ÉQUERRE D'ARGENT 2005 / NOMINÉ - BEAL & BLANCKAERT - INSTITUT SUPÉRIEUR D'AGRICULTURE

Malgré un contexte urbain peu favorable, les architectes ont osé une architecture résolument contemporaine et l’ont mise en forme avec des moyens limités habillement distillés. Le recours à une stratification atypique leur a permis d’exprimer les différentes facettes d’un établissement pédagogique aux allures de process industriel.

Vue d'ensemble : Institut supérieur d'agriculture, Beal & Blanckaert, Lille, Équerre d’argent 2005 / nominé - © Bertrand Verney
photo n° 1/3
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Les données initiales cumulaient forte densité du programme, connexion avec un bâtiment existant, nécessité de pouvoir reconvertir l’essentiel de l’ouvrage et contraintes de prospect. De plus, les architectes se sont opposés d’emblée au principe d’entrée déportée dans l’ancien bâtiment. Pour eux, non seulement l’Institut devait avoir son hall, mais il fallait aussi lui ménager un généreux parvis public et dilater l’accueil : de fait, il deviendra un espace huit fois plus grand que la taille présumée dans l’organigramme du concours !... Cette dilatation spatiale trouve son pendant dans la compacité de toutes les autres circulations qui irriguent les deux ailes parallèles du projet. Alors que la disposition en peigne semblait des plus attendues, les pièces s’accumulent dans le sens de la longueur. L’épannelage de la partie orientale rentre alors en intersection avec les plans inclinés indépassables des prospects. Qu’à cela ne tienne, les coupes sont franches et nettes. La géométrie est dépourvue d’artifice complaisant de continuité. Cette attitude est symptomatique de la démarche des maîtres d’oeuvre : radicalité et simplification des figures retenues.

L’efficacité d’un plan en H (ici la galerie de liaison est sur cinq niveaux) n’est plus à démontrer. Mais était-elle compatible avec l’entièreté du programme ? Autant les petits laboratoires pouvaient se fondre dans l’anonymat des bureaux et des salles de cours, autant les amphithéâtres et la grande salle d’expérimentation risquaient de déformer définitivement le schéma. Pour y palier les architectes ont eu l’idée de glisser la halle des machines sous une partie du bâtiment. Cet espace est implanté en rez-de-chaussée bas et non pas en enfouissement, Il s’ouvre sur le bassin du parvis. Le visiteur perçoit toute l’activité de la halle, en continuité avec l’espace public. Le thème du « shed » est descendu au niveau du trottoir et la transparence quasi-totale participe au décollement des étages. Mais pour que l’effet soit accentué, Béal & Blanckaert intercalent encore les amphithéâtres et les salles de réunions. Ainsi, les espaces les plus cloisonnés se superposent-ils à ceux les plus largement ouverts. Le vide supporte la masse. Didactique, le pignon ouvert sur le parvis révèle cette stratification. Tout en haut, deux pièces entièrement vitrées font office de serres, elles acquièrent un statut noble grâce au traitement raffiné des menuiseries.

Petits morceaux de paysage, des terrasses végétalisées couvrent l’administration. Elles sont animées des essences de prairies. Dans le cadre du programme pédagogique de l’ISA, elles acquièrent une valeur symbolique évidente. Un jardin central suspendu s’inscrit donc entre les ailes du bâtiment. Sa vivacité changeante contrastera avec la sobriété des teintes de façades où le noir et le gris dominent. Alors que les grands volumes vitrés laisse percevoir la teinte rouge des espaces intérieurs. La sobriété s’étant partout imposée au vu de l’économie drastique du projet (890 € HT/m2). 

 

Visitez le site des architectes : http://beal-blanckaert.com/

 

 

  • Lieu : rue Norbert-Segard, Lille (59).
  • Maîtrise d’ouvrage : Institut Supérieur d’Agriculture (SCI Borel). maîtrise d’ouvrage déléguée : Sergic.
  • Maîtrise d'oeuvre : Antoine Béal et Ludovic Blanckaert, architectes ; D. Surroca, chef de projet ; E. Veauvy, M. C. Delecroix, S. Hayes, V. Barrois (phase concours), collaborateurs ; Projex, BET ; Véritas, bureau de contrôle ; P. Delforge, graphiste.
  • Surface : 10 526 m2 SHOB, 8 134 m2 SHON.
  • Coût : 7,237 M€ HT.

 

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