Du supermarché à l'hypermarché, Claude Parent trente ans après

En hommage à l’architecte Claude Parent, nous republions l’intégralité de l’article paru en 2010 sur les centres commerciaux qu’il a réalisés dans les années 1970.  Depuis, celui de Sens a été inscrit au titre des monuments historiques en 2011 tandis que celui de Ris-Orangis est en passe de être.

Le magasin de Ris-Orangis en 1969 - © Gilles Ehrmann
photo n° 1/11
Zoom sur l'image Du supermarché à l'hypermarché, Claude Parent trente ans après

Ris-Orangis en 1969 et aujourd'hui (page de droite). Sobrement et fidèlement réhabilité en 1977, ce supermarché est peut-être celui qui s'est le mieux adapté à son site.

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Claude Parent, 1923-2016

Les ensembles commerciaux conçus voilà près de trente-cinq ans par Claude Parent, s’ils nous offrent certes l’opportunité de « l’après-coup », vieille ambition de la critique souvent remise à plus tard, présentent également l’intérêt d’être d’un autre temps – celui qui précéda la généralisation du « hangar décoré » soumis à la gestion des flux –, d’avoir été édifiés dans une relation de proximité avec le commanditaire qui laissait présager l’octroi d’une relative liberté. Enfin, ces hypermarchés pionniers, lieux de la vie quotidienne au sens le plus fort du terme, étaient par conséquent peu suspects d’avoir suivi un processus de patrimonialisation accélérée ni d’avoir été l’objet d’un entretien exagéré.

Gouletitude

Avant de se lancer, sans grand succès, dans les concours, souvent prestigieux, Claude Parent a surtout bénéficié de commandes qui lui venaient de son environnement amical et familial : des Goulet (2), dont il épousa l’une des filles, Bernadette, à André Bloc qu’il fréquenta longtemps, un peu en fils spirituel, à L’Architecture d’aujourd’hui et à la tête d’Aujourd’hui, et pour lequel il construira deux maisons, l’une à Meudon (1956), l’autre à Antibes (1959). De ces liens personnels sont issues nombre de maisons individuelles, souvent marquantes, mais aussi cette série de supermarchés et d’hypermarchés, réalisés à dix ans d’écart en 1957-1959 et en 1969-1971, Claude Parent ayant rompu toute relation avec les Goulet durant quelques années, suite à ce mariage qui l’évinça pour un temps de tous les projets de sa nouvelle famille.

 

C’est Nicolas Schöffer qui est lié à la première rencontre, informant le jeune Parent que le succursaliste alimentaire Goulet-Turpin (3) avait l’intention d’ouvrir des supermarchés s’inspirant du modèle américain et emboîtant le pas de la grande distribution naissante. Pierre Goulet accepte alors une proposition du duo Parent-Schöffer pour Châtenay-Malabry en 1956. Mais Eugène Beaudouin, architecte en chef des BCPN et responsable de l’aménagement du secteur, rejette cet intriguant projet de centre commercial « spatio-dynamique » reposant sur une ossature métallique. Quant à la SCIC, elle pense ça ne marcherait jamais en France. Partie remise puisqu’en 1957 ouvre à Nanterre, sous l’enseigne Goulet-Turpin, une « supérette » de 260 m² desservant 750 logements. Entre-temps, Claude Parent est allé aux Etats-Unis pour y visiter les premiers centres commerciaux avec Jean Goulet, le fils. L’architecte est également allé voir au même moment les Migros suisses, précurseurs sur les accès et les circulations. Nanterre, c’est l’une des premières grandes surfaces en région parisienne. Henri Bardou, un indépendant, vient d’ouvrir la sienne dans le XVIIe arrondissement. A Rueil, on ouvre au même moment le premier centre commercial, réalisé par Sonrel et Duthilleul et auquel avait déjà participé Parent, concevant le supermarché pour Goulet-Turpin. « Un centre commercial de « 600 m² de surface de vente, pensez-vous, ça faisait peur à tout le monde à l’époque », se souvient Parent.

