ÉQUERRE D'ARGENT 2005 / NOMINÉ - FRANCIS SOLER ET FRÉDÉRIC DRUOT - BUREAUX POUR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE

Cet ensemble de bureaux regroupant les services du ministère de la Culture et de la Communication jusque-là dispersés est enveloppé d’une résille en acier inox qui introduit au cœur du Paris historique, à deux pas du Louvre et du Palais Royal, une nouvelle expérience de la modernité. 

Façades sur rue : bureaux pour le ministère de la Culture, Francis Soler et Frédéric Druot, Paris 1er, Équerre d’argent 2005 / nominé - © Gaston F. Bergeret
photo n° 1/3
Zoom sur l'image ÉQUERRE D'ARGENT 2005 / NOMINÉ - FRANCIS SOLER ET FRÉDÉRIC DRUOT - BUREAUX POUR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE

50 000 m2 d’acier inoxydable enveloppent toutes les façades sur rue et se prolongent en toiture.

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Le site des Bons-Enfants se composait essentiellement de deux immeubles de natures totalement opposées. Sur la rue Saint-Honoré, une construction de six hauts étages, datant de 1920 (architecte Vaudoyer), de belle facture. En arrière, sur la rue Montesquieu, un immeuble des années 60 à la rationalité plus apparente que réelle. Au centre, un cœur d’îlot haut et sombre, dans lequel se confrontaient des écritures architecturales opposées.

A ce bloc disparate, les architectes ont voulu conférer une nouvelle dignité urbaine afin de le réinsérer dans un quartier au bâti de qualité. Sur la rue Montesquieu, suppression des avancées et en particulier d’une rotonde d’angle, pour obtenir une façade rectiligne. Ce recul crée un rapport plus juste à la largeur de la rue et au bâtiment situé en vis-à-vis. Mais la disparition des protubérances renforce, a contrario, la massivité d’un volume comprenant huit niveaux sur rez-de-chaussée. Pour tenter de recréer une échelle intermédiaire par rapport au piéton, un alignement d’arbres de haute tige a été planté le long de la façade, sur un jardin en terrasse prolongeant l’entrée parking. Sur la rue des Bons-Enfants, l’intervention a été plus chirurgicale: c’est l’aile en retour du bâtiment des années 60 qui sera carrément abattue. Avec cette large brèche une respiration bienvenue est créée dans cette portion de voirie étroite et sombre. Surtout, on permet à la lumière de pénétrer profondément dans la cour aménagée par le paysagiste Michel Desvigne et le botaniste Patrick Blanc.

Les surfaces enlevées lors des démolitions sont réinjectées en des endroits stratégiques. En périphérie extérieure du bâtiment Montesquieu, un léger allongement des planchers a permis de régler le profil des façades sur rues et de donner une base régulière à l’accrochage des menuiseries de la nouvelle façade et des panneaux inox de la résille. Mais l’essentiel de la surface a été réparti sur le pourtour de la cour: augmentation de la profondeur des bureaux sur cour du bâtiment des années 60, et placage d’une «couche» de huit niveaux de bureaux plus leurs circulations sur l’arrière du bâtiment Vaudoyer. Libérés des contraintes posées par l’assemblage de deux bâtiments hétérogènes, les architecte ont pu procéder à une autre étape du processus: le lissage. Les menuiseries des façades sur cour et sur rue sont quasiment identiques, la seule différence étant la nature des ouvrants: coulissants sur rue, à la française sur cour. Phase ultime et la plus spectaculaire de l’opération de lissage: l’installation d’une résille métallique. Quelque 50000 m2 d’acier inoxydable de 12 mm d’épaisseur enveloppent toutes les façades sur rue et se prolongent en toiture (sauf sur l’aile Vaudoyer). Six motifs, relevés sur des fresques de Giulio Romano au palais du Té à Mantoue, ont été déformés sur ordinateur. Cette tentation du flou apporte sa contribution à la solution de certains problèmes fonctionnels: contrôle de l’ensoleillement, constitution du garde-corps. La résille brouille ou rend difficile à discerner de la rue l’activité se déroulant dans les bureaux. Elle protège l’image de l’institution, opposant aux inévitables désordres visuels engendrés par l’activité professionnelle, le calme d’une enveloppe lisse impeccable.

 

Visitez le site des architectes : 
http://soler.fr/
 

http://www.druot.net/

  • Lieu : îlot des Bons-Enfants, Paris 1er.
  • Maîtrise d’ouvrage : Ministère de la Culture et de la Communication.
  • Maîtrise d'oeuvre : Francis Soler avec Frédéric Druot (intérieurs) et Michel Desvigne (jardin). Patrick Blanc, botanique. Ingénieurs : Séchaud & Bossuyt, structures ; Setec Bâtiment, fluides ; VP Green, façades ; JP Lamoureux, acoustique ; Fernand Tomasina, économie.

 

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