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Le BIM est-il l'avenir de l'architecture ?

Le BIM est-il l'avenir de l'architecture ?
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Le BIM (Building Information Modeling) est un processus de travail collaboratif entre tous les intervenants d'un projet de construction. Il permet l'exploitation d'une maquette numérique préfigurant le bâtiment et la gestion de la totalité de son cycle de vie. Ce processus largement répandu aux États-Unis et dans les pays anglo-saxons commence à se développer en France. Dans quelle mesure le BIM va-t-il changer l'architecture et le métier d'architecte ?

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  • GC Architectes

    ce sujet, dont la presse spécialisée déborde, est celui des agences gérant des projets de très grande envergure, et de l’ensemble des bureaux d’études, à qui il faciliterait la vie, il ne concerne en aucun cas la plus grande majorité des acteurs du secteur, pourquoi la presse spécialisé oeuvre-t-elle en faveur des BE??

  • Sébastien Causse Architecte dplg

    Le BIM est un système d’information parfaitement adapté aux architectes. Il est peut-être la dernière occasion de « reprendre la main » face à l’émiettement des expertises en nous repositionnant comme acteur central de la synthèse. L’outil est certes coûteux et sa manipulation fastidieuse; il n’existe pas de standard d’échange de fichiers encore fiable; les modalités de coopération sont encore floues mais le BIM est sans doute le pivot d’une rupture à opérer de toute urgence pour permettre à notre profession de conserver sa crédibilité face aux pressions concurrentielles des autres acteurs du bâtiment. Intégrer le BIM, c’est aussi repenser les modèles d’agence du point de vue des ressources humaines: il est aussi souhaitable que nous puissions être des acteurs de croissance, maître de notre offre et pourvoyeur d’emplois.

  • Guillaume C - BRZ France

    Le BIM ne va pas changer l’architecture ! En revanche, il va décloisonner les flux d’informations qui circulent entre les différents acteurs et ainsi faire évoluer les missions de chacun. Le rôle de l’architecte est très important pour le BIM puisqu’étant en amont du projet, il initie le processus BIM grâce aux informations qu’il va générer dans la maquette numérique. Il est encore tôt pour attester que tel ou tel point vont impacter le métier d’architecte mais ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que le niveau d’investissement de l’architecte dans les projets BIM définira sa place au sein du processus.

  • TRICOIRE Architectes

    Le BIM restera un mythe tant que les entreprises artisanales travailleront encore avec de vieilles versions d'Autocad quand ce n'est pas à la main (j'en connais). C'est donc un outil réservé aux grosses agences, aux gros projets, aux grosses entreprises et principalement aux projets neufs. Or aujourd'hui 80% des projets sont de la réhabilitation pour laquelle le BIM est inadapté. Vouloir l'imposer à tous ne va qu'augmenter la fracture entre deux mondes en asphyxiant les plus petits. Mais beaucoup de gens ont intérêt à ce coup de force. Sinon cette idée aurait été abandonnée depuis longtemps. Voilà l'exemple typique d'une fausse bonne idée inadaptée à la réalité. Le complément indispensable de la loi Macron en quelque sorte...

  • Hermenault

    Il y a la théorie et la pratique. Dans le monde de la théorie, le BIM est un outil fantastique. Dans le monde de la pratique, qui je le rappelle est LE monde dans lequel nous vivons tous, le BIM est une mystification. Il a certes son utilité dans certains projets complexes, mais ailleurs ce sera un boulet qui nous tuera par asphyxie. Une équipe ou chaque co-traitant fait vraiment son boulot de façon ouverte sera toujours plus efficace qu'un projet Bimé. Il faut simplement créer une synergie et ne pas céder face au dernier buzz tendance.

  • Gilles CHARIGNON, architecte

    Le BIM est probablement l’avenir de la construction, pas forcément celui de l’architecture, qui n’a pas attendu l’informatique ni le BIM pour exister ! Quand on a dit cela on comprend mieux aussi les inquiétudes (réelles) des architectes sur leur capacité dans l’avenir proche à maîtriser leurs créations jusqu’au bout, et à ne pas se faire dépouiller par les « BIM Managers » des grands groupes de l’ingénierie ou de la construction. Ceci étant dit nous investissons dans nos agences pour garder le contrôle sur les nouvelles technologies qui nous sont offertes, et assumer notre rôle de concepteurs, hommes de synthèse les mieux formés pour gérer le projet en 3D et dans toutes ses dimensions, jusqu’à la livraison de l’ouvrage.

  • adam

    un bon dessin est un bon projet. un mauvais dessin meme "Bimé" restera un mauvais projet. le BIM est encore une initiative de lobbie. il faut acheter le logiciel, former tout le personnel, c'est une mine d'or...

