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"L'architecture ne doit pas se contenter du minimum, mais donner le maximum", Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal

Zoom sur l'image L'architecture ne doit pas se contenter du minimum, mais donner le maximum, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal
© Bruno Lévy/Le Moniteur - Les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, dans leurs bureaux à Montreuil.

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LA MÉTHODE RÉGÉNÉRATIVE DE LACATON & VASSAL

Les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, tout juste auréolés du prix Pritzker, la plus haute distinction en architecture, exposent leur philosophie de la générosité spatiale et de l'épure matérielle dans une interview fleuve, avec les journalistes du Moniteur, Milena Chessa et Jacques-Franck Degioanni.

"Qu'il y ait beaucoup d'argent ou pas, il est indispensable que l'architecture offre du rêve, une forme de luxe." C'est l'intransigeance d'Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, la radicalité de leur engagement en faveur d'une architecture généreuse, atemporelle et environnementale, qu'a récompensé la Fondation Hyatt en attribuant au duo français le prestigieux prix Pritzker 2021. A cette occasion, les architectes ont accordé un long entretien aux journalistes du Moniteur, Milena Chessa et Jacques-Franck Degioanni. Ils y reviennent sur leur persévérance à offrir des espaces de vie capable d'intéragir avec le climat et les hommes. Car c'est en réalité plus que le simple luxe de s'approprier des lieux inattendus que projettent Lacaton & Vassal en construisant à chaque projet, plus de mètres carrés que ceux initialement désirés par les maîtres d'ouvrage. Et la mise en œuvre systématique de structures rudimentaires et de matériaux industriels, verre, polycarbonate et rideaux thermiques argentés, exprime avant tout une manière d'envisager l'architecture comme un volume capable et durable. Dans cette interview, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal militent pour l'extra-ordinaire, et regrettent que l'architecte soit cantonné au bout de la chaîne de conception, une fois les sites, les programmes et les surfaces établis. "Cela provoque une forme d'emprisonnement des concepteurs qui n'ont plus la liberté de s'aventurer au-delà de ce qui est standard. Or nous devons bien sûr tenter des défis en permanence."

 

Leur collaboration fructueuse avec Frédérique Druot -avec qui ils ont réhabilité la tour Bois-Le-Prêtre, Équerre d'argent 2011 ; leur relation inspirante avec Jacques Hondelatte qui "ne répondait pas seulement aux besoins, mais aux rêves non exprimés" ; les leçons du confinement qui a "renforcé [leurs] convictions et augmenté [leur] déception : celle de voir qu'il faille une situation aussi grave pour amener à s'interroger sur l'habitat. Car il n'a jamais été interdit de le penser autrement" ; ou encore leur bataille pour la transformation de l'existant : "nous refusons de travailler sur des projets Anru où il est question de détruire des bâtiments. Car l'essentiel du budget total de l'opération y passe, entre les travaux en eux-mêmes et le relogement de la population. Ensuite, les fonds manquent pour investir dans la transformation qualitative et durable du patrimoine existant." La rencontre avec Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal inspire un avenir stimulant pour l'architecture et les architectes engagés dans la construction d'un monde où chacun serait, "libre de régler son confort."

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