 

En 1959, il se retrouve à nouveau dans l’équipe qui réalise un centre commercial à Athis- Mons, sous l’enseigne Suma, desservant cette fois-ci 2 000 logements. La légèreté domine ces premières constructions reposant toutes deux sur une ossature métallique. Laissée apparente et peinte en noir à Nanterre, elle rythme une façade largement vitrée sur laquelle elle déborde pour former un abri. Le soubassement est en maçonnerie traditionnelle. À Athis-Mons, le bâtiment est couvert par des charpentes-poutres en câbles d’acier de grande portée, la couverture tendue annulant les points porteurs (système Jawerth, brevet suédois). Si le plafond forme un vaste pan incliné à Nanterre comme à Athis-Mons, nous sommes cependant encore très loin des préceptes de l’oblique qu’énoncera presque dix ans plus tard le duo Parent-Virilio et plus loin encore, sinon aux antipodes, du béton brut, de l’opacité et de la massivité qui caractérisent la deuxième série de super et hypermarchés où pourtant la surface commerciale a été décuplée au fil de cette décennie 1960 qui vit la France s’arracher violemment à son cadre rural encore traditionnel.

 

Un moment singulier

Parent a eu ainsi la chance de trouver dans la famille Goulet – des « capitalistes à la française », comme il les nomme – des commanditaires qui l’ont laissé libre, en premier lieu sur la volonté de Jean Goulet, le fils de Pierre, qui pensait en pionnier et contre ses services financiers que la « bonne architecture » faisait vendre, qui n’hésita pas à engager une attachée de presse pour l’inauguration de Tinqueux, y acheminant les journalistes par train spécial. Libre d’exprimer, à Reims-Tinqueux, à Sens-Maillot (1970), à Epernay-Pierry (1971) une esthétique, celle du béton armé, brut de décoffrage, et de l’oblique qui est alors au cœur de sa réflexion.

 

Moment singulier, donc, que ces quelques années d’utopie au sens large qui voient un architecte compagnon des avant-gardes artistiques des années 1960 mettre en pratique et expérimenter l’oblique dans les premières grandes surfaces commerciales. Il ne s’agit pas ici de revenir une fois de plus sur cette « fonction oblique », mais plutôt de simplement rendre compte de cette tentative un peu oubliée depuis pour tout un tas de raisons parmi lesquelles le caractère un peu méprisé de la fonction marchande n’est probablement pas la moins influente.

 

Si l’on se souvient donc volontiers de Sainte-Bernadette de Nevers, lieu de culte devenu bâtiment culte, on oublie régulièrement les centres commerciaux. Dans ses Entrelacs de l’oblique, bilan de cette tentative, Claude Parent lui-même ne retient plus, en 1981, que le supermarché de Sens qu’il évoque sur quelques pages seulement, alors que c’est probablement l’édifice le plus vaste et le plus ambitieux dans lequel il ait cherché à concrétiser ses recherches théoriques. Et ces hypermarchés sont probablement à l’origine des filiations formelles les plus fécondes, celle de Jean Nouvel en premier lieu, de la Maison Delbigot (1970-73), conçue avec François Seigneur et Roland Baltéra dans le sous-sol de l’agence de Parent, jusqu’au cube parfait d’Onyx posé en plein coeur d’une vaste zone commerciale, Atlantis, à Saint-Herblain.  Ces centres commerciaux incarnent en outre une tentative presque à rebours, dirions-nous. L’équivalent en somme d’un « contre-modèle » : s’il prend déjà toute sa valeur signalétique, le supermarché ne joue d’aucun mât surélevé, ni d’affichages tapageurs et colorés, encore moins d’éclairages divers, mais impose au contraire sa masse opaque, inquiétante presque, où l’on distingue tout juste l’enseigne. Ils tranchent ainsi volontairement avec l’environnement plat des parkings. L’oblique et l’inclinaison des pans en façade, les lourds auvents en porte-à-faux, les murs aveugles inclinés rompent franchement avec l’horizontal. Pour ses supermarchés, Claude Parent souhaitait d’ailleurs une architecture qui encadre le produit, le domine et soit toujours lisible pour le visiteur. Les enseignes, « quelle que soit leur lisibilité commerciale, devant se plier à cet impératif architectural : la lecture des volumes généraux », souligne Michel Ragon dans Claude Parent. Monographie critique d'un architecte.