  • richard normand, architecte

    Le BIM constitue un enjeu économique majeur (au bout du compte, surtout financier) dans la production du bâti, et donc un enjeu de pouvoir entre les différents acteurs de la construction. Les architectes sont-ils réellement armés pour lutter sur ce terrain ? Et dans l'affirmative, quelle(s) catégorie(s) d'architectes ? Le problème n'est pas tellement dans la maîtrise intellectuelle et opérationnelle de l'outil, car la plupart des architectes sont effectivement ou potentiellement capables de maîtriser les processus de conception et de gestion de l'information à travers les maquettes BIM. Ceux-ci n'étant guère plus qu'une extension des logiciels de conception architecturale 3D, intégrant la gestion technique des réseaux et des processus de fabrication du bâtiment, les interfaces et la gestion du temps. L'enjeu est plutôt dans le contrôle et l' exploitation du BIM. Et là, qui empêchera la mainmise du capital mondialisé et des majors du BTP, à travers les sociétés d'ingénierie transnationales qu'elles contrôlent ? Et qui sont certainement prêtes à embaucher des architectes talentueux et compétents pour optimiser leurs profits et accentuer leur domination.

  • FT BRETON

    Le BIM enfin ! Un concept tout neuf… qui a plus de quarante ans. Tout d’abord arrêtons de parler de processus anglo-saxon. C’est un processus dans lequel toute l’Europe a tenu un rôle majeur et la France le sien. Il est assez paradoxal, de voir à quel point les Européens, sont en partie précurseurs de ce mouvement. Le concept émerge de réflexions ayant pris forme dans les universités durant les années 70. Parmi les premiers exemples d’outil BIM opérationnels deux naissent en Europe centrale de part et d’autre du mur au début des années 80. Il s’agit de ALLPLAN par Nemetschek (Munich), et ARCHICAD par Graphisoft (Budapest). Ces outils murissent avec l’évolution des matériels et à la fin des années 90 peuvent déjà être qualifiées de BIM. En parallèle le chantier des IFC, qui est le format majeur du BIM, est lancé au début des années 90. Y participent activement le CSTB et des universitaires Français. L’Europe est très active sur ce chapitre Nemetschek et Graphisoft aussi. Paradoxalement Autodesk fait la fine bouche abandonne sa participation, puis se ravise et revient. Le terme de BIM lui apparait au début des années 2000 et est promu par Autodesk avec, reconnaissons le, une puissance de frappe commerciale et de communication nettement supérieure à celles des autres éditeurs. Le BIM n’est qu’un acronyme accolé à des pratiques de travail collaboratif il ne va rien changer. Ce qui va changer l’architecture et le métier d’architecte c’est la généralisation des pratiques du travail collaboratif et l’utilisation des techniques et technologies associées dès les phases initiales de conception. Le BIM est déjà présent dans des agences d’architecture depuis longtemps. Les architectes qui ont fait le choix d’utiliser les outils 3D comme, entre autres, ARCHICAD et ALLPLAN, le savent. Ce qui s ‘annonce est simplement l’explosion de ces pratiques et leur généralisation.

  • Jacques ALLIER

    Il me semblait qu’un processus était un « enchainement d’activités » . En conséquence, le BIM n’est pas un processus, mais constitue plutôt un outil particulier au service d’un travail collaboratif. En effet, on peut parfaitement faire du travail collaboratif sans outil informatique. Les discours ambiants tentent de nous faire croire que c’est LA solution qui va résoudre tous les problèmes d’interfaces, de conception, de réalisation. Cependant, comme tout outil, il faudra apprendre à s’en servir et comme tout outil il ne saurait être universel.

  • thomas

    Quelle étrangeté... A l'heure où beaucoup constatent que le rythme effréné de notre société contribue au réchauffement climatique, au stress ambiant, à la diminution des rapports sociaux et donc à l'individualisation forcenée, certains continuent à nous dire : nous avons trouvé des outils "efficaces" ! Vous courriez jusqu'alors ? Et bien pédalez, vous arriverez plus vite ! Et le processus de réflexion là-dedans ? Et le temps nécessaire au cerveau pour se ressourcer, pour voir autre chose, pour ne pas se retourner vers un Moi rabougri à force d'urgence et d'efficacité ? Le travail collaboratif n'a pas besoin d'un BIM pour exister : il est fondé sur un désir de confrontation, de partage et d'ouverture sur les autres. Et cela nécessite de prendre le temps. Alors in fine, quid des honoraires ? Ceux nécessaires pour la formation, l'actualisation logiciels, le remplacement des postes informatique, le temps à monter des 3D pour tous les projets ? Ou ceux qui rémunèrent du temps passé ensemble, du plaisir à travailler à discuter, à échanger ? Malheureusement, les honoraires sont à la baisse. Et ça, le BIM n'y changera rien. L'architecture s'appauvrit mais heureusement le BIM est là...

