Cinéma Gaumont Convention à Paris - AIA Associés+Buffi

Situé au cœur du XVe arrondissement de Paris, dans le quartier Saint-Lambert, le Gaumont Convention a rouvert ses portes. Entièrement démoli et reconstruit en l’espace de dix-huit mois, ce cinéma de quartier créé en 1919 laisse aujourd’hui la place à un équipement bénéficiant de 1000 m2 supplémentaires. Réalisé par Intens-Cité (AIA Associés+Jean-Pierre Buffi), il abrite désormais 9 salles – soit trois de plus qu’au moment de sa fermeture en mars 2014 – réparties sur 5 niveaux. Il est également équipé des dernières technologies en matière de son et de projection.

AIA Associés+Buffi - Cinéma Gaumont Convention - Paris XVe - © Photographie Luc Boegly - 2014
photo n° 1/14
Zoom sur l'image Cinéma Gaumont Convention à Paris - AIA Associés+Buffi

La phase de réalisation s’est avérée un challenge, compte tenu de la grande complexité structurelle du nouveau bâtiment édifié en lieu et place de l’ancien multiplexe, de l’exiguïté du terrain en dent creuse et des négociations délicates avec les riverains, conduites par une maîtrise d’ouvrage exigeante mais ouverte au dialogue. Au fondement de ce projet, un enjeu ambitieux: construire un ensemble de salles obscures d’un confort parfait et isolées du bruit de la rue; tout en tissant une relation interactive avec la ville.

Mouvement, lumière et fluidité

Ceci a été obtenu grâce à des espaces d’accueil et de circulation visibles à travers la façade transparente, tels des balcons ouverts sur la place. Ces lieux de transition tissent, sur toute la hauteur de cette façade, des relations entre le monde du théâtre urbain et celui du cinéma: des lumières de la ville à celles de l’écran, des espaces de la vie réelle à ceux de la vie rêvée. Ils conduisent les spectateurs, par la mise en scène du mouvement, des images et de la lumière, jusqu’à ce qu’ils pénètrent dans la camera oscura. À l’image d’une pellicule de film, la peau extérieure de la façade se déroule depuis les voûtes du toit, laissant percevoir la carapace des salles d’un rouge profond, et se soulève au niveau du hall pour faire entrer le public. Le jour, cette peau, constituée de pare-soleil sérigraphiés à triple rayon de courbure et à inclinaison progressive qui se transforment en lamelles métalliques au-dessus des voutes du toit, tamise le soleil du sud. Le soir, les pare-soleil laissent entrevoir l’intérieur lumineux depuis la place, et vice versa. Le spectacle de la vie publique devient ainsi fortement présent à l’intérieur. Inversement, depuis la place, on mesure du regard le vaste volume du hall, qui se prolonge à la verticale avec l’espace des escalators. On aperçoit, à travers la façade-filtre de verre et d’acier, le mouvement des spectateurs montant devant les parois rouges des salles. Des salles rouges à l’extérieur, noires à l’intérieur. À la sortie des salles obscures, les espaces de transition entre le monde de la fiction et le monde réel sont traités dans une ambiance rouge rythmée par des lignes de lumière.

Des dispositifs pour optimiser l’espace

Tout le gabarit réglementairement disponible est utilisé.  La parcelle en dent creuse est densifiée au sol mais aussi en hauteur, créant  une continuité visuelle entre les deux mitoyens. Formée de quatre voutes cylindriques de hauteurs variables proposant une relecture des toits parisiens, la toiture exploite au maximum le gabarit réglementaire. Pour gagner de la hauteur sous plafond, les poutres ont été noyées dans l’épaisseur des dalles. Les volumes des neuf salles et des circulations sont tous différents, afin de s’adapter à l’espace restreint. Techniquement, cette imbrication est rendue possible grâce à une superstructure en construction métallique et au recours à la préfabrication. La quasi-totalité des structures des salles se reportent sur deux treillis longitudinaux portant entre pignons. Afin de dilater l’espace d’accueil du rez-de-chaussée, les épaisseurs de structure sont réduites au maximum; les coursives sur rue, les escaliers et les escalators suspendus à la toiture; et les suspentes sont utilisées comme raidisseurs de façade. La gestion de l’interface entre la structure métallique principale et le lot façade vitrée/ventelles en verre (gestion des tolérances et déformations) est assurée par une pièce spécifique permettant d’absorber les écarts et d’apporter une capacité de réglage.

  • Lieu : 27-31, rue Alain-Chartier 75015 Paris
  • Maîtrise d’ouvrage : Les Cinémas Gaumont Pathé
  • Maîtrise d'œuvre : Intens-Cité (AIA Associés+Buffi). AIA Ingénierie et AIA Studio Façade, ingénierie+économie; Peutz, acousticien; AIA Management, OPC
  • Programme : démolition et reconstruction d’un cinéma (+1000 m2), 9 salles gradinées dont 1 salle de 360 places, 1253 fauteuils, 5 niveaux
  • Surface plancher : 3286 m2
  • Calendrier : 18 mois (dont 3 mois de démolition), ouverture au public en mars 2016
  • Coût : 9,5 M€ HT

Réagissez à cet article

Saisissez le code de sécurité*

Saisir le code

*Informations obligatoires

National Pulse memorial & museum, Orlando (USA), Coldefy, RDAI, HHCP Architects, Xavier Veilhan, dUCKS scéno, Agence TER, Prof. Laila Farah

Coldefy et RDAI signeront le National Pulse […]

10/12/2019

Les agences d’architecture françaises Coldefy et RDAI, associées à l’artiste Xavier Veilhan et aux paysagistes de l’Agence TER, remportent la consultation internationale pour la construction du mémorial aux victimes de l’attentat contre la […]

Heidegger et la question de l’habiter.  Une philosophie de l’architecture,  Céline Bonicco-Donato

Heidegger expliqué aux architectes - Livre

10/12/2019

Comme de coutume, ce sont les Anglais qui avaient tiré les premiers, avec la publication, en 2007, d’un Heidegger for Architects par Adam Sharr (un Gallois, en réalité). Ce dernier constatait déjà que Heidegger était le philosophe le plus cité […]

Transformation du Musée des Beaux-Arts de Dunkerque en bibliothèque, D'Houndt et Bajart architectes

Du musée de la reconstruction à la […]

09/12/2019

Commandée par la ville de Dunkerque, la médiathèque conçue par l’agence d'architecture D'Houndt+Bajart investit l’ancien musée des Beaux-Arts sous la forme d’un équipement d'envergure comprenant café, bibliothèque, […]

AMC n°6-décembre 1984, couverture

Dans les archives d'AMC: 1984, Koolhaas, mental et […]

09/12/2019

En novembre 1967 sortait le premier numéro d’AMC, conçu comme une revue d’idées et de débats, destinée à dépoussiérer un vieux «bulletin», celui de la Société des architectes diplômés par le […]

« Moderne Maharajah, un mécène des années 1930 ». Man Ray, le maharajah et sa femme vers 1927

Une fascinante modernité indienne exposée au Musée […]

06/12/2019

A Paris, le Musée des Arts décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du maharajah d’Indore qui donna libre cours son goût pour les avant-gardes artistiques et décoratives en créant, en Inde, un univers moderne unique. […]

Elizabeth de Portzamparc, architecte

Elizabeth de Portzamparc - Portrait

06/12/2019

Architecte et urbaniste, Elizabeth de Portzamparc conçoit ses bâtiments comme des symboles porteurs de nouvelles valeurs, des repères urbains forts qui structurent les lieux où ils s’installent. Née à Rio de Janeiro, Elizabeth de Portzamparc […]

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus