Christian de Portzamparc se dévoile à la galerie Kamel Mennour

Si l'on connaît l'œuvre construite de Christian de Portzamparc, jamais l'architecte n'avait encore montré son travail pictural auquel il accorde pourtant une  part primordiale. Une activité qu'il exerce depuis toujours, en parallèle de sa production architecturale.  Sous le titre "«Illuminations»,  la galerie Kamel Mennour (Paris VIe), l'expose jusqu'au 18 janvier 2020. Une découverte en noir et blanc, et en lumière, qui sort pour la première fois au grand jour...

Christian de Portzamparc dans son atelier, 2019 - © Tomasz Drosdovic
photo n° 1/10
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Pour Christian de Portzamparc, la lumière est un médium et à cet égard, le titre de l’exposition - «Illuminations» - parle de lui-même. Il dit l’importance qu'il lui accorde dans son processus de création (de l’îlot ouvert des années 1970 aux grands équipements actuels), qu’elle soit naturelle, artificielle, réverbérée par des surfaces colorées, ou encore suive les courbes d’un volume… Cependant, quand on est architecte et que l'on peint, se pose immanquablement la question de sa légitimité, surtout en France où les différents champs de la création artistique restent très sectorisés. Pour cette première exposition des peintures de Christian de Portzamparc, un acteur majeur du monde de l’art, Jean-Hubert Martin (qui a dirigé notamment le musée d’art moderne du Centre Georges-Pompidou), a poussé l’architecte à dévoiler au public sa production artistique et a endossé le rôle de commissaire.

Une exploration continue

C’est d’abord en peintre que le futur architecte s’imagina, suite logique d’une enfance où l’observation du monde passa par le dessin. «En découvrant un croquis de Le Corbusier du Palais des Assemblées à Chandigarh, dans lequel figurait une silhouette d’homme en train de marcher, j’ai vu tout à coup que la peinture pouvait être habitée. Et, de là, j’ai choisi l’architecture», explique Christian de Portzamparc. Dans les années 1960-1970, l’architecte ira à contre-courant de la doxa alors dominante de remplacer le dessin par le discours. «Parce que le dessin permet d’explorer, de laisser place à la surprise» (cf. la compilation de ses croquis dans son ouvrage Les dessins et les jours, publié chez Somogy). Cette pratique continue de la peinture - sur toile et parfois sur des murs, comme la fresque réalisée au Café Beaubourg - qui laisse un coin réservé à la libre exploration, permet aux projets de résister au poids des innombrables contraintes, techniques, financières, temporelles de l’architecture. «Cinq ans, dix ans et même parfois quinze ans séparent le projet de sa réalisation. Avec, pendant tout ce temps, des milliers de documents graphiques à produire, des centaines de réunions à tenir. Dessiner, peindre et obtenir ce que l’on cherche en quelques heures ou quelques jours, c’est un grand bonheur et une liberté immense» confie-t-il.

L’interprétation du rêve

De fait, Christian de Portzamparc, qui construit beaucoup, reste avant tout un rêveur. Ce que vient souligner cette série de tableaux en noir et blanc nommée «Illuminations», où le rêve est tel qu’il est pour le dormeur dans l’obscurité de la nuit : une lumière. Mieux encore : c’est la science qui fait rêver Portzamparc, comme l’analyse son galeriste Kamel Mennour, voyant dans les réseaux lumineux qui parcourent ces tableaux «les heures anciennes qu’il passa à regarder les phénomènes de projections et réflexions nocturnes en pensant aux turbulences des photons que la physique quantique nous présente à la fois comme ondes et comme particules». Ce que l’intéressé qualifie plus brièvement de «fascination». Dans le parcours de l'exposition, deux sculptures blanches flottent dans l’espace de la galerie, tels deux nuages de lumière sortis des tableaux. Peut-être avec une pointe de sentiment d’illégitimité, l’architecte reconnaît que, chez lui, les sources d’inspiration sont multiples, alors que généralement les artistes identifiés en tant que tels orientent leurs recherches en suivant une même ligne. Ce qu’il y a de certain, c’est que nous plongeons ici dans un univers à la fois extrêmement personnel et universel, propre à l’art et à Portzamparc.

 

  • «Illuminations», Christian de Portzamparc. Galerie Kamel Mennour, Paris VIe. Jusqu’au 18 janvier 2020.https://kamelmennour.com

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