Agora 2017: comprendre ce qu'est le paysage

Parmi la kyrielle d'événements que propose la nouvelle édition d'Agora, la foisonnante biennale d'architecture, d'urbanisme et de design de Bordeaux ouverte du 14 au 24 septembre 2017, l'exposition "Paysages augmentés" présentée au Hangar 14 et conçue par le paysagiste Bas Smets fait œuvre de pédagogie.

 

Agora 2017, Biennale de Bordeaux, Hangar 14 - © Canalcom
photo n° 1/5
Zoom sur l'image Agora 2017: comprendre ce qu'est le paysage

Invité par la métropole de Bordeaux à investir du 20 au 24 septembre 2017 le Hangar 14, le paysagiste bruxellois Bas Smets n'y est pas allé par quatre chemins: il a planté 300 arbres au rez-de-chaussée de l'ancien entrepôt, centre névralgique d'Agora jusqu'au 24 septembre 2017. Plus exactement, il a détourné les chênes, aulnes, sorbiers et autres érables qui animeront dès l'automne prochain sa Brazza Line -ancienne ligne de chemin de fer qui borde le quartier de Brazza de Bordeaux et vouée à devenir une promenade plantée-, pour en faire une forêt en pots. Pourquoi? "Pour montrer comment un paysage se construit, explique le paysagiste. Les Bordelais ont vu les arbres arriver au Hangar 14. Ils les verront repartir." De pédagogie, il en est question à tous les étages du hangar. La notion de "paysage" étant plutôt abstraite –y compris pour les initiés–, le parti est bienvenu. Alors, au cœur de la forêt du rez-de-chaussée, la métropole de Bordeaux a choisi de se mettre en scène, moins comme une agglomération de communes que comme un territoire complexe et varié, bâti et non bâti, bref comme "un paysage". Cartes, photographies, vidéos et même captations sonores sont là pour appréhender la métropole dans sa globalité, sa géographie, ses 5850 hectares de terres agricoles, son territoire inondable à 30%. "Nous souhaitons faire comprendre que la définition du paysage est aussi culturelle que celle du patrimoine", explique Michèle Laruë-Charlus, directrice générale de l'aménagement de Bordeaux métropole, et déléguée générale d'Agora. Disséminées entre les arbres, les traditionnelles maquettes des projets d'aménagement et d'architecture en cours à Bordeaux (le quartier Brazza par Youssef Tohmé, l'Arena de Rudy Ricciotti, le pont Jean-Jacques Bosc d'OMA, etc.) et présentées à chaque édition d'Agora semblent, cette fois, moins anachroniques. Elles s'installent dans une continuité, celle de la construction du paysage de la métropole.

Apprivoiser l'environnement

 

L'étage du Hangar 14, entièrement pris en main par Bas Smets, est plus conceptuel. Finie l'approche premier degré de la forêt –nécessaire, en un sens, pour plonger dans le sujet–, place aux situations plus complexes, glanées partout dans le monde, pour montrer comment s'appréhende et s'apprivoise l'environnement. Au mot "paysage" se substituent alors ceux de nature, climat, topographie, et même faune, flore, bâtiment et cohabitation. Une bonne manière de démontrer que c'est de tout cela que se nourrit "le paysage". Deux salles de cinéma à 360° diffusent non-stop des vidéos immersives. D'un côté, l'installation Homo Urbanus regroupe les cinq films réalisés par Ila Bêka et Louise Lemoine à Saint-Pétersbourg, Bogota, Naples, Rabat et Séoul. "Avec ces images, nous souhaitons montrer comment le climat influence le comportement de l'homme", explique Bas Smets devant l'image d'un sans-abri colombien monnayant la traversée d'une rue sur sa passerelle de fortune, lors d'une pluie torrentielle; ou celle de ces rues de Rabat, si étroites pour ménager un peu d'ombre que les voitures ont du mal à circuler. Présentées dans l'autre salle, les vidéos de Christian Barani regroupées sous le titre A la recherche de la résilience du territoire, inversent le regard. Le cinéaste et Bas Smets sont allés chercher à Bordeaux, à Hyderabad (Inde), à Bruxelles, à Singapour et à Hongkong des situations où l'homme contrôle son paysage, voire "l'augmente". Comme à Singapour, "A City in a Garden" dit le slogan, qui a augmenté sa couverture végétale de 20% depuis 50 ans, et comme à Bordeaux, où Bas Smets, à l'occasion du concours "55000 hectares pour la nature" lancé en 2012 par la métropole, avait proposé de révéler aux habitants les tracés des jalles, canalisées pour lutter contre les inondations.

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