DOSSIER

« L’humain est au cœur du processus BIM », par Gabriel Castel, BIM et Consulting manager, Nemetschek

Gabriel Castel, BIM et consulting manager, Nemetschek

 

 

 

Le BIM n’a pas vocation à changer l’architecture qui restera l’apanage de ceux qui la font. Les projets d’architecture en BIM ne seront pas plus simples ni plus complexes, mais l’attentisme de rigueur aujourd’hui ne doit pas faire oublier que d’autres acteurs s’emparent de ce processus.

La transformation de l’architecture vers la construction s’amorce. La nuance peut sembler anodine mais les grands groupes industriels n’ont pas nécessairement en tête un bond qualitatif lorsqu’ils évoquent le BIM, du moins pas selon les critères de l’architecture. Lorsqu’on peut entendre que, grâce au BIM, la conception a pu se faire de manière collaborative et que les coûts ont diminué bien au-delà des objectifs initiaux, on peut alors légitimement s’interroger sur le bien-fondé de cette technologie qui permet de produire une construction comportant des éléments standardisés, dont la conception est réutilisable, et l’équipe de concepteurs ingérés dans un tout-en-un ou les objectifs seraient avant tout quantitatifs. Le BIM ne doit pas nécessairement entériner le taylorisme appliqué à l’architecture.

Sans vouloir jouer les Cassandre, la maîtrise d’œuvre a intérêt à adopter à son tour cette technologie qui, la période de transition passée, promet et permet des progrès certains sur des points vitaux de l’acte de construire et, de manière plus générale, sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.

Au-delà des nouvelles opportunités, de nouveaux services et de réappropriation de missions de synthèse qui ont pu lui échapper, l’architecte doit orchestrer, s’assurer de la pertinence et du respect des objectifs qu’il aura fixé, maintenir la cohésion d’une équipe étendue autour d’un projet de conception collaboratif portée par le BIM. Pour que le BIM porte l’architecture et permette un véritable bond qualitatif et quantitatif, les maîtres d’œuvre (architectes et bureaux d’études) devront évoluer et prendre en main la transition numérique du bâtiment.

Cette transition n’est certes pas anodine en terme d’investissement financier et humain. Elle est pourtant nécessaire tant le passage au BIM semble inéluctable. Nous avons une grande responsabilité en tant qu’éditeur de logiciels, celle que l’adoption du BIM par ses acteurs soit un succès.

Notre vision du BIM est celle de la synergie collaborative autour de l’ensemble des acteurs du processus de bâtir. Nous ne voyons pas le BIM comme un nouveau rapidographe ou un nouveau logiciel dans un marché porteur mais comme un processus dans lequel l’humain est au cœur avec chacun son métier, sa façon de le pratiquer et ses méthodes pour y parvenir. Ce sont ces acteurs, fédérés autour de la modélisation des informations du bâtiment que nous avons choisi d’accompagner pour faciliter l’adoption du BIM par le plus grand nombre.

Nous n’imaginons pas des processus d’échange, entre une variété d’acteurs chaque fois renouvelée, au travers d’une technologie propriétaire et fermée.

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  • Le 26/10/2015 à 16h12

    Merci pour votre article. Ceette vision du BIM est celle que je partage. Au passage, on peut aussi ajouter que de nouveaux métiers voient le jour. Comme celui de BIM Manager ! Cette infographie trouvée sur le web (http://www.blog-logiciel-btp.com/2014/04/16/focus-sur-le-metier-de-bim-manager/) nous offre un aperçu (assez succinct, il faut le souligner) du rôle central du BIM management dans cette synergie collaborative.

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