 

Si l’Express constate au même moment que « de citadelles de la consommation, les supermarchés veulent en devenir les cathédrales » (12 mai 1969), il y aurait effectivement une parenté facile et tentante à dresser entre l’intérieur de ces édifices, celui de Reims par exemple, et celui des édifices religieux que l’on construit alors en nombre dans les nouveaux quartiers périphériques des villes de province, à Nevers ou ailleurs, répondant autant à l’essor économique et démographique qu’aux injonctions d’un clergé « saisi » par Vatican II. Ou même à Lourdes où Pierre Vago, compagnon de Claude Parent à la rédaction de L’Architecture d’aujourd’hui, a achevé dix ans plus tôt, avec le concours d’Eugène Freyssinet et avec Pierre Pinsard et André Le Donné, la basilique Saint-Pie X (1955-1958) où les arcs surbaissés en béton précontraint et le jeu des fentes de lumière créent une atmosphère cryptique semblable. Une atmosphère que Virilio, le « camarade Paul », le comparse de l’avant-Mai 68, évoquera lyriquement dans sa Bunker archéologie, cherchant dans « le scandale du bunker » « l’une des figures secrètes de notre temps » qui rejoint autant les « temples aztèques » que les « mastabas » et les « nécropoles étrusques », et y trouvant pour finir « une pesanteur singulière ».

 

La métaphore du bunker est pour ainsi dire littérale : écran aveugle des murs latéraux, étanchéité passive des arrières et ouverture offensive de la face avant, avec au-dessus les tuyaux d’échappement (des gaz) qui émergent de la dalle de béton. Jusqu’à ce débordement du « front Todt » en tympan au-dessus de l’ouverture rectangulaire qui fait pendant au porche d’un édifice cultuel… Comme à Nevers où l’église évoque la grotte de Lourdes, dans ces supermarchés, la géométrie s’érode, bascule sur le plan horizontal du parking, l’angle droit est déprimé, des effets de déséquilibre visuel se créent par endroits, d’importants porte-à-faux semblent soulever ces mégalithes introvertis.Un peu paradoxalement cependant, si Virilio percevait en 1966 (Architecture principe) le sol comme « le moins abstrait de tous les éléments », « le plus utile », celui que « l’économie ne pourra négliger plus longtemps », et subsidiairement le cœur de la fonction oblique, celle-ci n’est appliquée systématiquement dans les supermarchés qu’en toiture en faible inclinaison et sur les voiles porteurs eux, fortement inclinés. C’est certainement là l’un des nombreux paradoxes de cette fonction oblique.

 

Bien des caractères amènent à voir aussi dans ces supermarchés de 1969-1970 une forme de « brutalisme réactivé », derniers feux de l’expressionnisme plastique qui avait progressivement gauchi, au cours des deux décennies de l’après-guerre mais toujours dans des bâtiments d’exception, le rigorisme fonctionnel de la « tradition » moderne déjà dévoyée en « style international ».

Effets de masse et destins contrariés

Sur un autre plan, à travers ces trois hypermarchés, c’est l’histoire récente de la grande distribution française, de ses fusions-acquisitions et de l’ascension du groupe Carrefour-Promodès qui se donne à lire. Ces magasins ont en effet tous ouvert sous l’enseigne GEM (quelques mois Mammouth à Epernay) jusqu’à la fin de l’année 1978. Lui a succédé Euromarché, puis Carrefour après 1991. Symboliquement, l’enseigne GEM, Grand Express Marché, est née au moment où l’ancien succursaliste Goulet-Turpin passait à la vitesse supérieure, celle de l’hypermarché avec l’ouverture de Tinqueux. Cette succession des enseignes a joué contre les constructions originelles, travaillant un peu partout et de différentes manières à les discipliner, les normaliser et les araser pour les conformer au modèle marchand dominant. Les accès et les façades ont été les premières cibles. En fait, plus précisément, la succession des enseignes a travaillé de trois manières à la réduction de ces singularités, trois manières symptomatiques. D’abord par réaménagements successifs et « recarrossages » divers, comme à Reims où Carrefour a d’abord peint le béton puis augmenté d’un tiers sa surface de vente, sectionnant et détruisant un large tronçon de la galerie et noyant l’étage sous les faux plafonds. Le tout avant de plaquer sur la façade des mâts et un parement bois-verre-métal qui la ravale au rang de toutes ces fausses devantures où l’on ne sait plus très bien, si l’on a oublié ici le béton en arrière-plan, dissocier matériaux de structure et de parement, ossature et décor. Quant au Bowling, présent depuis les débuts, il vient de fermer et sera remplacé par un restaurant Flunch qui imposera probablement son enseigne sur cette extension originelle. Il y a ensuite le pourrissement plus ou moins volontaire d’une situation où, comme à Sens, l’on utilise divers arguments pour investir le moins d’argent possible en attendant une refonte radicale. Enfin, au terme de ce processus, la destruction pure et simple comme à Epernay où Leclerc a réinvesti le site en 1992, Carrefour préférant s’installer ailleurs, sur un terrain plus vaste. Après dix ans d’exploitation et des extensions régulières combinées à un manque d’entretien délibéré, l’enseigne a procédé à une opération tiroir durant l’été 2002, les banales charpentes métalliques du nouvel espace surplombant déjà les morceaux de béton à peine déblayés mais déjà oubliés.

