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Avec l’ambassade de France à Beyrouth, les Ateliers Lion sont à nouveau lauréats de l’Équerre d’argent. Leur bâtiment est subtil et pacificateur. Au nord, à l’angle des rues de Damas et du Commandement militaire, il se dresse discrètement fortifié, risque d’attentat oblige. Protégé par une petite place publique plantée, une enceinte, le jardin de l’ambassade et, en retrait, ses hautes façades percées de fenêtres étroites en meurtrières, il signe son amitié avec les constructions séculaires du Liban et de Syrie en s’enveloppant comme elles de murs de Ramleh, une belle pierre jaune. Côté sud, à la fermeture succède l’ouverture. Au cœur de son plan en forme de bras ouverts, la Chancellerie accueille à rez-de-chaussée un dispositif spatial central compact et fluide malgré les halls d’accès contrôlés et protégés. Troublant les notions d’intérieur et d’extérieur, cinq palmiers vigoureux trônent au milieu de cinq patios par où la lumière coule à flots, se prend dans la géométrie ciselée des murs blancs et des parois de verre, creuse les perspectives dans la profondeur du bâtiment. Au-dessus, la terrasse plantée d’aloès s’entoure de trois niveaux de bureaux aux grandes fenêtres et balcons filants, tournés vers le ciel et les montagnes, mais aussi vers le jardin de L’Espace des Lettres, avec le consulat, le centre culturel, le théâtre, que rejoignent d’habiles cheminements foisonnants d’essences locales, faisant de ce « domaine » français multiple, un grand corps en articulation et symbiose.
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