DOSSIER

Les 7 péchés capitaux inscrits dans la loi maîtrise d'ouvrage publique, par Michel Bourdeau, architecte

Michel Bourdeau, architecte

© François Bourdeau

 

 

 

1.        L’Acédie (ou Paresse spirituelle)

 

Les architectes n’ont plus aucun regard critique sur les choix opérés en amont du projet : site, programme, budget, utilité sociale. Ils répondent paresseusement aux pires absurdités.

Un avis d’appel concernant la construction d’un camp de concentration serait diffusé au Moniteur, ils répondraient avec enthousiasme et naïveté.

 

 

2.        L’Orgueil


Les architectes, par orgueil, revendiquent d’être mandataires, sans vraiment mesurer ce qu’implique cette entité juridique.

Un mandataire contrôle tout, décide de tout, signe tout.

Il doit donc être ultra majoritaire et percevoir au minimum 65% de la rémunération.

 

 

3.        La Gourmandise

 

Les architectes sont très gourmands : ils veulent tout manger mais n’obtiennent que des miettes. Tout le monde n’a pas l’estomac de Michel Ange.

L’Ordre national doit exiger que 100% de tout ce qui se bâtit sur le territoire national, tant en marchés privés qu'en marchés publics, soit contrôlé par les architectes : permis de construire, marchés de travaux, procès-verbaux de réception et de conformité.

 

 

4.        La Luxure

 

La Loi MOP est si perverse qu’elle permet aux bureaux d’études techniques de verrouiller et de dominer le marché. Vaste blanchiment d’argent propice à toutes les dérives : municipales, régionales, nationales.

Cette masse financière est une manne, une pieuvre, une orgie.

Il n’y a aucune raison pour que les architectes n’entrent pas dans cet Eden sucré.

 

 

5.        L’Avarice

 

Les architectes sont radins. Ils ne pensent qu’à leur petite gueule, leur carrière.

Ils ne cherchent plus à changer le monde, le territoire et la ville.

Les « Roms » peuvent crever, les sans-abri aussi.

Les pires sont les post-soixante-huitards, toujours aux manettes : salauds de pauvres.


 

 

6.        La Colère

 

Pourquoi les architectes ne renversent-ils pas la table ?

Parce qu’ils font tourner leurs petits ateliers avec des stagiaires, des salariés quadragénaires sans enfants, des bobos sans conscience. Miettes aux pigeons.

Le métier d’architecte doit permettre de gagner sa vie, comme un médecin de campagne ou un boulanger ; de rémunérer ses salariés correctement.



 

7.        L’Envie

 

L’envie d’architecture est le seul idéal qui s’offre à l’architecte.

Il doit donner, se dépouiller des faux-semblants, aimer avant de s’aimer.

Cela se verra sur ses bâtiments : essentiels, vrais, solides.

Pour l’instant, l’architecte ne donne plus très envie, et c’est tant pis pour lui.

 

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