 

Symboliquement, à plusieurs reprises, on a fait jouer l’argument du « patrimoine » au sens large.Presque toujours pour expliquer la difficulté et la lourdeur des transformations de cette architecture en béton d’un autre âge, légitimant par exemple le choix de la destruction, ou encore, plus pervers, légitimant comme à Sens la non-intervention.

 

L’hypermarché de Maillot est même devenu un enjeu politique qui a animé la dernière campagne pour les élections municipales de mars?2001, l’équipe sortante s’étant déclarée favorable au déménagement en envisageant le rachat et la transformation du bâtiment en équipement public (une patinoire, notamment), tandis que la nouvelle équipe s’y était opposée. Jamais à court d’idées, Parent a proposé depuis d’en faire un parking couvert, protégé par une paroi en polycarbonate translucide, ou mieux, d’y insérer des logements étudiants et des ateliers d’artistes.

 

Les alvéoles seraient devenues traversantes : alors que la vitrine initiale aurait toujours donné sur l’ancienne galerie, on aurait disposé de larges baies vitrées le long des rayons du Carrefour. Pourquoi pas, si l’on rappelle combien la consommation et les objets sont devenus l’un des thèmes de travail privilégiés pour nombre de jeunes artistes. Pourquoi pas des résidences au cœur même d’un hypermarché ? Mais Sens reste une petite ville (30 000 habitants). On parla un temps d’y installer une discothèque… On sent bien que ce site est en attente. Le foncier alentour est gelé par la municipalité, et à l’inverse de Reims, aucune zone commerciale active ne l’entoure alors que les grands axes et l’échangeur sont là, tous proches, à moins de 500 mètres.

Vœux de classement

Si l’on insiste ainsi sur l’hypermarché de Sens, c’est parce que des trois hypermarchés réalisés par Claude Parent, c’est probablement le mieux  conservé , le plus intact et le plus impressionnant, précisément parce que l’on s’est refusé à y investir, et donc paradoxalement aussi le plus menacé, de destruction comme à Epernay. Avant que l’irréparable ne se produise à nouveau, peut-être serait-il donc opportun d’exhausser enfin les vœux de la direction du magasin : le classer… Ce serait une première, certainement bien plus audacieuse qu’à Nevers. Mais il faut bien le dire, l’architecture de Parent résiste encore, dans tous les sens du terme. Peut-être plus pour longtemps cependant. Elle résiste aussi à Athis-Mons (1959), mais elle y a perdu beaucoup de sa force symbolique. Elle n’est plus qu’un point de vente presque anonyme, entourée d’une galerie commerçante en briques sous des arcs qui rappellent le pire du « post-modernisme » abâtardi. Sous l’enseigne du maxi-discount Atac, rue Pierre-Bérégovoy, dans un quartier très déprimé, les poutres de câbles de 40?mètres de portée n’impressionnent plus personne et la centralité commerciale reste le dernier point d’attraction et de concentration. L’architecture de Parent résiste mieux à Ris-Orangis (1969, Suma) dans un bâtiment de surface plus modeste, avec une petite galerie marchande qui est, elle, très dynamique et qui a conservé la plupart des aménagements d’origine. Entouré de pavillons proprets et de collectifs en copropriété bien entretenus, l’Intermarché marche bien et à l’entrée de la galerie, le PMU ne désemplit pas. Si son architecture est moins audacieuse et plus conventionnelle, ses accès automobile et piéton sont pourtant très soignés avec cette petite passerelle élégante qui rejoint un parking sur dalle et ses emplacements souterrains qui garantissent de la chaleur et de la pluie. Soigneusement rénové en 1997, ce supermarché est peut-être celui qui s’est le mieux adapté à son site, surface de vente moyenne desservie par la Nationale 7 qui est devenue un axe à sa mesure depuis que l’on emprunte plus volontiers l’autoroute.

