Olivier sidler (énergéticien, directeur d’enertech) « les spécificités des tours les rendent très consommatrices en énergie. »

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© Thierry Gachon - PHOTO - siedler.jpeg

Outre l’inconvénient de porter une ombre importante sur les autres constructions du quartier, une tour consomme beaucoup plus d’énergie par mètre carré qu’un immeuble courant. En moyenne, la consommation d’énergie primaire d’une tour est supérieure à 500 kWh/m2/an. Il faudrait faire des campagnes de mesures dans les tours actuelles qui prétendent être bien conçues pour vérifier les objectifs vertueux annoncés car les spécificités mêmes des tours continuent à les rendre plus consommatrices. L’un des postes de consommation les plus importants (hormis la bureautique) est la ventilation qui ne peut être que mécanique. Les tours posent de gros problèmes de confort l’été, la production interne de chaleur étant trop importante et son évacuation très problématique. Le recours à de très grandes surfaces vitrées afin d’améliorer le confort visuel est l’une des raisons de ces surchauffes. Les tours sont d’une grande complexité technique, qui sera toujours source de pannes et de dysfonctionnements.

Dans la perspective des textes issus du Grenelle de l’Environnement, les tours ne pourront jamais satisfaire les exigences réglementaires en vigueur pour les bâtiments courants. Elles devront donc bénéficier de textes dérogatoires. D’autre part, la réalisation d’une tour consomme 50 % de plus d’énergie grise (énergie investie dans l’élaboration des matériaux et leur élimination en fin de vie) au mètre carré qu’un bâtiment classique. Enfin, la liaison de la tour et du tissu urbain alentour est fondamentale pour établir le bilan énergétique global. Certes une tour utilise mieux l’espace au sol, mais elle interdit toute construction à proximité, ce qui relativise son intérêt. Et si les usagers doivent finalement faire de longs trajets pour atteindre le bâtiment, les études montrent que l’énergie des déplacements est très supérieure, pour chaque usager, à l’énergie (tous usages confondus) qu’il consomme dans la tour. Il faudrait qu’un débat sérieux et multicritères s’engage rapidement autour de ce problème.

Olivier sidler (énergéticien, directeur d’enertech) « les spécificités des tours les rendent très consommatrices en énergie. »
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