La Grande Arche, une douloureuse épopée - Livre

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La Grande Arche, Laurence Cossé, Gallimard

Rares sont les romans dont le sujet central est l’architecture. L’enquête-roman de l’écrivain Laurence Cossé se lit comme un polar et retrace la construction de l’un des plus prestigieux monuments de Paris, la Grande Arche de La Défense, à travers l’homme qui en est l’auteur.

On plonge dans l'épopée ubuesque que fut la construction de la Grande Arche de La Défense dès les premières pages du livre de Laurence Cossé, avec la scène d’ouverture des plis des quatre finalistes de ce concours international anonyme. François Mitterrand est entouré de Robert Lion, homme orchestre du concours, de Jean-Louis Bianco, Yves Dauge, Erik Orsenna, et d’autres personnalités encore. Tous gênés de ne jamais avoir entendu parlé de ce nom-là, imprononçable, Johan Otto von Spreckelsen. C’est lui, l’auteur de ce monument "remarquable par sa pureté, par la force avec laquelle il pose un nouveau jalon sur l’axe historique de Paris et par son ouverture". Un homme simple et discret, qui vit à son rythme et n’apprendra la nouvelle qu’à son retour d’un séjour à la pêche en compagnie de sa femme. Tout semble idyllique dans ce mariage entre l’ascète, épris de calme et de beauté, qui a peu construit -une maison et quatre églises, et cette arche puissante issue des grands travaux mitterrandiens. Mais l’euphorie est de courte durée. Très vite, Spreck  lutte pour garder intègre son Cube, ainsi qu’il l’appelait, face aux aléas du programme (pas très bien emmanché, il faut le dire), à la complexité de l’administration française, aux âpres luttes politiques, aux casse-têtes de la technique, aux décisions sans cesse remises sur le tapis... Spreck finit par jeter l’éponge en 1986, pointant l’abandon de l’ambition architecturale de son commanditaire. L’épopée tourne à la tragédie, il meurt avant l’inauguration de l’arche, le 14 juillet en 1989. Le mutisme de l’épouse Spreckelsen (l’écrivain n’a pas réussi à la rencontrer pour son enquête malgré ses diverses requêtes), présente tout au long du roman, est là pour rappeler le drame de cet idéaliste qui n’a jamais accepté le compromis.

 

  • La Grande Arche
    Laurence Cossé, Gallimard, 355 p., 21 €.

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