Le numéro d'octobre d'AMC est paru

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AMC272

Au sommaire du numéro d'AMC qui vient de paraître (n°272-octobre 2018): une enquête sur la caserne Pepe, onzième lieu infini de la Biennale de Venise, un dossier sur les bibliothèques hybrides, des détails sur les plafonds dessinés et une matériauthèque consacrée aux imitations. Mais aussi les réalisations du mois: un immeuble de bureaux à Clichy-Batignolles (Paris XVIIe) par Chartier-Dalix et Brenac&Gonzalez, le musée de Cluny (Paris Ve) par Bernard Desmoulin, une résidence pour chercheurs à Villefranche-sur-Mer par CAB, une salle de basket à Calais par bureau faceB, ainsi que des ateliers à Londres par Emrys. En référence, la sculpturale tour Totem d'Andrault et Parat au Front de Seine, à Paris (1976-1979).

 

Edito

 

Immodestie


Politiquement, l’architecture souffre depuis des décennies –depuis qu’elle est sortie du giron des «beaux-arts»– de son caractère transversal, à cheval sur l’esthétique, l’économique, le social et le technique. En témoignent ses nombreux changements de tutelle, entre le défunt ministère de l’Equipement et celui de la Culture. En témoigne aujourd’hui la frénésie législative sur les sujets qui la concernent –le logement, la restructuration du monde HLM, l’innovation dans le bâtiment, la revitalisation des territoires…– sans qu’elle ne soit jamais citée ni que la question de sa qualité ne soit posée. L’architecture est partout, donc nulle part. Peut-elle encore, au quotidien, «améliorer le monde»? Il semble qu’il n’y a plus guère que les architectes qui ont la faiblesse –et la légitime immodestie– de le penser. Prenons la toute récente loi Elan, qui réforme le logement. Députés et sénateurs se sont accordés le 19 septembre sur un texte où il n’est nulle part question d’architecture. Dans son objectif déclaré de «construire mieux, plus et moins cher», il est clair que seuls les deux derniers termes ont été pris en compte. Car donner la possibilité aux bailleurs sociaux de se passer du concours –moment privilégié de la réflexion– confinera le logement dans une standardisation figée. Prenons l’innovation, rendue quasi impossible par les normes et réglementations. La plus grande confusion règne: la loi LCAP de 2016 a institué un «permis de faire» –limité à la sécurité incendie et à l’accessibilité–, transformé et étendu en «permis d’expérimenter» dans la loi Essoc du 10 août (lire AMC n° 271). Et le 6 septembre, le ministère de la Cohésion des territoires ­présentait les sept lauréats d’un «permis d’innover», lancé avec ­Euratlantique, Euroméditerranée et Grand Paris Aménagement: bâtiments réversibles, béton recyclé, systèmes bioclimatiques, mais aussi boîtes à lettres grand format pour faciliter l’e-commerce! Prenons enfin les territoires. Le 20 septembre, le même ministère annonçait un plan de développement sur trois ans des «tiers lieux» –ces bâtiments hybrides qui réunissent plusieurs fonctions tout en créant du lien social. Depuis plusieurs années déjà, les bibliothèques ont évolué dans ce sens grâce à des élus, des programmistes et des architectes éclairés (lire notre dossier p. 55). Ils n’ont pas attendu les recommandations ministérielles pour œuvrer et s’adapter aux changements sociétaux.

 


Gilles Davoine, rédacteur en chef

 

 

 

 

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