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"La production agricole pourrait dynamiser l’espace public", Augustin Rosenstiehl, architecte, Agence SOA

Zoom sur l'image La production agricole pourrait dynamiser l’espace public, Augustin Rosenstiehl, architecte, Agence SOA
© M. Rosenstiehl - Augustin Rosenstiehl, architecte, Agence SOA

Augustin Rosenstiehl – SOA

Dans le cadre du dossier consacré aux fermes urbainesl'architecte Augustin Rosenstiehl (agence SOA) prône l'entrelacement des fonctions urbaine et agricole pour redynamiser l'espace public. En particulier là où l'espace urbain est peu structuré et où du foncier est encore disponible: dans les villes de banlieue.

"Nos projets d’agriculture urbaine sont autant d’études de cas pour comprendre ce que pourrait être le croisement des fonctions urbaine et agricole. Par exemple, celui de la "Tour vivante" [2007], issu d’un concours d’idées, mêlait des logements et des bureaux, et nous y avons introduit une fonction agricole. Il a été très publié, y compris dans des manuels scolaires, et beaucoup y ont vu la fusion de l’architecture et de l’agriculture dans un contexte de catastrophe écologique aujourd’hui bien réel. Pour nous, ce projet, dont nous n’avons jamais pensé qu’il serait réalisé, racontait un mariage innovant et offrait une réponse face à cette réalité d’une agriculture urbaine niée, refoulée dans des zones d’activité qui détruisent le paysage et ne fabriquent aucune urbanité. Il faut se souvenir que s’il est actuellement difficile de les concilier, ville et agriculture sont à l’origine étroitement associées: le mot latin "colère", qui signifie à la fois habiter et cultiver, rappelle que l’on habitait une terre, un sol, à partir du moment où on le cultivait. Nous nous trouvons aujourd’hui devant une double difficulté: nous n’arrivons plus à créer des espaces publics urbains riches, productifs, façonnés par les activités liées au travail, tandis que la production agricole, reléguée dans les zones périphériques, pourrait très bien, en revenant en ville, redynamiser l’espace public. L’agriculture urbaine serait ainsi en capacité d’apporter une réponse à ces deux problématiques. Outre les avantages d’intégrer l’agriculture dans l’aménagement des ZAC des centres urbains –avec pour condition une infrastructure ad hoc qui permette une rentabilité et pas uniquement une activité pédagogique–, c’est surtout dans les villes de banlieue, là où l’espace urbain est peu structuré et où du foncier est encore disponible, que cet entrelacement des fonctions prend tout son sens."

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