Ballot et Franck - Crèche et école de musique - Ramonville-Saint-Agne

Regroupés pour créer une nouvelle centralité, un pôle d’animation, une crèche et une école de musique permettent la sauvegarde de bâtiments en briques, complétés de façades vitrées et métalliques à Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne). Plus qu’un contraste, le jeu de modénature fait parler les uns et les autres.

Crèche et école de musique, Ballot et Franck, Ramonville-Saint-Agne (31) - © Guilhem-Ducleon
photo n° 1/8
Zoom sur l'image Ballot et Franck - Crèche et école de musique - Ramonville-Saint-Agne
Le château de Soule est une demeure typique des fermes languedociennes, dont l’accumulation des communs et des bâtiments agricoles avaient perverti la lecture structurante de la cour. D’ailleurs, il est singulier que seul le pigeonnier, situé plus au sud, ait été classé monument historique.
 
Ouvrant au nord sur un parc d’arbres bicentenaires, la bâtisse profite d’un cadre paysager exceptionnel, renforcé par les interventions parcimonieuses de la paysagiste Anouk Debarre. Longtemps délaissé, le corps de logis commençait à se dégrader gravement. Et il faut saluer l’énergie de la ville à reconvertir ce patrimoine, résistant à la tentation de la création d’un lotissement ; une partie des études de maîtrise d’œuvre a été consacrée à remembrer les parcelles favorisant la constitution d’un nouvel épicentre pour le quartier des Coteaux sud. Lauréats du concours début 2010, les architectes ont nourri le programme en instillant une dimension urbaine nouvelle. Ils ont décelé le potentiel poétique et institutionnel que l’ancienne cour pouvait faire renaître chez les habitants. Mais pour que le vide qualifie un espace, encore faut-il que les architectures qui le ceinturent assument leur pleine épaisseur, d’autant plus qu’au total elles ne cumulent que 2 100 m2 . Le pôle d’animation, faisant office de maison des associations, occupe l’essentiel du château. Une crèche se concentre à l’ouest et exploite le gabarit suggéré par le haut mur sauvegardé. L’école de musique se déploie en L, à l’angle sud-est de la cour. Profitant de la présence d’autres vestiges pour définir ses espaces privatifs, l’école présente également une antichambre semi-couverte où le jeu des instruments prend une sonorité particulière. Cette partie du projet se déploie en R+1 et sa toiture s’enfle pour intégrer puits de lumière et édicules techniques.
 

Enveloppe diaphane

Les vieux murs de briques étaient d’un équilibre précaire, les charpentes d’époque participant à leur contreventement. Les interventions de Ballot et Franck ne se sont jamais inscrites en contradiction avec ce diagnostic. Elles se sont développées pour que les espaces se définissent autant par l’empreinte des pans de briques que par les enveloppes diaphanes des extensions. De nombreux entre-deux naissent de ce mode de composition. Des dilatations verticales offrent aux plus petites surfaces une générosité spatiale qui renforce l’impact des matériaux, comme dans la salle d’activité calme de la crèche, ou le hall de l’école de musique. D’abord imaginées en tuiles, les toitures assument aujourd’hui une esthétique franchement contemporaine.
 
Elles ne présentent aucun élément qui en révèle la technicité et se composent suivant l’abstraction des filtres métalliques assemblés en pente douce. Au contact des vieux murs, un bardage lisse en acier galvanisé apporte une variation de reflets, assortis aux tonalités de l’aluminium brut des toitures. Il révèle l’épaisseur des rampants qui se décomposent en plusieurs couches, de sorte à ménager un véritable espace tampon entre l’étanchéité et la feuille d’aluminium extérieure. Tel un coussin d’air, cet espace joue un rôle d’amortisseur thermique. La même vêture se décline en façade en premier plan des grands vitrages. Le taux de perforation satisfait alors la fonction de brise-soleil, sans nuire à l’entrée de la lumière. Surtout, la peau métallique y accuse des plis en V qui suscitent des jeux de lumière diffractant de nombreux rayons de soleil. Ces tôles ceinturent le jardin d’enfants, définissant une nouvelle cour intime, accompagnée de longs préaux.
 
Au R+1 de l’école de musique, elles camouflent l’épaisseur d’une double façade, utile autant pour casser le rayonnement solaire du sud que pour minimiser la prolifération des sons émanant des salles de musique. Cette coursive flotte au-dessus du terrain naturel. Elle illustre en outre les relations subtiles que les interventions contemporaines entretiennent avec le site paysager, en contrepoint des rapports de masse instaurés par les vieux murs de briques.
 
  • Lieu : Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne)
  • Maîtrise d’ouvrage : ville de Ramonville-Saint-Agne
  • Maîtrise d'oeuvre : Yves Ballot et Nathalie Franck, architectes ; Arc&Sites, architecte du patrimoine sur le château ; Culos Ingénierie, BET VRD et structure ; Technisphère, BET fluides ; Synesthésie Acoustique, BET acousticien
  • Programme : maison des associations, crèche, école de musique, aménagements extérieurs
  • Surface : 2 113 m2 SDP
  • Calendrier : 1e tranche, 2015 ; 2e tranche, fin 2016
  • Coût : 4,1 M€ HT

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