DOSSIER

Régis Roudil: "Positivons, cela nous laisse du temps pour mûrir nos intentions fondamentales, réfléchir à l’avenir de nos villes, à nos modes de vie"

Zoom sur l'image Régis Roudil: Positivons, cela nous laisse du temps pour mûrir nos intentions fondamentales, réfléchir à l’avenir de nos villes, à nos modes de vie
© Gaston F. Bergeret – Cité de l’architecture & du patrimoine, Paris, 2018 - Régis Roudil archietcte, Atelier Régis Roudil architectes

Articles Liés

Coronavirus: faire tourner l'agence d'architecture à l'heure du confinement

Coronavirus: les représentants des architectes, inquiets d'une reprise "à risque" des[...]

Télétravail, chômage partiel, poursuite des études, reprise ou arrêt des chantiers. L'organisation des architectes est mise à rude épreuve par le confinement imposé pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Pourtant, dans les agences -ou plutôt hors les agences-, les échanges entre associés, salariés, co-traitants et clients se poursuivent, la division du travail s'adapte au fil de la situation, la gestion des projets s'optimise. Comme en temps de crise économique, les architectes français repensent leur système de production pour passer l'orage. Et ils envisagent déjà l'après, les leçons que la profession et le monde de la construction devront tirer de la situation actuelle. L'architecte Régis Roudil répond aux questions d'AMC.

AMC: Le confinement imposé pour lutter contre l'épidémie de coronavirus installe le télétravail dans la durée. Comment l'activité se poursuit-elle dans votre agence? Comment adaptez-vous vos installations et votre organisation au fil du temps?

Régis Roudil: L'activité existe encore pour l’instant, nous roulons sur l’inertie de l’avant confinement. L’activité est cependant partielle et de très courte visibilité. Factuellement, nos chantiers se sont arrêtés, les études se poursuivent très doucement et les maîtres d’ouvrages freinent car ils ont les mêmes incertitudes. Positivons, cela nous laisse beaucoup plus de temps pour échanger, pour mûrir nos intentions fondamentales, réfléchir plus longuement aux projets, à l’avenir de nos villes, à nos modes de vie, à l’évolution potentielle de nos milieux...

 

Nous fonctionnons principalement en télé-travail. Je conserve le lien physique avec l’énergie positive de l’atelier en m’y rendant régulièrement, tandis que les stations de travail se sont déplacées chez chacun des collaborateurs. Nous essayons de garder le planning d’organisation initial avec des réunions par projet, des points globaux les lundis, etc. Cependant les délais s’allongent pour transmettre une idée ou pour résoudre une problématique. Nous perdons en réactivité et en efficacité.

 

Avez-vous recours au chômage partiel?

Oui, nous sommes en activité partielle, 30% de moins pour le mois de mars. Actuellement, trois de nos quatre chantiers sont à l’arrêt.

 

D'après vous, quels dangers risquez-vous face au prolongement du confinement?

L’inertie de l’avant confinement risque de disparaître rapidement, le travail va se tarir et se raréfier. Le suivi des projets (études ou chantier) peut perdre en continuité qualitative. L’un des risques est d’être obligé de faire certains choix qui ne vont pas dans le sens d’une évolution positive. Quels choix? Je ne sais toujours pas.

 

Comment envisagez-vous l'après confinement?

Difficile de le dire ou de le prévoir. Un réveil citoyen? Une approche sensée? Un retour sensible aux territoires? L’après-confinement sera certainement très dur, la profession souffre. Pour le moment, nous croyons fortement en notre avenir.

 

Propos recueillis par Margaux Darrieus

Réagissez à cet article

Saisissez le code de sécurité*

Saisir le code

*Informations obligatoires

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital