers-mondiste, autant qu’elle malmène, en l’absence de contreventement, la rigueur constructive de l’ingénieur.

A l’opposé de cette référence, on se souvient de l’effet monumental du pavillon japonais de l’Exposition de Séville. Surprenant les amateurs de son œuvre bétonnée, Tadao Ando réalisait à cette occasion un bâtiment en partie à ossature bois. Les poteaux quadripartites étaient constitués de montants suffisamment écartés pour permettre la circulation au cœur du pilier. L’effet champignon du chapiteau sommital reposait sur la superposition de seize niveaux de poutres. Le tout était baigné dans la douce lumière diffusée par la couverture en téflon. La sophistication de cette structure ne pouvait échapper à l’esthète : aucune fixation apparente n’était visible.

L’assemblage poteau-poutre

Cet exemple nippon est une abstraction extrême d’un principe ancestral de liaison des pièces de structure. Régulièrement soumis aux tremblements de terre, les bâtisseurs du Moyen Age japonais ont multiplié leurs efforts pour rigidifier leurs constructions en bois indépendamment des caprices de la terre. D’une part, c’est l’appui glissant sur des pierres posées en pied de poteau qui désolidarise la structure par rapport au sol. D’autre part, c’est l’effet de masse du toit qui leste le bâtiment, avec un rigoureux équilibre des porte-à-faux de couverture, à l’instar des bras écartés de l’équilibriste. Enfin, c’est la forme particulière des assemblages qui accroît la rigidité. En effet, dans l’art du Dou Gong japonais, la résistance est due à la multiplication des surfaces de contact des pièces de bois entre elles. Si ce principe ne se révélait pas efficace, outre la satisfaction intellectuelle qu’il procure, on ne pourrait que s’étonner de tant d’efforts déployés à sculpter des encastrements rendus – par définition – invisibles… Indissociable de la figure précédente, le jeu des empilements de sommiers participe au dessin des chapiteaux des temples comme des plus simples habitations. Les distances à franchir sont régulièrement divisées par deux suivant la disposition judicieuse des bois en console. L’encombrement de ce type de liaison ne pouvant satisfaire à toutes les options architecturales, les charpentiers ont eu tôt fait de recourir aux techniques de moisage des ébénistes. Prendre en pince est alors devenu un mode de solidarisation courant. Le terme de moise remontant au Moyen Age, on ne peut que se rappeler son importance dans les fermes des combles ou les planchers en encorbellement. Par contre, la technique contemporaine se caractérise par son aptitude à enserrer les différentes matières. Dans nombre d’ossatures mixtes, les pièces de bois et de métal opposent leurs sections différentes. Les lignes décomposant alors la structure sont dimensionnées avec une recherche de l’effort univoque (soit tendu, soit comprimé). Ainsi le sujet de l’assemblage poteau-poutre a-t-il croisé le thème des structures triangulées, où l’obligation du contreventement diagonal s’impose.

De fait, l’ossature bois a ceci de particulier : elle recourt à un matériau anisotrope. Fragile dans le sens perpendiculaire aux fibres, le bois n’autorise pas la réalisation des encastrements rigides, au sens statique du terme. Le quidam est alors troublé, car il a en tête suffisamment d’exemples de tenons et mortaises pour supposer que l’échelle architecturale ne pose guère de problème. Or aucun ingénieur ne peut se satisfaire d’un nœud sujet à une faiblesse même dirigée suivant un axe secondaire. Il est à noter que l’on trouve quand même la figure des couronnes de boulons – répondant aux exigences de stabilité – réalisée sur des portiques en bois lamellé collé. Mais celle-ci entraîne alors une telle section des têtes de poteaux et des départs d’arbalétriers que le résultat suscite un sentiment de sur-dimensionnement maladroit.

Le détournement des fermettes

Pis-aller d’une certaine frange de l’industrie du bois, le marché de la fermette répond toujours aux besoins de nombre d’immeubles maçonnés, dont l’économie ne peut intégrer de charpente traditionnelle. La technique semble si éprouvée qu’elle ne saurait souffrir un caprice d’architecte. Or ceux-ci se révèlent depuis peu à même de pervertir le mode constructif, non pas en substituant une solution nouvelle de charpentes, mais en démarrant leur recherche à partir de la donnée essentielle de ces structures bois : l’entre-axe serré de 40 cm. Le dessin des portiques de faible section peut redevenir l’apanage du maître d’œuvre. En bois massif de qualité courante, comme en panneaux composites, des structures répétitives se donnent à voir. La maison manifeste de Beckmann & N’Thépé montée au parc de la Villette a d’emblée témoigné de l’intérêt du détournement et des limites du système. Esthétiquement, le rythme engendré par la fine structure strie le volume de multiples jeux d’ombres, tout en laissant toujours perceptible la forme globale. Constructivement, le réglage des écarteurs en tube d’inox introduit un hiatus dans la mise en œuvre, et ne laisse présager des difficultés de démontage. De la même manière, dans le tunnel habitable de la Ferme des Marcassins (voir amc n° 144), Amiot & Lombard utilisent tout le potentiel plastique de simples portiques, tout en camouflant le véritable effort de portée : des poutres allèges permettent de franchir le vide sur l’entrée, et non pas les cadres bois…

L’alternative des multiplis

C’est l’industrie des bois déroulés qui propose les produits les plus minces à capacité structurelle. Adaptant le mode fabrication des contre-plaqués, Kerto, KLH ou encore Tilly mettent sur le marché de grands panneaux multiplis. Le croisement des couches de bois donne sa rigidité au plan. Mais les épaisseurs utilisées pour chaque lit et le nombre de ces couches donnent véritablement au produit des performances statiques. La prescription se fait aussi bien en plancher qu’en façade porteuse. Il est particulièrement souple pour le concepteur et l’entreprise de ne pas se soucier des points faibles engendrés par les (petites) trémies percées dans les multiplis. Repoussant les limites de l’application de ses produits, le célèbre fabricant finlandais est capable d’usiner des nappes intégrant un effort de précontrainte. La rigidité du multiplis n’est plus à démontrer, on se souvient du rôle de transfert de charge que le panneau avait en haut du péristyle du pavillon « Territoires imaginaires » à l’Expo.02 de Bienne. Le support de couverture y assumait le contreventement de la façade porteuse en poteaux inclinés. Créant une dynamique indéniable, les montants 120 x 200 mm étaient posés avec une inclinaison de cinq degrés, suffisante pour engendrer un déséquilibre de l’ensemble si l’effort en tête n’était pas compensé. Rossetti et Wyss nous proposaient ainsi un bâtiment dont la forme élémentaire s’étoffait d’un mode structurel audacieux, sans être trop démonstratif.

Remerciements particuliers au C.N.D.B.
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