Mobilier, systemes flexibles Entretien Avec Daniel Korb, fondateur de l’agence eponyme

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L’agence Korb + Korb Nous avons ouvert notre cabinet d’architecture en 1989 et avec le temps, élargi notre domaine d’activité au design et à la communication. Nous croyons qu’une vision holistique du monde est toujours nécessaire. Nous accompagnons nos clients dans tous les aspects du design, depuis la phase du développement du produit jusqu’à la phase finale de communication. Korb+Korb est synonyme d’un design simple et intuitif. Ci-contre: Tables de la collection ivolve, déployées en bureau et pliées en accroche murale.

Architecte et designer, vous êtes fondateur de l’agence Korb Korb. Que retenez-vous de votre double expérience en termes de projet de bureau ?

Nous avons expérimenté deux approches assez différentes. Dans la première, le mobilier est un élément entrant dans la conception même du projet d’architecture. Cependant, rares sont les clients qui vont jusqu’à intégrer le mobilier dans la conception. Dans la seconde, la plus fréquente, le bâtiment existe déjà. La pensée clé est alors de voir le mobilier plutôt comme un outil. Un mobilier dessiné de façon à s’intégrer aux différents scénarios possibles.

Sur quoi repose la distinction entre le travail de l’architecte et celui du designer ?

Une différence fondamentale existe entre les deux pratiques. Dans notre culture, construire signifie bâtir pour durer, souvent pour plusieurs générations, voire des siècles. Le mobilier et la technologie sont eux inscrits dans le temps présent et peuvent évoluer rapidement en quelques années. L’équipement est une partie du processus vivant d’un édifice, il est éminemment plus facile de changer de mobilier que de lieu : l’évolution des besoins se traduit donc souvent par un changement de meubles. Par ailleurs, la relation de l’architecte avec son client se caractérise traditionnellement par un lien fort et direct. Durant la phase de planification, une compréhension claire de ses besoins et attentes s’élabore. Nous sommes focalisés sur des souhaits spécifiques avant d’essayer de partager notre vision avec lui. A l’inverse, les designers ne connaissent pas personnellement les utilisateurs finaux de leurs produits, cela revient à créer pour un client anonyme. Dans ce cas nous essayons d’abord de développer une vision globale en identifiant des manques, pour offrir ensuite des outils à des solutions déterminées.

Voyez-vous un levier du changement dans le secteur du bureau ?

La technologie d’aujourd’hui est la grande force qui conduit l’évolution des besoins. Avec elle, l’homme a conçu un élément en constante évolution. Alors comme concepteurs, nous essayons de comprendre les deux aspects, le statique, le dynamique.

De quelle manière cela affecte-t-il le mobilier ?

Pour mieux appréhender les systèmes de mobilier de bureau, il faut porter son regard sur la relation entre la construction, le mobilier et le processus. Les constructions sont durables, liées à la culture et sont statiques. Elles représentent la scène. Les mobiliers ont un cycle de vie plus court (10-20 ans). Ce sont des outils pour l’acteur (client). Le travail (la vie) est dirigé par la technologie, très dynamique, mais lié à la culture avec une orientation plus globale. C’est le jeu. De notre point de vue, le mobilier est un instrument dans les mains d’un acteur (client) qui l’aide à jouer (processus/vie) sur la scène (construction). Comme nous devons faire face au renouvellement apporté par les technologies, le système du mobilier devrait agir tel un logiciel capable de s’adapter à l’évolution des besoins par des mises à jour périodiques.

Avec Herman Miller, vous avez mis au point la ligne de bureau Sense dont le montage est extrêmement simple et rapide. En outre, sa flexibilité permet de proposer un poste de travail ou plusieurs…

Sense commence avec un « s », qui signifie « simplicity », et termine par un « e » qui signifie « easy », ligne simple et d’usage aisé. Pour marier la performance avec l’usage, nous nous sommes dirigés vers une solution plug and play, à savoir branchez et utilisez. Pour l’aspect fonctionnel, tous les éléments branchés à la table sont simples à associer et à connecter. Suivant la logique d’un tour de clé, il suffit de tourner pour que les pièces se fixent automatiquement. Avec l’aide de la technologie moderne, nous pouvons travailler un peu partout, à la maison comme dans le lounge d’un aéroport. Le long du cycle de vie de Sense, les personnes ne s’assiéront pas seulement au bureau mais elles le monteront et démonteront en de nombreuses occasions, ajusteront sa hauteur, le déplaceront.

