ÉQUERRE D'ARGENT 2004 / NOMINÉ – MARC BARANI – MAISON DE VACANCES

Prototype habitable, cette villa domotisée conçue pour une riche famille anglo-saxonne présente une mise en oeuvre d’une méticulosité extrême, étrange coïncidence entre le monde de la construction, de l’infrastructure, de l’électronique et de l’industrie.

Vue extérieure : Maison de vacances, Marc Barani, Cannes, Équerre d’argent 2004 / nominé - © DR
photo n° 1/6
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PRIX D'ARCHITECTURE DU MONITEUR 2004 : BÂTIMENTS NOMINÉS À L'ÉQUERRE D'ARGENT

Le séisme étant une donnée fondamentale pour leur approche, les structures ont été renforcées au sol et allégées en suspension. La partie de la maison en appui est composée de boîtes qui abritent des lieux de vies autonomes. Ces volumes arriment ce qui s’élève du sol : le bâtiment pont qui abrite les chambres, et l’auvent qui couvre le salon dont la façade vitrée est escamotable. Le « gros oeuvre » qui correspond à l’ancrage est en béton brut. En surplomb préside un mode plus complexe d’assemblages de structures métalliques et de matériaux composites. Le porte à faux du salon (12,5 m) est composé d’une série de PRS 500, organisés en nappe structurelle, suivant une trame de 120 cm. Pour garder sa finesse et se libérer des pentes d’évacuation d’eau réglementaires, il ne s’agit pas d’une toiture mais d’une suite de chéneaux. Aussi, a-t-il fallu trouver les matériaux pour capoter cette toiture, atténuer les chocs thermiques, le bruit de la pluie et lui composer une sous face avec un absorbant acoustique. Ces matériaux et leurs modes d’assemblages devaient être ultralégers, résister aux intempéries et aux fortes oscillations potentielles de la structure (16 cm en bout de porte-à-faux avec 150 km/h de vent).
L’architecte a eu recours à des matériaux composites : un nid-d’abeilles de polyester pour la sous face de la toiture, et un composite nidd’abeilles aluminium associé à une fine couche de pierre pour la surtoiture (couramment appelé stone-pannel). L’ensemble doit pouvoir bouger tout en se raccordant de façon très précise aux menuiseries mobiles qui viennent du sol, sans qu’il y ait contact. Un jeu de 3 cm entre le vitrage et la sous face a été ménagé, marqué par un joint en mousse à mémoire de forme destiné à compenser les écarts d’altimétrie du porte-à faux et la flexibilité des vitrages. Le recours au capotage s’est imposé naturellement au vu de la densité et de la fragilité des réseaux circulant entre les poutres, posant en retour la question de l’expression de la structure. Le concepteur a travaillé sur son ambiguïté plutôt que sur sa vérité supposée.
Les panneaux composites aluminium/pierre ont la même taille que les planches de bois qui ont servi à coffrer le béton, de plus la pierre est veinée comme du bois. On peut les prendre pour l’un ou pour l’autre.

 

  • Lieu : Cannes (06).
  • Maîtrise d’ouvrage : privée.
  • Maîtrise d'oeuvre : Atelier Barani, architecte ; Cyril Chênebeau, chef de projet ; Michel Pautrel, directeur de travaux ; Alex Amarrurtu, Julie Assus, Stéphane Fernandez, Eric Jensen, Erwann Lefranc, Ivry Serres, Tetsuo Goto, collaborateurs ; Mireille Bompard, Franck Bosch, Claire Dugard, Philipp Kuehne, Thomas Klemet, Marine Le Goff, Henning Schirmer, Andreia Caetano, Ricardo Latoeiro, assistants. Arcora, BET structure métallique ; A. Pons, BET structure béton ; Enerscop Designer, BET fluides ; Eric Benqué, designer ; Gilles Belley, collaborateur ; Gilles Clément et François Navarro, paysagistes.
  • Surface : 650 m2.
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