ÉQUERRE D’ARGENT 2006 / NOMINÉ – NASRINE SERAJI – EXTENSION DE L’ÉCOLE D’ARCHITECTURE

Quoique liaisonné par des passerelles, ce bâtiment ne se greffe pas véritablement sur l’école existante. Sa volumétrie compacte est implantée à distance, au plus proche d’un petit bois, ménageant ainsi un entre-deux généreux. Ses contours sont d’une grande variété, de sorte à offrir des perceptions changeantes suivant les points de vue et seule la modénature particulière du béton noir donne une unité à l’ensemble.

Vue extérieure : extension de l’école d’architecture, Nasrine Seraji, Villeneuve d’Ascq, nominé au Prix de l’équerre d’argent 2006 - © DR
photo n° 1/4
Zoom sur l'image ÉQUERRE D’ARGENT 2006 / NOMINÉ – NASRINE SERAJI – EXTENSION DE L’ÉCOLE D’ARCHITECTURE

Ce projet est en fait la deuxième extension que connaît l’établissement. A la fin des années 90, un volume sur pilotis est venu masquer sur la rue la structure pyramidale du bâtiment d’origine. Le terrain restant alors disponible invitait les concepteurs à projeter la nouvelle aile en relation directe avec le parc du Vallon. Nasrine Séraji a assumé ce parti pris, et son projet semble marquer l’alignement virtuel de la limite parcellaire. Elle ouvre de grands pans vitrés sur la frondaison, et offre au rez-de-chaussée la lumière diffuse du sous-bois, rendue encore plus diaphane par le filtre des lames de verre Profilit.

Trois programmes se superposent, sans toutefois se développer sur plus de deux niveaux : les salles de séminaires sont en effet disposées en mezzanine sur le grand atelier, alors que les salles de travail occupent tout l’étage. La compacité du projet ne se fait pas aux dépens des circulations communes car celles-ci acquièrent le statut d’espace de rencontre. Traitées en galeries vitrées, les passerelles de connexion s’évasent pour mieux fluidifier les parcours et intégrer les rampes de liaison entre les différents niveaux. Les lignes dynamiques ainsi introduites se déclinent dans le vocabulaire architectural de la construction et tout particulièrement dans le mode constructif en béton auto plaçant. Prégnant dans la trame de la première école, le pilotis est ici décliné en poteau incliné et évasé. Sur la hauteur du grand atelier du niveau bas, les piédroits qui portent le bâtiment dessinent autant de V qu’il y a de poutres à grandes portées à supporter, sur chacun des étages. Mais en fait, cette structure travaille en portiques, croisés et superposés : celui du haut soulageant celui du bas, et permettant ainsi de franchir les vingt-cinq mètres de portée avec des sections de poutres optimisées. Partout perceptible, ce dessin de lignes structurelles, quoique complexe à décoder, est porteur de l’identité du bâtiment. Les éléments de remplissage sont alors traités en peau. Et l’architecte exploite tous les interstices pour ménager des puits de lumière, des alcôves, ou encore des issues de secours. De nombreux effets de lumière émanent de la géométrie complexe de l’extension. Les percements ne sont jamais là où l’on s’y attend. L’architecte, dans un jeu didactique particulièrement pertinent pour le programme de l’école, semble avoir manipulé les archétypes. Et il n’y a guère que la texture discrète du béton noir qui unifie la composition. 

  • Lieu : rue Verte à Villeneuve d'Ascq (59)
  • Maîtrise d’ouvrage : Ministère de la Culture et de la Communication, Direction régionale des Affaires culturelles du Nord-Pas de Calais
  • Maîtrise d'oeuvre : Atelier Seraji, architecte ; Tech Ingénierie, BET ; cabinet Martin-Guiheneuf, économiste
  • Surface : 1 963 m2 SHON
  • Coût : 2 960 600 € HT

Réagissez à cet article

Saisissez le code de sécurité*

Saisir le code

*Informations obligatoires

Sommaire

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus