Le numéro de novembre d'AMC est paru

Zoom sur l'image Le numéro de novembre d'AMC est paru
© AMC - AMC n°309-novembre 2022, couverture

Au sommaire du numéro d'AMC qui vient de paraître (n°309-novembre 2022) et disponible en format numérique: une enquête sur le boulevard périphérique de Paris, un dossier sur la biodiversité urbaine, des détails "surélévations" et une matériauthèque "biodégradables". Mais aussi les réalisations du mois: la réhabilitation du site historique de la Bibliothèque nationale de France, le quadrilatère Richelieu à Paris (IIe arr.) par Gaudin-Brégal ; un groupe scolaire à Nantes par Raum ; le nouveau siège de l'AP-HP par Chartier-Dalix à Paris ; et la transformation d'un immeuble de bureaux en logements par Data, à Paris également. En référence, le cimetière du parc à Clamart par Robert Auzelle.

Édito

Moi non plus

Ville résiliente, zéro artificialisation nette, réensauvagement, corridor écologique… des expressions nouvelles ont fleuri ces dernières années dans le vocabulaire de l'urbanisme, sans que l'on sache toujours bien quelle réalité elles recouvraient. Déclarations d'intention ? Pas toujours, puisque certaines sont désormais inscrites dans la loi Reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016 ou la loi Climat et résilience de 2021. Mais de la parole - ou de l'écrit - à l'acte, il y a un souvent un fossé.

Comme le disait le paysagiste Nicolas Gilsoul au Forum de la résilience, à Rouen, en octobre dernier, « entre les villes et la nature, on est encore sur le mode "je t'aime, moi non plus" ». Tant, depuis près de deux siècles, la ville industrielle s'est édifiée sur la destruction des milieux naturels. Tant les logiciels de la croissance économique et de l'urbanisation sont restés inchangés. Tant le citadin-électeur est preneur des agréments de la nature mais pas de ses inconvénients (les fleurs et les arbres, oui ; les limaces et les feuilles mortes sur les trottoirs, non !). Il n'en reste pas moins que l'écologie scientifique nous dit aujourd'hui que le retour de la nature dans la ville est tout simplement une question de survie, pour lutter contre les canicules et les îlots de chaleur, pour rendre l'air plus respirable, pour la santé physique et mentale, pour reconnecter l'homme à l'ensemble du vivant, végétal et animal. Les paysagistes ne disent rien d'autre depuis des décennies. Déjà, au XIXe siècle aux Etats-Unis, Frederick Law Olmsted concevait des villes à partir d'une armature verte et vivante, un système de parcs reliés les uns aux autres, innervant tous les quartiers. Un concept diffusé en France au début du XXe siècle par Jean-Claude-Nicolas Forestier, sans beaucoup d'écho. Nature et culture sont restés antinomiques et on a continué d'opposer la pierre au vivant, en privilégiant des modes de construction hostiles à l'accueil de la biodiversité. Notre dossier (lire p. 53) montre néanmoins que le regard est en train de changer, aussi bien chez les élus locaux que chez les architectes, parmi lesquels l'équipe Chartier-Dalix fait sans doute figure de pionnière en la matière. Et que l'architecture commence à accueillir et protéger la nature plutôt que de s'en protéger.

 

Gilles Davoine, rédacteur en chef

 

Le numéro de novembre d'AMC est paru
Découvrez tous les articles de ce numéro Consultez les archives 2022 de AMC

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital