Logements et ateliers d'artictes, Paris Charles-Henri Tachon

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Cette opération parisienne de logements, ateliers d’artistes et commerce est caractérisée par une approche individualisée des espaces extérieurs et des typologies. Si la façade principale absorbe les irrégularités et fait masse au rythme de percements répétés, la multiplication des points de vue, des retraits et décrochés marque des échappées au sud gagnées en faveur de la transversalité des habitations.

La parcelle étirée en façade, car regroupant trois terrains, s’étend sur une ruelle faubourienne de faible hauteur, la rue du Nord (voir amc n°198), et débouche sur la rue des Poissonniers, large chaussée parallèle aux voies ferrées de la gare du Nord, traversant les périphériques pour terminer près du cimetière de Saint-Ouen. Cette dissymétrie de statut se ressent dans le traitement d’angle marqué par un sursaut de trois niveaux côté Poissonniers qui confère un caractère de petite tour au pignon, augmenté d’un pan coupé. Une cassure qui ne contredit pas l’idée de développé monolithique souhaité par l’architecte qui a travaillé la pluralité du programme comme autant d’entrées dans le projet, unifié par sa façade porteuse en béton armé planché. Un béton autoplaçant coulé en place, sans traitement de joints. L’acte plastique est revendiqué par Charles-Henri Tachon : « Réduire au minimum les intermédiaires entre la construction et l’espace défini par la structure. » Cette économie d’écriture est au service d’une lisibilité des propos. Une idée du logement social, d’abord : « Que tous les logements aient une perception claire du paysage, du milieu. Une reconnaissance topographique. Que tous les logements aient une existence urbaine identifiée. » La quête d’autonomie des habitations constitue un premier axe de réflexion. Presque tous les appartements sont accessibles par l’extérieur. Des étapes avant d’entrer, terrasses couvertes, ouvertes, escalier privé, courette suspendue, comme pour marquer, sans l’occulter, la vie privative par des manières de dilater les usages. Un escalier central éclairé naturellement, pas d’ascenseur et une vie sociale construite autour des paliers. Les parcelles juxtaposées ont été travaillées dans leur potentiel de relations avec l’extérieur, leurs possibilités de donner à voir, de mêler les champs de vision du fait de leurs accès nord longitudinaux. L’architecte cherche des échappées et pratique des retraits pour que s’installent des vues secondaires, perpendiculaires, intérieures, biaises, profondes que la seule façade sur la rue du Nord peut octroyer. De ces décrochés débouchent parfois des portes d’entrée vitrées alignées sur les baies et ouvrant sur une terrasse. Circulations et vues enchaînées, amplifiées. L’activité des cœurs d’îlots alentour s’invite ainsi dans le logement et l’incongruité de la parcelle ajoute à ces dépassements. Loin de l’esprit d’une ZAC. La construction attentive de ces rapports au dehors rejoint celle des cellules, traitées au cas par cas (T6 en duplex, T4 avec terrasse et séjour traversant, T3 en angle, studio traversant, etc.). « Qu’il se produise quelque chose quand on pousse la porte de chez soi », explique l’architecte. Chaque appartement – à la surface généreuse – est spécifique dans ses vues, sa typologie. Quelques constantes, des espaces repas distincts des salons pour libérer les séjours, des doubles circulations, doubles portes afin de diversifier les flux. L’effet de masse recherché rejoint ce travail sur les retournements, les épaisseurs mais aussi sur les percements. Les châssis bois sont logés derrière les murs béton. En façade, ne se décèlent que les percées. Pas de surépaisseur mais le béton qui fait peau et contient les équipements de ventilation, d’électricité. Les détails des cadres de fenêtres en retrait – avec appuis concaves – intégrant les stores et les rails racontent également cette volonté de limiter la lecture d’éléments secondaires au profit de la masse principale. Et de donner également à sentir « un rapport primitif à l’espace et à sa construction sans pour autant manquer de précision ». Des finitions brutes, souvent, mais détaillées, dessinées, comme le garde-corps des parties communes, les éléments de clôture, jamais boulonnés mais scellés. Réduire les intermédiaires et offrir un rapport d’évidence à l’usage. Ouverts directement sur la rue, les quatre ateliers d’artistes traités de plain-pied marquent par leur typologie et leur accès privatif saillant les rez-de-chaussée de la façade de la rue du Nord et profitent d’un éclairage zénithal au sud.

Pour achever le linéaire de façade enfin, un duplex de cinq pièces traité à la manière d’un immeuble villa. Accès privé depuis la rue, escalier extérieur donnant sur une cour suspendue dont la couverture béton est percée d’un disque. Ici aussi, la volonté de construire l’espace extérieur, de considérer les profondeurs, les manières de dilater le sentiment d’habitat, les relations entre la ville et la singularité des cœurs de parcelles.

lieu : Paris 18e.

maitrise d’ouvrage : SIEMP, Paris.

maitrise d’œuvre : Charles-Henri Tachon, architecte ; Hugo Clara, chef de projet. SIBAT, BET tce ; Eric Saure, Stéphane Crévoisier, chargés de projet.

programme : 8 logements PLUS, 4 ateliers d’artistes, 1 local d’activité.

surface : 947 m2 SHON, 573 m2 SHab.

cout : 1 840 000 € HT.

entreprises : SRC, entreprise générale (Vinci construction) ; Christophe Vaz, chef de groupe travaux.

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