Yona Friedman, 1923-2020

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© Manuel Bidermanas / akg-images - Yona Friedman / Photo 1968

Yona Friedman, architecte français d’origine hongroise, né en 1923 à Budapest. Dans son appartement parisien, le 25 juin 1968.

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Quelques jours après le critique d'art Michel Ragon, c'est un autre membre du Groupe international d'architecture prospective (Giap) qui s'éteint. Yona Friedman, figure des utopies architecturales s'en est allé. "Après 96 ans sur cette terre, Yona est monté construire une Ville spatiale dans le ciel", a annoncé Le Fonds de Dotation Denise et Yona Friedman, crée l'année dernière à son initiative.

Né en 1923, l’architecte d’origine hongroise Yona Friedman s’installe à Paris en 1957. En 1958, il publie L’Architecture mobile, ouvrage dans lequel il décrit une mégastructure aménagée par ses usagers. Membre du Groupe international d’architecture prospective (Giap) fondé par le critique d’art Michel Ragon en 1965, il développe une utopie attachée à la dimension sociale, proche de Paul ­Maymont ou Jean-Louis Chanéac. Ses sources sont à chercher du côté de la City in Space (1925) de Frederick Kiesler et des structures modulaires tridimensionnelles des hangars de Konrad Wachsmann (à partir de 1951). Sans oublier le Merzbau (1919-1933) de l’artiste Kurt Schwitters, une construction habitable élaborée dans sa maison de Hanovre qui a fortement influencé Friedman, dont l’onirique appartement dans le XVe arrondissement de Paris est une œuvre à part entière.

Ville spatiale

Avec son concept de «ville spatiale», Yona Friedman imagine un urbanisme tri­dimensionnel au-dessus de la ville existante, composé de structures que rempliront eux-mêmes les habitants. On se prend à rêver avec lui de la mise en œuvre de ces nappes d’ossatures sur pilotis ­au-­dessus du Paris historique, aux Batignolles ou aux Halles… Il détaille toutes ses propositions dans des manuels aux textes illustrés comme des bandes dessinées. «L’erreur de l’architecture courante est d’être une sculpture agrandie; l’espace architectural a été trop oublié; l’architecture ne doit pas avoir de façade mais un intérieur qui change», martelait Yona Friedman.

Rythmes de vie

Autogestion, mobilité, recyclage et réversibilité étaient les maîtres mots de cet esprit antidogmatique dont l’influence s’est fait r­essentir chez Moshe Safdie comme chez Anne Lacaton et Jean-Philippe ­Vassal. «Aujourd’hui, l’architecture peut suivre le rythme de la vie de ses habitants», affirmait-il. Et de traduire cette idée dans ses maquettes d’études, déposées dans les collections du Centre national des arts plastiques (Cnap), élaborées à partir du recyclage de matériaux de son quotidien: plastique, carton, polystyrène, fils de fer. Chacune est reliée à son mode d’emploi pour une réalisation grandeur nature. ­Différentes techniques reviennent: le froissé, le lamellaire, le «Space Chains», les conteneurs, les cylindres,  le gribouillis, la «Merz Structure» (fondée sur la notion d’aléatoire).


L’unique réalisation architecturale signée Yona Friedman en France est le lycée Henri-Bergson (1979-1980) ­d’Angers. Conformément à son utopie, l’architecte en a confié la planification aux professeurs, administrateurs, élèves et parents. Cette construction, dont la conception des plans est guidée par les déplacements, mériterait une recherche approfondie. Les trop rares images des différentes étapes du projet donnent envie d’en savoir plus sur cette œuvre expérimentale.

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