LA GARE, PROGRAMME UTILITAIRE ET SYMBOLIQUE - Livre

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Malgré ses deux siècles d'existence, le transport par rail, compte tenu de ses atouts environnementaux, devrait avoir encore de beaux jours devant lui. Une bonne raison pour retracer son histoire et surtout celle de ses gares, édifices riches de promesses, celles d'un ailleurs facilement atteignable, en suivant deux lignes métalliques au sol qu'on appellera « chemin de fer ». Dans un ouvrage très complet, largement illustré de dessins originaux - plans, coupes, perspectives - et de photos d'époque, Bertrand Lemoine retrace l'évolution des gares, de la naissance des premiers « embarcadères » à nos jours - et même un peu au-delà. 

Ce qui change, c'est bien sûr la dimension de la fameuse halle, chasse-gardée des ingénieurs, abritant des voies toujours plus nombreuses et les matériaux employés - bois, métal, verre. Mais c'est aussi et surtout le « bâtiment-voyageur », plus volontiers confié à un architecte, qui remplit des fonctions utilitaires - accueillir les usagers, au départ comme à l'arrivée, et gérer les flux de personnes - et symboliques - représenter et mettre en scène le voyage.

Essor du chemin de fer

Si la toute première ligne est mise en service en 1827 entre Saint-Etienne et Andrézieux, elle est utilisée principalement pour le transport de la houille et des marchandises. La première ligne réservée aux voyageurs voit le jour en 1837, entre Paris et Le Pecq, avant d'être prolongée jusqu'à Saint-Germain. Mais c'est dans la décennie suivante que se mettra en place un réseau national, accompagné de la construction des premières grandes gares, comme à Paris la gare du Nord (1846) avec sa double halle en bois ou la gare de Lyon (1852) et, en province, les gares de Tours (1946), Marseille (1848) ou Dijon (1851). Ces premières grandes gares - qui ont pour la plupart disparu ou dont il reste quelques fragments - témoignent d'une époque où ce programme n'est pas encore affirmé. Avec le Second Empire, le chemin de fer prend son essor, emblème de la révolution industrielle, de la liberté de circuler et du raccourcissement des distances. La gare prend alors un caractère monumental, comme la nouvelle gare du Nord par Hittdorf (1865), la gare d'Austerlitz (1869), ou celles de Nice (1865), de Perrache à Lyon (1857), de Nantes (1853). Construite à la périphérie des villes, elle assume également une fonction urbaine, en générant un quartier avec sa place et son « avenue de la gare ».

Tout un programme

L'auteur poursuit sa chronologie historique jusqu'à aujourd'hui, plusieurs tendances suivant celles de l'architecture en général : Art déco, régionaliste, moderne, fonctionnaliste, époque TGV et projets contemporains. Mais il s'attache aussi à examiner la mise en place de différentes typologies - bâtiment en tête des voies, bâtiment latéral parallèle aux voies, bâtiment entre les voies - et la lente élaboration des programmes : salle des pas perdus, billetterie, salle d'attente, service des bagages, buffet, consigne, bureau de poste… jusqu'à l'introduction massive d'espaces commerciaux, faisant de ce programme, plus que jamais, un lieu de brassage de toutes les populations.

 

LA GARE, PROGRAMME UTILITAIRE ET SYMBOLIQUE - Livre
  • UNE HISTOIRE DES GARES EN FRANCE. Bertrand Lemoine.
    Editions Archibooks, 400 p., 2021, 28 €.
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