Les Beaux-Arts de Paris et l'école d'architecture de Paris-Malaquais, à la rue

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© Des étudiant.es concerné.es de ENSBA Paris et de l'ENSA Paris-Malaquais - Cours de Rue, action conjointe des étudiants de l'école des Beaux-Arts de Paris et de l'ENSA Paris-Malaquais, 1er mars 2020

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Remontés depuis la décision du Conseil d’Etat de forcer la démolition d'un bâtiment dans l'enceinte de leurs établissements, pourtant en suroccupation quai Malaquais (VIe arr. de Paris), les étudiants de l'école des Beaux-Arts de Paris et de l'école d'architecture de Paris-Malaquais ont réalisé une performance artistique en pleine fashion week.

«Le privé nous met à nu, l'école est à la rue», brandissaient deux modèles vivants devant 65 étudiants de l'école des Beaux-Arts de Paris et de l'école d'architecture de Paris-Malaquais. Le cours de dessin donné rue Bonaparte à Paris (VIe arr.), devant l'enceinte des Beaux-Arts ce dimanche 1er mars 2020, était moins une performance artistique qu'un geste politique des étudiants, inquiets du sort fait à leurs établissements, colocataires quai Malaquais. Dans un communiqué, ils expliquent lutter ainsi "contre l’omniprésence du privé dans les institutions publiques et la précarisation étudiante, enseignante et du personnel administratif". C'est que les jours de l’extension de l’école d’architecture de Paris-Malaquais, hébergé sur le site des Beaux-Arts de Paris, sont comptés. D’ici le 31 décembre, l’établissement devra avoir démoli les bâtiments d'enseignement dits «Lenoir», glissés entre le palais des études et l’hôtel de Chimay, classés monuments historiques. Une décision du Conseil d’Etat, tombée le 29 novembre dernier. Depuis, les étudiants des deux établissements multiplient les manifestations collectives. Workshop interdisciplinaire, assemblées générales et même intrusion dans un événement privé organisé dans les Beaux-Arts par Louboutin sont autant d'occasions de s'insurger contre le peu d'espaces dont dispose l'école d'architecture, et plus largement contre les privatisations régulières des lieux de travail des deux établissements -privatisations à leur paroxysme à chaque fashion week. "Nous sommes convaincus qu’une école ne devrait pas dépendre de sociétés privées pour prospérer, d’autant plus si les espaces qu’elles occupent sont essentiels aux étudiants. L’école publique doit rester un bien commun à tous", revendiquent les étudiants.

En manque d'espace

L'annonce de la destruction des bâtiments «Lenoir» n'a fait que renforcer la colère. Certes, les édifices de 1000 m2 livrés en 2001 par les architectes Finn Geipel et Nicolas Michelin l’étaient à titre provisoire. Pour quatre ans exactement, le temps de pallier le manque de surfaces dévolues à l’enseignement de l'architecture dans l’enceinte des Beaux-Arts. Certes, il y fait froid l’hiver et chaud l’été, et les façades ont été quelque peu customisées. Mais les lieux n’ont jamais désempli, hébergeant ateliers de projet, salle informatique et laboratoires de recherche. Seulement la structure de verre et d’acier n’est pas du goût de François-Henri Pinault. Fâché que ces préfabriqués lui gâchent la vue depuis son hôtel particulier, c’est à lui que l’on doit la décision de la juridiction suprême. Et tant pis pour les étudiants, ils trouveront bien un autre toit pour travailler. "C'est bien parce que le ministère de la Culture n’a pas porté de projet pérenne pour le bon déroulement des activités des deux écoles sur le site des Beaux-Arts de Paris que ce bâtiment est encore investi", dénoncent les étudiants. Leurs actions s'inscrivent dans le mouvement de lutte des 20 écoles d'architecture de France, face à la précarisation de l'enseignement de la discipline.

 

 

 

© Des étudiant.es concerné.es de ENSBA Paris et de l'ENSA Paris-Malaquais - Cours de Rue, action conjointe des étudiants de l'école des Beaux-Arts de Paris et de l'ENSA Paris-Malaquais, 1er mars 2020

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