Flashback : Novembre 1971, avis favorable pour le projet Piano-Rogers d'un « Centre du plateau Beaubourg »

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En haut. Façade du projet Piano-Rogers rendu au concours de 1971.

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Permettre aux Français « d'accéder aux arts en brisant toutes les frontières » : c'était la lettre de mission de Georges Pompidou adressée à son ministre Edmond Michelet en décembre 1969. C'est le projet d'un septennat - et même d'un mécénat -, d'État. Créer un Musée du XXe siècle à Paris, c'est d'abord choisir un emplacement : le plateau Beaubourg, à un jet de pierre des halles de Baltard qui s'acheminent vers leur destruction. En ces années gauchisantes, le projet n'est guère apprécié dans les univers culturels. On y voit encore une fois la mainmise de l'État. Les fonctionnaires vont alors jouer cartes sur table. En août 1970, Robert Bordaz est nommé délégué pour la réalisation du « Centre du plateau Beaubourg » et choisit la voie d'un concours international à un seul tour avec projets rendus sous anonymat. 

Un programme souple et une idée simple : réconcilier l'art et la vie pour le plus grand nombre. Des esquisses sont attendues, et l'on espère beaucoup de la jeunesse, messianique en ces lendemains de Mai-68. Gagné ! En juillet 1971, le jury retient le projet n° 22123 de deux inconnus : une « machine » culturelle dont le mouvement est rythmé par son grand escalator zébrant la façade principale - d'abord en Y sur le projet originel avant de donner naissance à la célèbre chenille.

 

Jean Prouvé est séduit. C'est lui qui fait pencher le jury qu'il préside - après avoir hésité à concourir lui-même. Un jury qui compte notamment Niemeyer, Aillaud ou l'influent Philip Johnson. À l'issue d'une dizaine de journées de travaux, Prouvé déclare : « Ce bâtiment nous apparaît comme marquant une étape dans la construction actuelle. C'est pour nous essentiel. Nous nous sommes trouvés devant 680 projets, approximativement, et nous nous sommes sentis très vite allergiques au grand geste architectural. La simplicité nous a attirés. Et nous avons découvert une chose en faisant connaissance avec les auteurs : ils sont jeunes, et c'est important. Ça nous a beaucoup plu. » Problème, ils sont étrangers. Et plusieurs architectes renâclent devant cette trahison du « goût français ». Pour convaincre, le projet est donc exposé au Grand Palais. On ne parle pas encore de « Notre-Dame-des-Tuyaux » ou de la « Raffinerie », mais déjà d'usine, de boîte, de prison, et même d'erreur monumentale. L'intérieur est à l'extérieur, les tripes à l'air. Les architectes ont pensé système plutôt que monument.

Du caractère en couleurs

Le 14 novembre 1971, le conseiller de l'Élysée Henri Domerg écrit une drôle de note à Jacques Rigaud, alors directeur du cabinet du ministre des Affaires culturelles. « Le Président de la République a, vous le savez, examiné récemment la maquette du futur Centre Beaubourg. Il a pour sa part donné un avis favorable au projet qui lui a été présenté, étant entendu qu'il paraissait encore perfectible sur certains points. L'un d'entre eux mérite une attention particulière : il s'agit de la tonalité des couleurs qui donnerait à l'ensemble une part de son caractère. La maquette actuelle est uniformément blanche. Le Président de la République, pour sa part, pense que le recours à un coloriste de talent (il pense notamment à Vasarely ou à Agam ou à Cruz Diez) serait une bonne chose. » Les architectes croyaient avoir gagné, mais pendant trois ans ces « coloristes » vont rôder autour de la maquette qui passera par toutes les nuances : marron, « bleu de France », « gris bleu pâle »... En janvier 1974, encore, Vasarely penchait franchement vers la couleur argent pour les éléments importants et l'outremer pour les secondaires. Rue du Renard, il voyait bien du blanc... Beaubourg donna lieu à un concours, historique désormais, mais les procédures étaient loin d'être fixées ! C'est d'ailleurs Jean Dewasne qui, recevant Piano et Rogers dans son atelier du Marais, les aurait convaincus d'un Centre coloré... Dewasne qui écrira plus tard que Beaubourg était au fond sa « plus grande antisculpture » ! Printemps 1972, le chantier débute. La légende est en marche.

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