Cours de construction à échelle 1 pour les étudiants de l’école d’architecture de Lille

À l’invitation de la Ville de Lille, 14 étudiants de l’école d’architecture de Lille ont conçu et réalisé un pavillon éphémère au cœur de la gare Saint-Sauveur. Il accueille concerts, conférences, ateliers, expositions, jeux pour enfants… tout l’été et tout au long de la quatrième édition de Lille 3000, qui se tiendra du 26 septembre 2015 au 17 janvier 2016.

Pavillon Renaissance, étudiants de l'école d'architecture de Lille, gare Saint-Sauveur, Lille - © atelier Renaissance
photo n° 1/17
Zoom sur l'image Cours de construction à échelle 1 pour les étudiants de l’école d’architecture de Lille

Ils ont eu à peine cinq mois pour concevoir et réaliser une construction éphémère sans programme et sans budget. Encadrés par deux architectes-enseignants Adrien de Bellaigue (enseignant de projet) et François Lacoste (enseignant de construction), 14 étudiants en master de l’école d’architecture de Lille ont relevé le défi proposé par la Ville : construire un pavillon au cœur de la friche ferroviaire Saint-Sauveur, lieu emblématique de la vie culturelle lilloise, en prévision du lancement de Lille 3000 le 26 septembre 2015. Le pavillon Renaissance – du nom de la thématique de la quatrième édition de cette grande manifestation culturelle – est né dans l’atelier “échelle 1” de l’école d’architecture, vaste espace dédié aux expérimentations à taille réelle. “Puisque nous n’avions pas de programme préétabli, les étudiants ont décidé de concevoir une structure capable de tout”, explique Adrien de Bellaigue. Dessinée avec application de la charpente bois au détail d’assemblage des différents matériaux, la structure de 170 m² – tout de même – a été montée avec l’aide de charpentiers compagnons du devoir, dont le siège régional basé à Villeneuve-d’Ascq voisine l’école d’architecture. C’est un des nombreux partenariats qui ont permis de réaliser le projet, non financé. Après avoir glané quelques chutes dans l’atelier à échelle 1, les étudiants ont en effet sollicité les entreprises de la région pour obtenir les matériaux et équipements (bois, zinc de couverture, installation électrique, textile…) nécessaires à la construction du pavillon pour laquelle l’école d’architecture a fourni outillage et visserie.

 

Pavillon démonstratif

La petite construction se structure en trois espaces : des rampes d’accès, une estrade abritée et deux espaces intérieurs pour accueillir des évènements à l’abri. Les cinq articulations hautes des portiques en Lamibois qui la composent constituent des triangles indéformables. Ils permettent des avancées de couverture en porte-à-faux. Des caissons de bois massif ou recomposé forment le plancher, le remplissage des parois verticales est réalisé en panneaux d'agglomérés et une toile textile tendue assure l'étanchéité de la toiture où une noue centrale récupère les eaux pluviales pour alimenter des bacs végétalisés. En plus d’expérimenter la construction à échelle 1, les étudiants ont pu appréhender toute la complexité d’un projet d’architecture et parfois même, les limites du dessin face à la réalité du chantier. Puisque le pavillon est un ERP, un bureau de contrôle a validé leurs plans – il est rare d’en croiser dans les écoles – et bien que les détails de principe aient été conçus en atelier, beaucoup du second œuvre a été réglé sur in-situ. “Il faut dire que les étudiants ne se sont pas facilité la tâche car il n’y a qu’un seul angle droit dans le projet”, ajoute leur professeur. Conçu comme un organisme vivant et toujours support de pédagogie, le pavillon est appelé à évoluer au fil des mois et des saisons. À l'automne, il devrait s'envelopper de "manteaux" isolants au cours d’un séminaire animé par la designer-enseignante Clotilde Félix-Fromentin. "Le pavillon Renaissance tente d’être démonstratif de nouvelles manières de construire plus responsables et écologiques. Il a été l’occasion de mobiliser les acteurs locaux autour d’un projet commun et de rendre opérationnel des partenariats en prévision du prochain Solar Decathlon Europe auquel nous souhaitons participer. C’est en quelque sorte un galop d’essai”, précise Adrien de Bellaigue. Souhaitons aux futurs architectes qu’il ait bientôt lieu.

 

  • Étudiants : Luc Bazaille, Johanna Leserre, Emeric Raoult, Lauranne Salmon, Romain Desmon, Benjamin Quiniou, Henry Flomont, Anne Bruige, Adeline Tallet, You Juan Wen, Hua Lin Kao, Sadaf Karkanschi, Audrey Weber, Laurent Wachtarczyk
  • En collaboration avec Les compagnons du devoir et du Tour de France
  • Entreprises partenaires ou mécènes du projet : Ansell, gants de sécurité ; Apave, bureau de contrôle ; Blas, mise en oeuvre textile ; Caulier Rénovation, installations électriques ; Colas BTP, sable, gravier, transports, barrières ; Création Bois, groupe Sylvareg ; Echafaudeurs du Nord, échafaudages ; Edwood, construction bois ; Ferrari, textile ; Honeywell, chaussures de chantier ; Intersafe, gilets de sécurité ; Loison, constructions métalliques ; Smart Module Concept, groupe Rabot-Dutilleul, construction bois modulaire ; Vieille Montagne Zinc, Asturienne, bardage et couverture zinc

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