Philippe Prost, Grand Prix national de l'Architecture

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© El Boton Rojo - Philippe Prost, architecte, lauréat du Grand Prix national de l'Architecture

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Philippe Prost, l'architecte du mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais) ou encore du réaménagement de l'Hôtel de la Monnaie à Paris, penseur du travail sur l'existant et enseignant reconnu, reçoit le Grand Prix national de l'Architecture. Attribué par le ministère de la Culture, c'est la plus haute distinction en architecture, en France. Renée Gailhoustet reçoit également un Grand Prix d'honneur, reconnaissance attendue pour son apport majeur à l'histoire récente du logement social.

À l'occasion du lancement des Journées nationales de l'architecture, la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, a dévoilé le nom du lauréat du Grand Prix national de l'Architecture : Philippe Prost, spécialiste de la transformation de l'existant, patrimonial comme plus ordinaire. La distinction salue ainsi la persévérance d'un professionnel en phase avec les préoccupations architecturales contemporaines. Né en 1959, diplômé en 1983 de l'école d'architecture de Versailles et, en 1989, de l'École de Chaillot, Philippe Prost fabrique un "art de la transformation" qui interroge les tensions entre le déjà-là et sa nécessaire actualisation, à toutes les échelles (de l'îlot à l'édifice) et sous toutes les formes d'intervention, de la conservation à la réhabilitation, à la reconversion ou au recyclage.

Passé, présent, futur

Grand érudit et pédagogue reconnu au sein de l'école de Paris-Belleville, Philippe Prost met la recherche au cœur de ses travaux, à l'amorce des projets de son agence, "pour prendre du recul sur des questions de société qui parfois dépassent le cadre de la seule maîtrise d’œuvre". En 2019, la publication de l’ouvrage Par art et par nature, architectures de guerre (Edifiantes éditions), témoigne de la poursuite d’une recherche engagée il y a maintenant trente ans sur la compréhension et la transformation de ce patrimoine, de la réhabilitation des citadelles Vauban de Belle-Île en Mer, de Lille ou d’Arras à la revalorisation du château de Caen. Il résulte de cette attention fine aux enseignements de l'histoire, une production exigeante et sensible, en phase avec les usages d'aujourd'hui ; où existant et neuf cohabitent sans heurt, sans s'affaiblir réciproquement, où ils créent ensemble de nouveaux espaces à l'image cohérente. Les réalisations de l'agence de Philippe Prost en témoignent, de la réhabilitation de l'ancien coron la Cité des Électriciens de Bruay-la-Buissière (2019, Pas-de-Calais), pour y révéler les qualités de l'habitat ouvrier, au travail sur le patrimoine industriel comme à la Cartoucherie de Bourg-lès-Valence (2009, Drôme), envisagée dans sa capacité à refaire de la ville. Jusqu'au réaménagement de monuments pour les faire entrer dans le présent, comme à la prestigieuse Monnaie de Paris (2017, VIe arr.), où la mise aux normes, invisible, laisse la place à une appréhension par les sens de l'espace. Dans cette architecture du XVIIIe siècle à la stéréotomie puissante et raffinée, Philippe Prost fait raisonner le calcaire blond de la pierre et le métal qui signe tous les apports contemporains (inox, cuivre, laiton, acier, en sol, parement, résille, en structure et panneau plein ou perforé). En 2014, c'est à la mémoire impalpable et pourtant prégnante de la Grande Guerre 1914-1918 que l'architecte donne corps, en dressant un anneau majestueux de 350 m de circonférence au-dessus des plaines de l’Artois (Hauts-de-France), où sont tombés des combattants de toutes origines. La rigueur de la forme, véritable ouvrage d'art distingué par le prix "Culture, jeunesse et sport" au palmarès de l'Equerre d'argent 2014, a imposé des choix techniques audacieux : le mémorial est constitué de 122 voussoirs en béton fibré à ultra-haute performance (BFUP) de 3,50 m de haut et 2,55 m de large, préfabriqués. Le lieu, qui saisit par son ampleur et la qualité de sa mise en œuvre, impose le recueillement.

 

L'approche de Philippe Prost, édictée avec beaucoup de clarté dans sa leçon inaugurale de l'École de Chaillot, Pas de création sans mémoire (Éditions Cité de l’architecture & du patrimoine, 2016 ; à revoir en ligne), ne sanctuarise pas les traces du passé mais les relient au futur. Un parti éminemment actuel, inspirant pour les futurs architectes en quête de nouveaux modèles architecturaux, de nouvelles doctrines intellectuelles, et dont le travail sur l'existant doit désormais constituer un savoir-faire ordinaire.

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Par art et par nature / Architectures de guerre, Philippe Prost.

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