  • Lyon Agence 10 personnes

    A qui profite le BIM. Les chantiers L'exploitation maintenance Les entreprises de construction Les entreprises d'exploitation maintenance. De plus en plus de PPP, de Conception Réalisation. De plus en plus d contrats d'entretien maintenance. Des majors, capables de mettre la main sur les études BIM, la synthèse et une offre globale intégrant ces outils et les services indispensables pour que l'outil serve a quelque chose. On a déjà du mal a établir des DOE papier avec les petites entreprises, combien de temps prendra la mise a niveau des PME du bâtiment? J'espère que le BIM ne va pas créer une scission entre les PME et les majors. Nous architectes nous faisons partie des TPE et des PME, le BIM nous coûtera combien? Cet investissement sera-t-il déductible? L'état va-t-il nous soutenir pour que nous dégagions la capacité d'investissement, formation... Les tarifs des éditeurs de logiciels seront-ils contrôlés?

  • JF Ronjat

    Une fois de plus, priorité aux gros budgets, il n'y a presque que çà dans vos revues, mis à part bien sûr quelques exceptions pour "faire-valoir" la quasi-tutelle du BTP ?... Nous voyons bien le mépris pour ceux qui contesteront, ces architectes là ne veulent pas du travail collaboratif... c'est pourtant ce qu'ils font chaque jour en essayant de travailler avec des PME, que ce soit en phase étude ou bien sur les chantiers. Pour l'instant ce travail collaboratif est bien loin des maquettes numériques.

  • Cyril Hamelin Architecte

    Sur le fond je suis preneur, car très intéressant de collaborer intelligemment autour d’un outil commun. Concrètement ce sera très difficile à mettre en place pour les petites agences, pour qui le BIM est une fausse bonne idée. Finalement ce sera travailler (encore) plus pour gagner moins (de l’heure). Le BIM deviendra une exigence pour les marchés publics et écartera donc encore d’avantage les « petits » architectes de ces commandes. Pour finalement creuser encore plus le fossé entre (grosses) agences qui « tournent » bien et petites structures qui survivent. Il serait bon de demander son avis à Glenn Murcutt… qui reste mon modèle ;-)

  • BIMOZORE

    Le BIM c'est un outil ... Si on sait s'en servir ça améliore considérablement les moyens de concevoir, réaliser, et gérer à long terme des projets à travers l'outil informatique ... Pour les sceptiques, je leur demanderais de faire le calculs de leur salaire annuelle sans calculatrice ... à l'ancienne ... pas facile n'est ce pas ? Surtout lorsqu’on a cet outil très pratique pour ce faciliter la tâche qu'est la calculatrice ... et bien le BIM c'est pareil pour le bâtiment ça calcule sans avoir à compter !

  • BIM BAM BOUM

    Et bim, encore une bimbeloterie pour exciter le bimane, encore un bimoteur pour larguer le bipède. Et bam, encore un bim-architecte bio-climatologue bi-céphale qui biaisera les biscornus. Et boum, adieu les esprits simples, vive la bionique, la bizarrerie, les biquadratiques, ... Quelle abîme ! Je vous abîme sincèrement.

  • Le Concombre masqué

    Le BIM, ce sont un peu les habits neufs et sexy jetés sur les bonnes vieilles armoires à plans et autres plates-formes collaboratives de l'ère héroïque de l'e-construction, non?

  • DHROH

    Ne confondons pas construction et architecture, le BIM, qui est génial, ne concerne que la première, à moins de réduction totale, ce qui est peut être en cours. A dieu l’archi !

  • Jeff

    Le domaine de la construction doit se tourner vers l'avenir et les nouvelles technologies si l'on veut que les nouvelles générations soient attirées par nos métiers qui jouissent d'une réputation de "voie de garage". L'imprécision du bâtiment est légendaire, le BIM doit être la réponse.

  • EPURarchi

    la mission de l'architecte est la synthèse des apports techniques de chaque métier... c'est donc aux métiers de commencer à s'informatiser pour qu'une collecte des données hiérarchisées soit viables... Cela impose d'équiper l'agence d'architecte de monstre capable de traiter en flux de giga les fichiers 3D du serrurier comme du plombier sur la base de logiciels compatibles... Vu les artisans et leurs compétences limitées je ne vois qu'un long chemin où l'architecte s'épuise en investissement...

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