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Julien Perraud, agence RAUM: "La fin du confinement peut voir l’émergence d’une demande d’immédiateté à rattraper le retard accumulé"

Zoom sur l'image Julien Perraud, agence RAUM: La fin du confinement peut voir l’émergence d’une demande d’immédiateté à rattraper le retard accumulé
© RAUM - Julien Perraud, architecte, agence RAUM

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Télétravail, chômage partiel, poursuite des études, reprise ou arrêt des chantiers. L'organisation des architectes est mise à rude épreuve par le confinement imposé pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Pourtant, dans les agences -ou plutôt hors les agences-, les échanges entre associés, salariés, co-traitants et clients se poursuivent, la division du travail s'adapte au fil de la situation, la gestion des projets s'optimise. Comme en temps de crise économique, les architectes français repensent leur système de production pour passer l'orage. Et ils envisagent déjà l'après, les leçons que la profession et le monde de la construction devront tirer de la situation actuelle. L'architecte Julien Perraud, de l'agence RAUM, répond aux questions d'AMC.

AMC: Le confinement imposé pour lutter contre l'épidémie de coronavirus installe le télétravail dans la durée. Comment l'activité se poursuit-elle dans votre agence? Comment adaptez-vous vos installations et votre organisation au fil du temps?

Julien Perraud: Tout le monde est en télétravail et nous communiquons avec les nombreux outils numériques à disposition, en adaptant les moments d’échange selon les disponibilités de chacun (garde d’enfants, etc.). La majorité du travail à l’atelier est actuellement du suivi et de la direction de chantier, nous avons donc pu travailler dans un premier temps sur les visa en cours et quelques sujets inhérents au chantier. Mais la fermeture des chantiers a directement provoqué un manque de travail.

 

Avez-vous recours au chômage partiel?

Oui, cela suit l’arrêt des travaux de suivi et la baisse de la charge de travail. L’atelier est donc passé rapidement à environ 50 % de chômage partiel, pourcentage qui va augmenter dans les semaines à venir, si la situation n’évolue pas.

 

D'après vous, quels dangers risquez-vous face au prolongement du confinement?

Etant principalement impactés par le statut des chantiers, le principal risque que nous percevons ne tient pas tant dans le prolongement du confinement (si le chômage partiel est bien pris en compte par l’Etat), que dans une reprise partielle des chantiers. Si certaines entreprises reprennent le travail, il est probable que la durée totale du chantier reste marquée par le retard du confinement. Et toutes les entreprises ne pourront pas reprendre le travail. Qui -a part les entreprises d’architecture- va prendre en charge ces mois supplémentaires de suivi?L’autre question est: combien de temps pouvons-nous effectuer des collaborations immatérielles à distance?
 

Comment envisagez-vous l'après confinement?

Un mélange d’une immense joie de partager et d’échanger concrètement avec amis et collaborateurs, ainsi qu’une légère crainte quand à l’émergence d’une demande d’immédiateté soudaine à rattraper le retard accumulé.

 

Propos recueillis par Margaux Darrieus

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