Beaupassage: un cadavre exquis parisien selon Franklin Azzi

Le septième arrondissement de Paris ouvre ses portes sur un nouveau passage, lieu de hauts commerces de bouche, de flânerie et d’habitation. Depuis le 25 août, le public a accès par trois entrées à ce « Beaupassage », depuis le boulevard Raspail, la rue du Bac et la rue de Grenelle. Ce nouvel espace de circulation a fait l’objet d’un travail minutieux de cohésion des époques.

Beaupassage, vue intérieure, cour du Couvent des Récollettes (à gauche), Franklin Azzi - © Charlotte Donker
photo n° 1/11
Zoom sur l'image Beaupassage: un cadavre exquis parisien selon Franklin Azzi

Après 8 années d’études et de travaux, Emerige ouvre au public le 25 août un nouvel espace piétonnier à Paris 7e, de 7h à 23h, qui a presque le format d’une boîte à bijoux et abrite Pierre Hermé, Thierry Marx, Olivier Bellin, Anne-Sophie Pic... Sur une parcelle de 4 744m2, ce sont 10 000m2 de surface de plancher qui ont été réhabilités et construits. Pour cet écrin nommé Beaupassage, le donneur d’ordres privé a fait appel aux architectes Frédéric Bourstin de B&B et à Franklin Azzi (FAA) pour la gestion des bâtiments, à Michel Desvignes pour le parterre. Le programme se traduit en une nappe de commerces horizontale (rdc et premier niveau), et aux niveaux supérieurs, à du logement (1200m2 conservés et 2100m2 neufs).

 

Un travail chirurgical

Franklin Azzi évoque « un site très hétérogène qui a exigé un travail chirurgical ». Chaque mètre carré étant différent a demandé « une radiographie des façades » préalable à l’intervention qui a consisté à « retirer le minimum en vue de garder la couche historique », afin que l’enveloppe reste lisible dans ses strates. En bas, l’œil rencontre l’original (du Couvent des Récollettes du XVIIe au bâtiment industriel du XIXe siècle), et le contemporain se lit dans les hauteurs. « L’écriture du nouveau siècle, reprend Franklin Azzi, répond avec le béton brut à la volonté de ne pas faire d’ornement ». L’architecte apprécie encore la capacité des bâtiments industriels qu’il dit ici porter «  en eux l’adn de la mutation ». Réalisés dans une économie de squelette –pour l’économie de la matière première- « ils témoignent d’une intelligence de la construction avec peu de verticalité, de murs porteurs, ce qui engendre une énorme flexibilité »… et a permis des reconversions en logement.

 

Une nouvelle topographie

La situation originale se composait de trois culs de sacs, les allées menant sur des cours privatives. Redonner une cohérence du tapis horizontal du rez-de-chaussée pour réaligner un existant était une priorité. Michel Desvigne a su jouer dans ce parvis minéral, avec le grès imposé, puis du granit de Bretagne en petits modules fins, et lisser les différentes altimétries et apportant des repères au sol sur le pavé. Au centre, une forêt miniature qui promet d’être « foisonnante, va fonctionner comme un rideau de scène » et animer le parcours des passants, annonce le paysagiste. La thématique de l’arbre est prégnante, illustrée par l’œuvre d’Eva Jospin, La Traversée, celle de Fabrice Hyber, Les deux Chênes, ou encore l’Arbre neuronal de Marc Vellay. Y sont postées des Mangoustes de Beauvais, de Stefan Rinck.  Le couloir habité par La traversée, qui débouche boulevard Raspail, consiste en une forêt de carton, ciselée, recelant des surprises. Cette construction souligne la notion de chemin, dans lequel le piéton peut évoluer le long de l’œuvre d’un côté, et se trouve pris dedans grâce au miroir qui lui fait face. C’est, contextualise l’artiste, « le travail d’une forme de maquette poussée a l’extrême ».

 

 

 

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