Jean Royère, de l'utilité de l'ornement

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© Norma Editions - Jean Royère, Pierre-Emmanuel Martin-Vivier, préface de Jean-Louis Gaillemin

Si l'œuvre de Jean Royère bénéficie depuis quelques années d'une reconnaissance légitime, elle n'en demeure pas moins méconnue, sortie des icônes du design que sont le fauteuil Eléphanteau, le canapé Boule ou le luminaire Liane. 

Aussi prolifique qu'inventif, ce décorateur a pourtant réalisé plus de mille chantiers à travers le monde entre 1931 et 1972, de l'aménagement de la cité ouvrière d'Aplemont au Havre à la décoration du palais du shah d'Iran à Téhéran. Réputé fantaisiste et mondain, il a développé un style qui allie modernité et classicisme, compte parmi les grandes expressions de la décoration d'après-guerre. Après avoir épousé puis délaissé le fonctionnalisme en vogue dans les années 1930, il présente en 1939 au Salon des artistes décorateurs un boudoir qui marque de manière provocante le retour à l'ornement. Son originalité étant surtout d'avoir remis à l'honneur le débat sur son utilité que les modernes semblaient avoir éradiqué, et d'en faire l'un des principaux vecteurs d'épanouissement de la création dans la seconde moitié du XXe siècle.
 
Des premiers motifs, comme la sinusoïde, aux formes biomorphiques, Royère réinvente des savoir-faire traditionnels et développe avec virtuosité et liberté toutes les combinaisons d'un répertoire ornemental très personnel. Dès la fin des années 1930, il saisit l'importance des formes nouvelles chez les Scandinaves et les Italiens, qui seront déterminantes dans l'évolution de son travail. Unique en son genre, sa production peut être rapprochée de celle d'un Gio Ponti. Suscitant aujourd'hui un véritable engouement auprès des collectionneurs, Jean Royère est à lui seul un univers entier à redécouvrir, ce que permet magnifiquement cet ouvrage, tant par la qualité des textes que de ses 500 illustrations.
 
  • Jean Royère, Pierre-Emmanuel Martin-Vivier, préface de Jean-Louis Gaillemin, Norma Editions, 320 p., 500 ill., 2017, 65 €.

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