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Quatre mesures phares de la Stratégie nationale pour l'architecture

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On n'arrête plus Fleur Pellerin à propos de l'architecture. Après avoir défendu le projet de loi CAP (création, architecture, patrimoine) devant les députés au début du mois, la ministre de la Culture a présenté ce 20 octobre 2015, sa Stratégie nationale pour l'architecture (SNA) dont voici quatre mesures phares.

Fleur Pellerin n'est pas venue seule présenter sa très attendue Stratégie nationale pour l'architecture (SNA) ce mercredi 20 octobre 2015. Devant l'amphi bondé de l'ENSA Paris-Belleville, elle était accompagnée du député Patrick Bloche, rapporteur de la loi création, architecture et patrimoine (CAP) et des architectes (Paul Chemetov, Frédéric Bonnet et Marc Barani et les Ajap 2014, Boris Bouchet, Lucie Niney et Marie Zawistowski) qui ont participé à la rédaction du rapport inspirateur de la SNA. "Beaucoup des choses que nous avions suggérées ont été retenues, mais nous allons continuer le travail pour que les idées ne se perdent pas", a précisé, enthousiaste, Boris Bouchet, avant la présentation de la ministre. Celle-ci s'est d’ores et déjà engagée à poursuivre, pendant l'année à venir, le travail avec les groupes de réflexion. Un état des lieux sur la mise en œuvre de la SNA sera organisé à l'occasion de la première Journée nationale de l'architecture, à l'automne 2016. L'événement est l'une des actions lancées par le minsitère. En voici quatre autres, représentatives de l'intégralité des mesures de la stratégie qui s'intéresse aussi bien à la formation des maîtres d’œuvre qu'à la sensibilisation des maîtres d'ouvrage et du grand public et à la valorisation de l'expérimentation dans le projet, en s'appuyant, beaucoup, sur les écoles d'architecture.

 

1. Former les élus aux problématiques architecturales

C'est ce que déplore le plus souvent les architectes, le peu de connaissance en la matière de leurs maîtres d'ouvrage. Parmi ses premières mesures, la SNA prévoit la mise en place de formations pour les élus, les cadres de l'administration territoriale et de l'État. Courant 2016, des expérimentations en formation initiale ou continue doivent être mises en œuvre dans les Écoles nationales supérieures d'architecture (ENSA) pour sensibiliser les maîtres d'ouvrage aux enjeux de l'architecture et du cadre de vie sur le modèle de la collaboration entre l'École nationale d'administration et l'ENSA Paris-La Villette. Des partenariats pourront être imaginés dans un deuxième temps avec les instituts de formation des agents de la fonction publique territoriale. Charge aux CAUE de former les élus, comme prévu dans la loi CAP.

 

2. Évaluer la plus-value économique de l'architecture

Ce ne sera pas évident, mais la SNA s'y engage: donner un prix à l'architecture. Comment quantifier la valeur de l'adéquation aux besoins de ses usagers d'un bâtiment, sa prise en compte des exigences environnementales actuelles ou encore son ingéniosité technique? Une équipe d’économistes sera chargée du calcul par le ministère de la Culture et celui de l'Économie courant 2016 pour une restitution mi-2017. Elle devra quantifier la plus-value apportée par la conception et la réalisation d'un projet architectural sur la valeur d'un édifice et calculer le bénéfice économique qu'un particulier, un professionnel de l'immobilier ou acteur territorial peut en retirer. Vaste programme. « Si l'architecture est un art, c'est également une entreprise économique », rappelle Catherine Jacquot, présidente du Conseil national de l'ordre des architectes, satisfaite de la proposition mais qui appelle à la création d'un Observatoire de la commande publique et privée, utile à l'identification de cette valeur de l'architecture.

 

3. Organiser les assises du BIM

Le BIM fait peur à beaucoup de professionnels alors que d'autres ont pris le sujet à bras le corps. Si le débat fait rage, on regrette surtout l'absence d'une réflexion collective des architectes sur ce processus de conception collaboratif du projet. Une lacune qui réduit chaque jour un peu plus leur périmètre d'action au profit des autres acteurs de la construction. Quelles influences a le BIM sur le projet architectural? Ou encore, quels accompagnements imaginer pour les agences dans leurs investissements pour passer au BIM? La SNA annonce que l'ensemble des écoles d'architecture, avec les conseils régionaux de l'ordre des architectes et d'autres partenaires doivent organiser au printemps 2016 les premières assises du BIM. L'occasion de répondre enfin à toutes ces questions.

 

4. Évaluer et réviser l'HMONP

La rentrée universitaire 2016-2017 s'annonce riche en changements dans les écoles d'architecture. Au programme, la création du statut unique d'enseignant-chercheur. C'est l’un des chantiers réglementaires du ministère dont l'aboutissement est prévu courant 2016. Le ministère prévoit également de lancer une campagne nationale d'évaluation - et pourquoi pas de révision - de l'Habilitation à l'exercice de la maîtrise d'œuvre en son nom propre (HMONP). Il est notamment envisagé d'élargir à de nouvelles structures publiques ou privées les lieux de stages. À charge également des ENSA de créer, dès la rentrée 2016-2017, des chaires partenariales de recherche réunissant des acteurs académiques, professionnels et économiques et des collectivités locales sur des thématiques d'actualité (économie circulaire, rénovation du patrimoine récent, etc). Enfin, si les doctorants peinent à attirer les grandes entreprises, on déplore également leur absence dans les agences d'architecture. La SNA vise donc à insérer un quart des doctorants en architecture, soit une centaine, au sein de structures professionnelles d'ici 2020 via des conventions Cifre, des crédits impôt recherche...

 

 

Que les professionnels se rassurent, la trentaine des mesures prévues par la SNA étoffe bien les quelques actions déjà validées dans le projet de loi CAP, adopté à l'Assemblée nationale en première lecture le 6 octobre 2015 (abaissement du seuil de recours obligatoire à un architecte à 150 m², création d'un label pour les bâtiments de moins de 100 ans, aménagement obligatoire des lotissements par un architecte...). La SNA se veut ambitieuse mais ces mesures ne passeront pas toutes par le cadre législatif. Certaines sont d'application immédiate suivant la bonne volonté des acteurs de l'architecture, d'autres dépendent directement du ministère de la Culture et devraient être mises en œuvre rapidement. D'autres encore ont un calendrier plus incertain car elles sont tributaires du lancement d'une réflexion interministérielle.

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