La recherche en agence (4/5) : faire évoluer la pratique

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Montage de l'installation pierre-bois conçue par Barrault Pressacco, présentée à la biennale d'architecture et de paysage d'Ile-de-France 2019.

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L'édition, la création d'expositions ou les explorations constructives occupent de plus en plus d'agences, notamment à la faveur d'une fiscalité incitative qui favorise la recherche et l'innovation dans le secteur privé. Les motivations des architectes sont plurielles : remettre un pied dans la théorie, s'ouvrir à de nouveaux marchés, faire avancer la discipline ou progresser la construction. Un enjeu demeure commun : de même qu'à l'université, financer la production de savoirs. Retour d'expériences au sein d'agences engagées dans ces pratiques exploratoires.

Reconquérir une légitimité par la recherche montre, peut-être, les limites des approches, qui, dans les agences d'architecture, scindent la production d'idées et d'espaces. Pour les architectes Thibaut Barrault et Cyril Pressacco, le rapport à la référence OMA-AMO est soldé : « Nous refusons cette partition selon laquelle une partie des collaborateurs gagnerait de l'argent, que l'autre partie dépenserait. Dans notre agence, la recherche et le projet sont indissociables et

menés par les mêmes personnes. La réflexion part du projet. »

 

Initiatrice, à l'occasion de la conception de logements en pierre à Paris, d'une « enquête » sur le cycle de production et de mise en œuvre du matériau, l'agence a, en 2018, transformé ces réflexions en une exposition et une publication, financées par la plateforme d'aide à l'expérimentation Faire, créée par le pavillon de l'Arsenal. « Il s'agissait d'investiguer un sujet que nous souhaitions mettre en œuvre, expliquent Thibaut Barrault et Cyril Pressacco. Nous avons cartographié les ressources du Bassin parisien, mesuré l'empreinte carbone du matériau et étudié des assemblages, tout cela avec nos collaborateurs chargés de la conception des logements. L'idée étant de renseigner un état de la filière et de comprendre les enjeux soulevés par l'usage de la pierre. Autant de questions irrésolues à ce moment-là. » Ils ont surtout mis au jour les vertus d'un matériau de proximité hautement disponible, et révélé les limites à son utilisation, quitte à interroger la production des normes de la construction. Avec ses enquêtes, le duo fait indubitablement avancer la pratique, mais reste prudent. « Nous produisons une connaissance de praticien. Sans commune mesure avec les échelles de temps et de savoir que mobilisent les travaux menés dans un cadre académique. Nous employons avec précaution le mot "recherche". Nous ne sommes pas figés dans un cadre méthodologique, notre approche est multiforme et volontairement collective. Nous sommes soumis au temps du projet et devons emprunter des raccourcis, accepter les coups d'accélérateur. Nous ne déployons pas d'état de l'art exhaustif autour des questions que nous posons, mais tentons d'ouvrir un champ de recherche avec des interrogations précises », décrivent-ils dans un exercice d'autocritique, nécessaire à toute production de connaissance.

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