 

L’architecture de Claude Parent résiste toujours, donc, comme un contre-modèle méconnu, conçu dans le conflit, et qui gêne encore. Son effet de masse s’oppose paradoxalement à la massification de la consommation. Même à Reims, on reconnaît encore la ligne de façade originelle, si difficile à effacer qu’il aurait fallu pour ce faire, là aussi raser. Si le béton brut a partout disparu tout en marquant durablement les esprits, et si l’on a partout cherché à annuler l’effet cryptique en inondant de lumière l’intérieur, cette architecture résiste pourtant vaillamment à la transparence. Rarement du reste cette dernière n’aura trouvé aussi désarmés ses meilleurs ennemis. Face à la marchandise, comment intervenir de manière critique sans la mimer ? Et comment éviter de confondre la critique et le ressentiment, éviter que l’oeuvre ou l’édifice ne soit en fin de compte qu’une sorte de miroir, en fait narcissique, de la laideur du monde et de la marchandise ?

 

Cette question, qui se pose d’ailleurs autant aux artistes contemporains qu’aux architectes qui recommencent à se confronter à ces espaces, Claude Parent s’y était donc plus ou moins consciemment heurté il y a déjà plus de trente ans en explorant tout l’éventail, de la supérette à l’hypermarché naissant, et c’est probablement ce qui explique pour une bonne part la postérité difficile de ses bâtiments et la force de persuasion qu’ils conservent. Claude Parent, c’était encore un artisan-utopiste avec son oblique, un dilettante distingué, presque un plaisantin si on le compare à un Jerde contemporain qui veut, lui, programmer tous les aspects de la vie. L’année même où il entra au comité de rédaction de L’Architecture d’aujourd’hui, en 1959, Claude Parent avait dirigé et rédigé l’essentiel du premier et unique numéro spécial (n° 83) que la revue consacra aux centres commerciaux, et il n’hésitera pas, dix ans plus tard, à contrevenir à l’essentiel des principes qu'il venait de dégager de l'observation des réalisations américaines des années 1950 et de ses premières expériences à Rueil, Nanterre et Athis-Mons.

 

1. amc n°131 février 2003
2. La famille Goulet : Pierre (le père) ; parmi les huit enfants on connaît François et Jean qui géreront l'entreprise Goulet-Turpin, la fille Bernadette qui deviendra Madame Parent et Patrice qui deviendra critique d'architecture et responsable du Département diffusion-création de l'IFA.
3. L'accès aux documents sur Goulet-Turpin nous a été facilité par Laurent Leroy qui a réuni les archives de cet établissement à succursales dans lequel son père a travaillé durant 30 ans. www.leroy-goulet-turpin.com

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  • Thierry de Dinechin

    Bravo pour ce très bel article sur Claude Parent, qui nous rappelle qu'il fut un incroyable défricheur de nouveaux programmes : non seulement il s'intéressa aux centres commerciaux, mais il fut aussi un des architectes les plus impliqués dans la construction des centrales nucléaires. Il est intéressant à ce propos de rappeler un texte de Jean Baudrillard, publié en 1980 dans le Symposium de l’Encyclopaedia Universalis, et qui associe dans leurs rôles sociétaux les centres commerciaux et les centrales nucléaires : « Ces usines et ces universités ne sont plus des usines ni des universités, et les hypermarchés n’ont plus rien d’un marché. Etranges objets nouveaux dont la centrale nucléaire est sans doute le modèle absolu et d’où rayonnent une sorte de neutralisation du territoire, une puissance de dissuasion qui, derrière la fonction apparente de ces objets, constituent sans doute leur fonction profonde : l’hyperréalité de noyaux fonctionnels qui ne le sont plus du tout. Ces objets nouveaux sont les pôles de la simulation autour desquels s’élabore, à la différence des anciennes gares, usines ou réseaux de transport traditionnels, autre chose qu’une « modernité » : une hyperréalité, une simultanéité de toutes les fonctions, sans passé, sans avenir, une opérationnalité tous azimuts » . Claude Parent est donc pris en flagrant délit les doigts dans le moteur de ces « étranges objets nouveaux » !

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