« La ville générique néolibérale ne répond plus à nos besoins essentiels », entretien avec Michel Lussault, géographe

Zoom sur l'image « La ville générique néolibérale ne répond plus à nos besoins essentiels », entretien avec Michel Lussault, géographe
© Melania Avanzato - PHOTO - 28011_1644930_k3_k1_3792679.jpg

Michel Lussault est spécialiste des études urbaines. Professeur à l'université et à l'école normale supérieure de Lyon, il a cofondé l'école urbaine de l'université de Lyon, qu'il dirige aujourd'hui. Il est l'auteur de Chroniques de géo'virale, écrites pendant le premier confinement du 23 mars au 11 mai 2020.

Pour lire l'intégralité de cet article, testez gratuitement AMC - édition Abonné

Articles Liés

Entretien avec Richard Sennett, sociologue: "une ville ouverte semble davantage capable de[...]

La recherche en agence, une production de savoirs au plus près du projet

Michel Lussault observe et théorise depuis de nombreuses années les évolutions spatiales du monde contemporain globalisé. Dans Hyper-lieux, les nouvelles géographies politiques de la mondialisation (Le Seuil, 2017), il s'intéressait aux centres commerciaux géants, aux aéroports internationaux, aux gares centrales ou aux espaces urbains saturés de signes tels que Time square à New York. Mais aussi aux « alter-lieux » ou « contre-lieux », où s'inventent d'autres manières de vivre ensemble. Avec la création de l'école urbaine de Lyon en 2017, il a constitué un nouveau domaine de connaissances et d'expertise autour de l'urbain anthropocène. Depuis lors, il s'attache à démontrer l'insoutenabilité du modèle générique de la ville néolibérale, à l'heure du dérèglement climatique. Pour inventer de nouvelles urbanités, Michel Lussault convoque toutes les disciplines des sciences humaines et synthétise les théories des grands penseurs du vivant et de l'écologie politique. Sa participation à la première université d'été de La Preuve par 7, en juillet 2021 à Evry, témoigne de l'intérêt qu'il porte à l'expérimentation urbaine, à la ville informelle et aux formes d'organisations alternatives comme autant de réponses au modèle dominant de production de la ville.

Qu'est-ce qui vous intéresse dans la démarche urbaine La Preuve par 7, portée par Patrick Bouchain?

Cela fait longtemps que je m'intéresse aux questions d'urbanisme dites "temporaires" ou "transitoires". Les démarches de Patrick Bouchain, avec notamment La Preuve par 7, celles de l'agence d'architecture Encore Heureux ou de Plateau urbain font partie des références qui m'intéressent. De plus, j'étais curieux de rencontrer l'association Bellastock, qui a accueilli cette université d'été sur le site de son festival. Cet urbanisme qui sort du cadre des standards imposés, qui s'intéresse aux marges et aux interstices de la ville, n'est pas né de rien. C'est un travail de quelques décennies porté par Patrick Bouchain, mais aussi par d'autres avant lui, comme Lucien Kroll, Yona Friedman ou Ivan Ilitch avec ses réflexions sur la ville alternative.

[...]
Découvrez tous les articles de ce numéro Consultez les archives 2022 de AMC

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital