Philippe Rizzotti, architecte: «des projets anciens présentent une empreinte carbone bien inférieure aux seuils fixés par la RE 2020»

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En s'emparant de la question du carbone, la problématique environnementale achève de se transformer en projet de société. Apparue discrètement en 2016 avec l'expérimentation du label Energie positive réduction de carbone (E+C-), la prise en compte du poids carbone des bâtiments devient un élément central du projet architectural, encadré par l'entrée en vigueur de la RE 2020, le 1er janvier 2022. La conception doit se repenser à l'aune d'une notion qui était quasiment inconnue il y a à peine dix ans, et inédite dans l'histoire de l'architecture. Point de vue de l'architecte Philippe Rizzotti, commissaire de l'exposition "L'empreinte d'un habitat", au Pavillon de l'Arsenal.

" Personne n'avait jamais comptabilisé le carbone embarqué dans un projet avant qu'il ne devienne un indicateur du réchauffement climatique. Après avoir travaillé avec mes étudiants de l'école d'architecture de Nancy sur la question du poids des bâtiments, j'ai voulu évaluer leur empreinte carbone. Nous nous sommes basés sur 33 exemples d'habitats marquants de l'histoire de l'architecture, des cas suffisamment documentés pour se prêter à l'exercice. Avec l'équipe de la chaire de construction durable à l'EPF de Zürich, dirigée par Guillaume Habert, nous avons défini une méthodologie croisant la maquette numérique de chaque projet avec les données carbone publiées par le KBOB[2] . Nous avons ajouté deux indicateurs qui constituent pour nous des clés d'avenir: le nombre de composants différents et leur quantité totale, afin d'évaluer la complexité des systèmes et leur efficacité de mise en œuvre. Notre corpus montre que chaque période de crise stimule l'invention d'alternatives constructives dont l'économie de moyens est l'enjeu principal. La maison F 8 x 8 BCC [voir schéma ci-dessous], dessinée par Jean Prouvé et Pierre Jeanneret en 1942 n'emploie que 284 composants de 43 types différents. En comparaison, il faut aujourd'hui plusieurs centaines de tuiles pour la couverture d'une maison individuelle utilisant les modes de production courants. Limiter la quantité de matière doit être un objectif, quel que soit le matériau utilisé. Une autre idée sous-jacente est de considérer tout bâtiment existant comme un gisement. Vaut-il mieux construire des ouvrages dont on pense qu'ils vont durer éternellement, ou utiliser plusieurs fois les matériaux que l'on met en œuvre ? L'or est un bon exemple de recyclage : on est capable de le refondre et de le transformer à l'infini. Même sans prendre en compte le réemploi, ces projets pourtant anciens - présentés dans l'exposition "L'empreinte d'un habitat" - sont bien en dessous des seuils fixés par la RE 2020. Il y a une marge de progression considérable en adoptant un regard transverse, en améliorant les méthodes de construction et en consacrant davantage de moyens à la conception. Cela demande cependant une montée en compétences de tous les acteurs, architectes compris. "

 

Philippe Rizzotti

 

Décomposition de la maison F 9 x 8 BCC, Jean Prouvé et Pierre Jeanneret arch., 1942.

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