Détail parmi d’autres, plusieurs hauteurs permettent de régler le plateau des tables. Une réponse sonore, indique par ailleurs à celui qui l’installe que les pieds lui sont bien fixés. Comment concilier les aspects mécaniques à ceux du style ?

La création de Sense a impliqué une forte collaboration avec les équipes d’Herman Miller. La marque accueille le challenge à bras ouverts et elle est connue pour ses idées innovantes et son design, cela a été une grande expérience. Nous avions besoin d’un partenaire capable de maîtriser la complexité du libre assemblage des éléments. Or leurs équipes comptent parmi les meilleurs professionnels du secteur. De l’idée initiale jusqu’au lancement de Sense, nous avons travaillé étroitement avec la division développement, mais nous avons aussi participé aux processus de marketing et de vente.

Vous étiez déjà à l’origine d’un système de bureaux d’installation aisée, modulaire, nommé ivolve. Combien de temps s’est-il écoulé entre l’idée et le prototype pour arriver à sa commercialisation ? Et pour Sense ?

Les deux projets ont pris environ trois ans. Les processus de design et d’ingénierie n’en représentent qu’une partie. Cela paraît long, cependant, nous devions structurer notre temps pour pouvoir aboutir au résultat réellement attendu. Herman Miller réalise des produits de grande exigence, parfois iconiques. L’objet a été produit selon des standards de haute qualité et bénéficie de la garantie de la marque. Sense s’est passé de l’idée de bureau à celui d’un système global. Dans le processus de fabrication, 140 outils ont été utilisés et 5 brevets enregistrés. Cela peut sembler paradoxal, mais accéder à la simplicité sans perdre en performance est un défi et par conséquent un fort investissement en termes de temps. Il faut ajouter que la ligne est destinée à un marché global – corporate et domestique –, ce qui la rend encore plus compétitive.

Comment abordez-vous la conception d’un élément de bureau ? Dans une perspective d’ensemble avec une vision d’architecte ou bien comme un univers en soi, avec le regard du designer ?

Les deux se complètent. Le point de vue de l’architecte nous donne une compréhension globale de l’espace et le point de vue du designer nous livre un outil qui fonctionne. Dans le meilleur des cas les deux points de vue nous conduisent à une synthèse réussie.

Dans le processus de conception, entre forme et fonction de l’objet, qu’est-ce qui prime ?

A Korb Korb, nous croyons que la forme sans fonction n’est pas une bonne solution. D’autre part nous n’ignorons pas l’esthétique et sommes profondément convaincus que la beauté de chaque objet est très importante. Des éléments complexes comme Sense demandent une forme simple, ce qui est la conclusion esthétique d’une société technologique, qui a appris à se concentrer sur l’important. Sense a été créé en ayant à l’esprit la fonctionnalité. Il a une esthétique utile qui doit exprimer une simplicité. Il fonctionne bien et fait ce qu’il doit faire.

Dans le mobilier de bureau, quels sont vos matériaux de prédilection ?

Nous choisissons les matériaux par rapport aux tâches qu’ils doivent remplir, sans préférence pour un matériau spécifique, au-delà de la fonction pure et du besoin à la base de hauts critères environnementaux d’Herman Miller.

Quelles propriétés attendez-vous encore d’un matériau pour pouvoir réaliser un objet inédit ?

Des matériaux légers qui cumulent un coût réduit avec le respect de l’environnement et suffisamment robustes. La question durable ne peut plus être ignorée si l’on exerce sérieusement la profession de designer, d’autant que la résolution des problèmes de l’environnement ne contredit pas nécessairement les objectifs économiques.

Avez-vous en tête un défi qui vous résiste et que vous n’avez pas encore relevé ? Lequel ?

Etre à l’initiative d’un réel progrès serait le plus grand défi. Nous apprenons que sauver des ressources nous amène à un double gain : une action respectueuse et une économie financière. Notre conviction est que ce progrès est possible. Mais faire des choses qui ont du sens n’est pas si simple.

Comment imaginez-vous l’avenir de ce secteur ? Quels paris pensez-vous que les concepteurs, designers et/ou architectes devront relever voire lancer ?

Il y a un clair besoin de maîtriser les problématiques de l’environnement, et tout ce qui peut être fait pour la planète doit attirer notre attention. D’autre part, beaucoup de choses de nos jours qui ne sont qu’une perte de temps et d’énergie sont associées au design. Le terme lui-même est si présent qu’il risque de perdre son sens. Si l’on croit, pris dans le sens holistique, que le design doit améliorer le monde, il ne devrait jamais y avoir assez de bons projets et il y aura toujours quelque chose qui n’a pas été encore réalisé.

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