La recherche en agence (1/5) : alimenter le discours conceptuel

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Dans son menu « Explore », le site internet de l'agence SCAU met en avant le travail de son directeur de la recherche, Eric de Thoisy.

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L'édition, la création d'expositions ou les explorations constructives occupent de plus en plus d'agences, notamment à la faveur d'une fiscalité incitative qui favorise la recherche et l'innovation dans le secteur privé. Les motivations des architectes sont plurielles : remettre un pied dans la théorie, s'ouvrir à de nouveaux marchés, faire avancer la discipline ou progresser la construction. Un enjeu demeure commun : de même qu'à l'université, financer la production de savoirs. Retour d'expériences au sein d'agences engagées dans ces pratiques exploratoires.

Eric de Thoisy, architecte, docteur en architecture et directeur de la recherche chez SCAU, fait partie de ces chercheurs « intégrés » en agence d'architecture, qui suivent de près la fabrique du projet. Recruté en 2014 pour mener une thèse en Cifre - en divisant son temps entre l'agence et un laboratoire universitaire -, il y déploie désormais des actions variées, de la recherche fondamentale à l'encadrement de deux doctorantes. Principal indice de son implication, les articles publiés dans une rubrique dédiée du site internet de l'agence.

 

En appuyant d'un savoir en sciences humaines et sociales les expérimentations spatiales de SCAU, Eric de Thoisy offre une profondeur conceptuelle à des propositions architecturales prospectives ou issues de concours. Sollicité lors de la conception pour alimenter la créativité des architectes, il nourrit leurs discours, élargit leurs regards ; leurs travaux y gagnent une universalité convaincante, au-delà d'une réponse architecturale contextuelle.

 

Hors des infinis débats épistémologiques, n'est-ce pas finalement dans l'action que les architectes définissent la recherche en architecture ? « La conceptualisation ou d'autres démarches préalables au projet sont assimilables à de la recherche pour certains architectes. L'indéfinition de l'architecture et les politiques incitatives entretiennent

"les questions existentielles de la recherche architecturale" pour reprendre l'expression de l'historien Eric Lengereau », analyse Mélanie Guenot, doctorante aux laboratoires LHAC et AMUP des Ensa Nancy et Strasbourg, qui travaille sur les pratiques de recherche dans les agences françaises. « Le commissariat d'une exposition, une publication dans une revue, un projet mené en lien avec l'Ademe… toutes ces actions autorisent, selon ceux qui les mènent, à utiliser le mot "recherche". Les identifier comme telles, et les nommer, donne accès à de nouveaux marchés, à des dispositifs de valorisation et nourrit les pratiques comme la communication des agences. »

 

L'agence LAN, qui a marqué l'actualité parisienne en 2017 avec une exposition au pavillon de l'Arsenal sur les héritages haussmanniens, a récemment structuré son propre laboratoire, le RAAR (recherche appliquée à l'architecture et au réel). En recrutant l'enseignant-chercheur Marc-Antoine Durand, Umberto Napolitano, Benoît Jallon et Maxime Enrico souhaitent manifestement donner de l'ampleur aux écrits, conférences et enseignements qu'ils produisent déjà. La visée est réflexive ; c'est un temps d'autoanalyse offert à l'agence. Les collaborateurs du RAAR mènent notamment des exercices de théorisation autour des questions formelles, typologiques et d'usages, soulevées lors de concours. « Le laboratoire contribue à la culture de projet de l'agence », indique le site internet. Cela passe par exemple par le dessin mobilisé comme mode exploratoire. Dans l'ouvrage Napoli super modern (Park Books, 2020), des relevés nourrissent l'analyse d'un corpus d'édifices au prisme de ce que pourrait être, à l'échelle du bâti, l'hypothèse rossienne d'une architecture de la ville.

 

Dans Napoli Super Modern (Park Books, 2020), l'agence LAN s'appuie sur un ensemble de photographies de Cyrille Weiner et de relevés. Ces derniers nourrissent l'analyse d'un corpus d'édifices au prisme de ce que pourrait être, à l'échelle du bâti, l'hypothèse rossienne d'une architecture de la ville.

 

 

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