DOSSIER

"Le risque inondation doit être le moteur d’une transformation urbaine durable", Denis Courtot, Directeur de l’aménagement et du développement, EPAMSA

Zoom sur l'image Le risque inondation doit être le moteur d’une transformation urbaine durable, Denis Courtot, Directeur de l’aménagement et du développement, EPAMSA
© Emmanuel Lemire - Denis Courtot, Directeur de l’aménagement et du développement, EPAMSA

Dans le cadre du dossier consacré à la construction en zones inondables, Denis Courtot, Directeur de l’aménagement et du développement à l'EPAMSA, valorise une conception "responsable" des villes, qui doivent être adaptables à des modes de vie que nous ne connaissons pas encore.

"Dans un cahier des charges, le risque inondation ne doit pas se réduire à ses attendus techniques et réglementaires, il doit au contraire être le moteur d’une transformation urbaine plus durable proposant de nouvelles façons d’habiter. Les exemples des noues, réalisations obligatoires qui assurent la gestion alternative des eaux de pluies, sont des “marques de fabrique” de nos projets urbains. Elles mettent en avant le parcours de l’eau de façon visible et pédagogique pour les usagers de la ville. Ainsi, les citoyens responsables auront-ils plus de scrupules à jeter leurs mégots dans les noues végétalisées que dans les bouches d’égout, même si c’est le même réseau! Nous réalisons des ouvrages facilitant l’infiltration des eaux de pluie au plus proche de l’endroit où les gouttes d’eau tombent. Ce qui permet de limiter le nombre et le dimensionnement des réseaux en béton et de diminuer considérablement le rejet instantané en rivière, qui se produit inévitablement avec l’imperméabilisation des sols.

 

La problématique est identique pour les zones d’expansion des fleuves et rivières. L’ensemble des normes et règlements applicables à un temps T peuvent être contradictoires voire même incompatibles. Il nous faut donc faire des choix. Une procédure “normale” d’aménagement dure aujourd’hui en moyenne cinq à six ans: les conséquences sur la programmation initiale doivent être appréhendées afin d’éviter le décalage possible entre le moment de la conception et les besoins réels au sortir des procédures. Notre rôle est de concevoir de manière “responsable” des villes qui auront la faculté de s’adapter à un mode de vie que nous ne connaissons pas encore. C’est la première démarche du “développement durable” urbain –la réversibilité, l’adaptation–, qui permettra aux générations futures de faire évoluer sans trop de difficultés les fragments de ville que nous créons aujourd’hui. À ce titre, la gestion de l’eau est un parfait exemple de la mutation des usages de la ville qui influe fortement sur sa morphologie."

Réagissez à cet article

Saisissez le code de sécurité*

Saisir le code

*Informations obligatoires

  • Le 02/02/2017 à 16h21

    Le risque d'inondation, pas le "risque inondation", svp... Ou alors, mettons-nous à parler de "permis construire", de "maître ouvrage" et "maître œuvre", si le "de" correctement placé n'a plus sa place dans la langue de l'élite intellectuelle.

  • Le 31/01/2017 à 12h06

    "Le risque inondation" se dit en français "le risque d'inondation". De même, "construction bois" se dit en vrai français "construction en bois" ; et "résidence étudiants" se dit "résidence d'étudiants" ou "pour étudiants" ; etc. Professionnels de la culture avant d'être des jargonneurs administratifs ou techniques, ne nous lassons pas de construire convenablement notre propre langue... Et notamment ses compléments de nom. Merci, chers confrères.

ANMA, écoquartier en méandre de fleuve à Carrières-sous-Poissy

Dossier spécial: zones inondables

Les inondations représentent, en France, le premier risque naturel: un bâtiment sur quatre y serait exposé et plus de 20% de la population française vivrait en zone inondable. Il est indéniable […]

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus