L’architecte chinois Wang Shu, âgé de 48 ans, a remporté fin février le prix Pritzker 2012. Son agence, « Amateur Architecture », qu’il a créée avec sa femme Lu Wenyu en 1997, est installée au sud de la Chine, à Hangzhou, sa ville natale. En rupture avec la production standardisée des grosses agences d’architectures publiques héritées du communisme, il y développe une pensée personnelle qui place l’humain, l’artisanat et l’environnement au cœur de sa pratique architecturale.
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Wang shu, pritzker prize 2012 « j’utilise des matériaux traditionnels couplés à des procédés constructifs modernes. »
- Entretien réalisé par Hélène Reinhard
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Vos réalisations laissent supposer un parcours peu banal. Comment avez-vous débuté ?
Au début des années 80, la première école d’architecture chinoise a vu le jour, à l’université du sud-est. C’est là que j’ai étudié. Avant la création de cette école, il n’y avait pas d’enseignement de l’architecture et pas non plus d’architecture, d’ailleurs. L’enseignement était très vieux jeu, similaire au système des Beaux-Arts à Paris. En Chine, c’était l’époque où les gens s’ouvraient à d’autres idées, où de nouvelles visions émergeaient. J’étais un étudiant perturbateur. Les professeurs ont refusé de me donner mon diplôme car ils me considéraient comme un mauvais élève. C’est ce qui a marqué le début de mon engagement : j’ai commencé à rêver d’une nouvelle manière d’enseigner et d’exercer le métier d’architecte, dans une atmosphère de liberté.
Vous avez commencé à exercer sans [...]
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N°214
datant de avril 2012