ÉQUERRE D'ARGENT 2001 / MENTION SPÉCIALE - ZAHA HADID - PARKING ET TERMINUS DE TRAMWAY

Aux confins de l’agglomération de Strasbourg, Zaha Hadid a conçu le terminus de la nouvelle ligne de tramway comme une installation artistique dans un paysage suburbain.

Plaque de béton : Parking et terminus de tramway, Zaha Hadid, Strasbourg-Hoenheim, Équerre d’argent 2001 / mention spéciale - © J.-M. Landecy
photo n° 1/6
Zoom sur l'image ÉQUERRE D'ARGENT 2001 / MENTION SPÉCIALE - ZAHA HADID - PARKING ET TERMINUS DE TRAMWAY

La plaque de béton continue et pliée part du sol  et devient toiture en définissant l'espace du terminus de la ligne B. Les découpes pratiquées dans le béton concourrent à l'idée de dynamique et entretiennent une incertitude quant à l'intériorité de l'espace public créé.

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Depuis la création de la première ligne du tramway strasbourgeois, il y a six ans, un comité d’experts a été mis en place pour associer à l’aménagement des lignes des commandes artistiques. C’est dans ce cadre qu’a été confiée à l’architecte britannique Zaha Hadid la construction du terminus nord de la ligneB, au même titre que les artistes Mario Merz ou Barbara Kruger, qui étaient intervenus sur le parcours de la ligne A.

Le concept du projet est fondé sur un balayage du site par un champ de lignes de force qui reproduisent les mouvements et la vitesse des voitures, du tram, des cyclistes et des piétons. Lignes de force qui se retrouvent matérialisées par le marquage au sol des emplacements de parking, par les rails des tramways, par les luminaires encastrés au sol dans des caniveaux grillagés ou contenus dans des mats cylindriques dont l’inclinaison indique les flux dominants.
Le deuxième concept est fondé sur l’idée de pliage: l’édifice tout entier, surfaces au sol, parois et toiture sont rassemblés en une surface en béton, continue et pliée, qui fabrique un lieu intermédiaire, entre paysage et espace public intérieur. Zaha Hadid parle volontiersde la création d’une «nature artificielle».

Proche d’un travail artistique, le projet peut se rapprocher d’une installation ayant à voir avec le  land art, tant elle s’inscrit dans le rapport à la fois étroit et étrange qu’elle entretient avec le site, plat et faiblement urbanisé. La plaque de béton effleure d’abord le terrain, comme en lévitation, avant de s’élever par une succession de pliages et de devenir un abri aléatoire qui semble avoir été entaillé par de larges coups de ciseaux. Elle se poursuit plus loin au sol en supportant une partie du parking automobile, dont l’emprise se développe sur une surface de deux hectares rejoignant les premières habitations.

L’architecte ne fournit que peu de documents traditionnels (plans, coupes, élévations…) mais insiste sur le processus de travail qui a multiplié les études en maquette. Il est vrai que le programme de base consistait surtout en quais longeant les lignes de tramways et en surfaces de parking en plein air. Une salle d’attente, un local à vélo, une boutique et des toilettes constituent les éléments prosaïques d’un programme complémentaire. En l’état, ce nœud de concentration et de croisement de flux –auquel viendra s’ajouter une gare ferroviaire, exploitant la ligne passant à proximité – se signale surtout par cette plaque en béton de trente centimètres d’épaisseur qui se développe sur le site par des surfaces jamais tout à fait horizontales ni verticales. Le concept du pliage imposait une épaisseur la plus faible possible. La dalle de béton a été coulée en deux fois, superposant une première couche de dix centimètres coffrée de façon traditionnelle et une seconde couche de vingt centimètres venant recouvrir la première, le plan de ferraillage permettant aux extrémités des porte-à-faux de près de quinze mètres. L’ensemble est porté par des poteaux inclinés cylindriques (acier rempli de béton) de différentes sections dont le positionnement obéit aux mouvements en œuvre sousla toiture:passagersen attente ou embarquant.

Edifié en rase campagne en limite nord de l’agglomération strasbourgeoise, l’édifice-installation est un abri sophistiqué et sans nul doute adapté à sa fonction le jour.

Mais son statut «d’objet» artistique, son impact dans le paysage, semblent le promettre la nuit à un tout autre destin –lieu de rassemblement spontané, de fêtes ou de spectacles – comme s’il était en attente d’une autre vie. 

 

 

Visitez le site de l'architecte : http://www.zaha-hadid.com/

 

  • Lieu : Strasbourg (Hoenheim).
  • Maîtrise d’ouvrage : Compagnie des transports strasbourgeois.
  • Maîtrise d'oeuvre : Zaha Hadid, architecte ; Stéphane Hof, chef de projet ; Sara Klomps, Sonia Villaseca, Woody K.T. Yao, assistants ; Albert Grandadam, architecte d’opération ; Luigi Martino, ingénieur structure.
  • Surface : 25 000 m2.
  • Coût : 40 MF.  

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