DOSSIER

«Le BIM, un workshop interactif», par Louis Paillard, architecte

Louis Paillard, architecte

 

L'aventure du BIM a commencé depuis plus de deux ans à l’agence. Ce nouvel outil a fait évoluer notre méthode de travail, bien plus que ne l’avait fait le passage de la planche à dessin à l’outil informatique en 2D. Nous devions toujours dessiner chaque ligne pour créer un plan, une coupe ou une façade, et pour réaliser des images, nous modélisions à chaque fois le bâtiment avec un travail complémentaire… Dès qu’il s’agissait de travailler les éléments techniques, la compréhension était parfois complexe. L’outil BIM, quant à lui, est bel et bien une révolution, avec une nouvelle philosophie d’équipe entre tous les acteurs de la construction! Le plus dur: changer ses habitudes et ses réflexes.

  

Nous travaillons sur le BIM pour divers programmes et plus particulièrement pour les projets de logements. Aujourd'hui, environ 40% de nos projets sont en BIM. Nous ne dessinons plus des lignes pour fabriquer un plan, mais des familles d’objets 3D préconfigurées et paramétriques (intégrant par la même occasion différentes échelles de représentation graphique). Il est vrai que la création des familles est longue et parfois complexe, et que cela nécessite d’être entouré. En revanche, dès que certains éléments doivent être modifiés, généralement c’est rapide. Un exemple que vous avez déjà sûrement vécu: le passage d’un bâtiment en ITE en ITI, ou l’inverse. En 2D, ce changement peut être très fastidieux.

  

Avec la maquette numérique, les changements sont rapides. Dès que vous voulez changer les largeurs des menuiseries ou les déplacer, les modifications se réalisent sur l’ensemble des plans. Le tableau des surfaces s'actualise automatiquement sans modifier les contours. Vous pouvez vérifier les hauteurs sous-poutre. Lorsque les fluides sont modélisés, l’équipe voit rapidement si les dimensions des volumes techniques sont justes. De plus, cet outil offre en même temps une énorme base de données permettant de vérifier quantitatifs, nomenclatures, liste des pièces en rapport au programme… Il est donc très facile de comprendre les problématiques de chacun et de réaliser la synthèse. Idéal pour l’ensemble des acteurs.

  

Grâce à la modélisation, tout est vérifiable. En contrepartie, elle demande une gestion de son fichier et du temps. Il faut créer une nouvelle habitude, le tout en équipe. Ici, il s’agit surtout de construire avant de construire avec un maximum d’informations pour prévenir d’éventuels problèmes en chantier. Il ne faut pas aller trop loin malgré la tentation d’avoir une maquette numérique parfaite dito la réalité. Il faut trouver le juste milieu!

  

Finalement, contrairement à ce que l’on peut imaginer, cette nouvelle approche nous permet de mieux concevoir les projets architecturaux au travers du modèle 3D et donc de mieux les maîtriser. Le but de notre métier, c’est de construire! Grâce à cet outil et son fichier unique, l’ensemble des intervenants travaille en workshop et de manière interactive, permettant ainsi un contrôle de l’ensemble des partenaires en interne et en externe. Il n’y a plus de blabla… Les relations entre partenaires deviennent plus intelligentes grâce aux compréhensions visuelles de l’ensemble des problématiques.

EN BREF et de manière non exhaustive

Les plus :

– une vision globale et détaillée qui permet d’être synthétique en conception, chantier et maintenance

– une communication qui se réalise à travers une simplicité visuelle d’expression architecturale et technique

– les projets complexes deviennent plus simples à comprendre

– un seul et unique fichier pour centraliser et mutualiser l’information avec une réduction maximale des erreurs

– un workshop en temps réel, qui permet un travail collaboratif et une transmission de l’information en équipe

– une réactivité de l’ensemble de l’équipe en dialoguant

– une parfaite cohérence du projet en plans, coupes, façades et détails

– construire avant de construire nous oblige à réfléchir sur l’optimisation architecturale, programmatique, technique, HQE…

– un modèle 3D complet et précis qui offre un gain de temps des rendus

– une visualisation globale et détaillée pour une prise de décision rapide

– une facilité d’évolution du projet dans le temps

– une énorme base de données: quantitatif, CCTP…

– pas de triche possible

 

Les moins :

– modéliser l’ensemble du bâtiment demande du temps au démarrage

– un outil complexe sollicitant une certaine expérience

– une création des familles paramétriques longue à élaborer

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  • Le 08/04/2015 à 10h21

    Pour avoir eu une agence intégrant un ingénieur réseaux, et pu maitriser à la fois les plans archi et les plans de tuyauterie sur mes projets (52 logts) et d'autres comme dessinateur de l'ingénieur (piscine), je vois difficile de contrôler ce que les ingénieurs font de vos plans en BIM... ils modifient les cloisons derrière votre dos si le coude du tuyau ne passe pas??? si l'archi dessine les tuyaux il maîtrise tout (gain de 30% de surface et volume de gaine!) mais le 2D suffit pour des logements!!!

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